vendredi, 22 septembre, 2017

Alyah: quelque chose bouge à Toulouse. Par Nathalie Sivan

Prenez une quarantaine de membres de la communauté juive de Toulouse, vous les invitez à venir passer un chabbat sur le thème de l’Alyah en présence d’une équipe de l’Alyah de groupe (l’ADG) et vous en ressortez complètement ébranlé et tout à la fois stimulé…

Durant un week-end, le but était de sensibiliser à l’Alyah et de tenter d’apporter certaines réponses. L’Alyah de groupe, qui depuis 25 ans a réussi le challenge de faire monter en Israël des milliers de familles, nous a proposé de rejoindre ses rangs pour animer ce premier séminaire dans la ville rose. Forts de notre propre expérience, il y a 19 ans, d’une Alyah effectuée grâce à l’ADG, cette demande a trouvé en nous un écho et c’est avec euphorie et un enthousiasme non dissimulés que nous avons accepté.

Il était immédiatement visible, en regardant ces familles passer le pas de la porte de l’hôtel avec allégresse qu’ils pressentaient déjà que leur avenir allait peut-être basculer pour une nouvelle vie dont beaucoup d’entre-eux rêvent depuis peu ou fort longtemps, sans jamais savoir, comment y accéder.

Toute la communauté de Toulouse était représentée : du juif traditionnel au habad, en passant par le ‘’ pas vraiment pratiquant ‘’ et à celui en cours de conversion, nous avions face à nous le parfait condensé du judaïsme français contemporain.

Vendredi soir, tous réunis autour d’une immense table, aux côtés de Chalom et Liat Wach, les têtes pensantes de l’ADG, mais aussi d’Ouriel Goetlieb le représentant de l’agence juive, nos familles commencèrent à déceler l’intérêt du groupe ainsi que la force et l’énergie qui s’en dégagent.

A la fin du repas, nous nous sommes installés pour le premier tour de table de ces 48 h.

Se présenter, raconter ses motivations d’Alyah où même l’inverse sa phobie de celle-ci : après un court moment de gêne, les langues se sont déliées… L’amour d’Israël, l’envie d’Israël et le désir réel et tout à la fois rêvé d’Israël de tous furent déclinés à l’infini. Même sans une volonté véritablement affirmée de partir vivre sur la terre d’Abraham, nombre des participants décrivait leur lien et leur attachement intrinsèque à cet Eldorado. Ce fut parfois dur de les écouter, d’entendre leurs voix tremblantes de ceux qui savent et qui ont compris que leur place et celles de leurs enfants n’est plus dans cet hexagone qui les rejette, un peu plus chaque jour. Comment partir d’un pays qui leur a tant donné et qui leur fait sentir si fort à quel point, ils ne sont plus désirés. Mais au bout du compte, en se racontant et en sentant émerger ce discours commun à tous, la vérité a jailli plus forte que tout : Israël est un aboutissement, une consécration dans la vie d’un juif or ces aspirations les tétanisent à tous. Comment passer tous les barrages qui les arrêtent à pousser la porte et à rentrer ‘’ chez eux ‘’.

Le lendemain matin, autour d’un café, une conversation à bâtons rompus entre Liat Wach et les femmes du groupe, a permis de mettre en évidence que l’éducation à la mode israélienne relevait plus d’un état d’esprit et d’une culture foncièrement juive : la reconnaissance de l’enfant et le respect que nous lui devons. Puis, un exposé, chiffres à l’appui, sur les peurs et angoisses de l’Alyah telles que l’armée, le terrorisme en passant par l’emploi, a permis à chacun de toucher du doigt, combien l’on peut se faire un ‘’ monde de tout ‘’. Ce fut un moment d’échanges vifs et pleins d’intelligence de la part de tous. Je ne peux m’empêcher de vous dire ce sentiment de fierté qui m’a envahi à les écouter et les voir vibrer à l’unisson avec ce pays dont ils rêvent et parlent avec tant de fougue.

L’après-midi après un cours de Chalom Wach sous la forme d’une fresque historique du peuple juif depuis ses origines, il nous a été donné l’occasion d’enchainer sur notre propre petite saga familiale depuis notre arrivée en Israël. Il est toujours un peu délicat de parler de soi, même si c’est pour relater une expérience d’Alyah. Mais au fur et à mesure du récit croisé de notre propre Alyah et y prenant un plaisir extrême, nous avons déroulé ces 19 années en Israël devant cet auditoire que nous avions envie de serrer dans nos bras en permanence : un message d’amour de frères à frères…

Je pourrais ne pas m’arrêter de vous décrire ce petit moment de grâce que nous avons vécus avec tant de bonheur et en réalisant dans l’immédiateté de l’instant qu’il resterait gravé en nous pour très longtemps. Décrire Israël, cette vie que nous menons comme des milliers d’autres francophones, ces virages que nous avons dû prendre en matière d’éducation, professionnels et familiaux, ces émotions si fortes parfois, ces difficultés non-cachées et malgré tout une seule chose à retenir : pourquoi ne pas avoir sauté le pas plus tôt ?

Dans la soirée, Ouriel Goetlieb, le représentant de l’agence juive avec rigueur et professionnalisme extrêmes a su donner les clés d’une Alyah sereine car préparée.

Le dimanche matin grâce à un exposé méthodologique de Liat Wach sur le système éducatif en Israël, tous ont pu saisir les différences d’approche en matière d’éducation entre la France et Israël.

Et puis le moment de se séparer approchant, un tour de table, le second de ce weekend a permis de mettre en lumière à quel point chacun avait avancé dans sa réflexion d’Alyah. Cette fois-ci plus de gêne mais un engouement physiquement palpable chez la plupart des participants. Ils annonçaient fièrement leur volonté  de concrétiser enfin ce rêve d’Alyah…certains en riant, d’autres en pleurant.

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