jeudi, 21 juin, 2018

Se souvenir des noms, des visages: Les Kédoché de Toulouse

Il y a 6 ans déjà… Le Rav Rephaël Yonathan Sandler, ses deux petits garçons Arié et Gabriel et la petite Myriam Monsonégo, H’yd, ont été assassinés froidement par un terroriste, à l’école Ozar Hatorah de Toulouse.

6 ans déjà que la communauté juive dans son ensemble a été secouée par une onde de choc intense, qu’elle a constaté avec une douleur extrême, que dans la France des années 2000, on tuait des enfants uniquement parce qu’ils étaient juifs.

Eva Sandler a perdu son mari et ses deux garçons dans ce terrible attentat. A l’occasion de la Azkara, elle a bien voulu répondre à nos questions.

 

Le P’tit Hebdo: Un rassemblement est prévu, le dimanche soir 11 mars, pour la Azkara des victimes de l’attentat d’Ozar Hatorah. Vous souhaitez que le maximum de personnes soit présent à cette occasion.

Eva Sandler: La Azkara est un moment propice pour se souvenir. Il est important de se déplacer pour honorer la mémoire des victimes. Je n’aurai de cesse de dire que nous devons nous souvenir d’elles, de leur innocence, de leur pureté. Elles sont parties ”al kidoush Hashem”, parce qu’elles étaient juives. La petite Myriam, dans sa courte vie, a démontré qu’elle était digne des femmes tsadkaniot de notre peuple. Pour ma part, alors que je pensais avoir fondé une famille ordinaire, j’ai maintenant le sentiment d’avoir élevé des anges, des tsadikim. Nous devons nous rassembler pour évoquer leur souvenir, pour ne jamais oublier qui étaient ces âmes.

 

Lph: Il y a quelques mois s’est tenu en France, le procès du frère de l’assassin de votre mari et de vos garçons. Vous n’avez pas souhaité être présente aux audiences?

E.S.: Non. Il aurait été beaucoup trop dur pour moi de croiser le regard des membres de cette famille. J’ai suivi le procès par bribes. Je n’ai pas voulu trop m’y plonger. Les quelques articles que j’ai lus à distance étaient déjà bien trop difficiles pour moi.

 

Lph: Qu’avez-vous ressenti à l’annonce du verdict?

E.S.: Quel que soit le verdict, cela ne me ramènera pas mon mari et mes enfants. Ceci étant, si ce procès devait servir à empêcher que d’autres jeunes ne se radicalisent et ne prévoient de perpétrer de nouvelles attaques, alors je pense que c’est raté. La peine infligée n’est pas assez grande.

 

Lph: Les agressions antisémites se poursuivent en France. La justice française peine à les qualifier comme telles. Que vous inspire cette actualité?

E.S.: Je ne peux pas suivre de trop près l’actualité. Je me préserve, parce que chaque agression, chaque attentat sont de nouvelles douleurs pour moi. J’ignore pourquoi la justice rechigne à qualifier les attaques d’antisémites. Ce que je peux dire, c’est que ce déni ajoute à la souffrance des familles.

 

Lph: Afin de perpétuer le nom des victimes, vous avez fondé quelques mois après l’attentat, le Beith Sandler. Comment ce lieu d’études évolue-t-il?

E.S.: Le Beith Sandler abrite, tout d’abord, un Kollel, qui prépare les étudiants aux examens de la rabbanoute. Il compte aujourd’hui 23 avre’him. Ce Kollel est à l’image de Yonathan, qui aimait l’étude. Par ailleurs, afin de perpétuer la mémoire d’Arié et Gabriel, nous proposons aussi au sein du Beith Sandler, des activités pour les enfants le shabbat après-midi. Nous avons aussi tenu à rendre hommage à Myriam Monsonégo, en organisant des cours pour femmes. Enfin, nous affirmons l’importance que nous devons accorder à la cellule familiale en aidant des familles nécessiteuses. Nous maintenons, D’ merci, le cap de ce lieu si cher à nos yeux, et nous espérons pouvoir évoluer en fonction des budgets.

Azkara, le dim 11 mars, 25 Adar, Synagogue de l’hôpital Misgav Ladakh

Adresse: 27 Rehov Hizkiahou Hamelekh

Arvit à 19h45 suivi de Divré Torah du Rav Raphaël Sadin et du Dr Michel Bensoussan

 

 

Propos recueillis par Guitel Ben-Ishay

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