samedi, 18 novembre, 2017

Tournant en Irak: les Kurdes renoncent à l’indépendance

Après l’euphorie qui a suivi le référendum sur l’indépendance, où plus de 90% des votants ont dit « oui », les dirigeants kurdes irakiens ont ployé sous les menaces et les mesures de rétorsion économiques des gouvernements irakien et iranien. Mis à part l’Irak, l’Iran et la Turquie, les pays occidentaux avaient exprimé leur opposition ou leurs réticences face à une indépendance kurde, position pour le moins étrange lorsque l’on sait leur ardeur achernée à exiger l’indépendance de la « Palestine »…

Le dernier clou planté dans le cercueil de l’indépendance kurde irakienne est venue du tribunal fédéral irakien qui a interdit la sécession du kurdistan irakien du reste du pays.

Les dirigeants du Kurdistan irakien ont officiellement annoncé mardi qu’ils se soumettent à la décision du tribunal, renonçant ainsi à l’indépendance de ce territoire. Ce faisant, ils disent « espérer que cette décision constituera une base d’un dialogue national entre Erbil et Bagdad pour régler toutes les contentions en cours ».

Dans les milieux diplomatiques on estime que ce revirement kurde constitue une nouvelle tentative de faire renaître des pourparlers avec le gouvernement central de Bagdad dans le but d’obtenir des gains sur l’autonomie déjà en place. Après le vote sur l’indépendance, les forces armées irakiennes avaient pris le contrôle des champs pétroliers de Kirkouk, et avaient profité de dissensions entre mouvements kurdes (provoquées par l’Iran) pour vaincre la résistance kurdes et s’emparer de nombreuses infrastructures économiques et énergétiques du Kurdistan irakien, coupant ainsi ce territoire de ses ressources principales.

Les Kurdes constituent la quatrième ethnie du Moyen-Orient mais n’ont jamais pu obtenir d’Etat indépendant. Ils font aujourd’hui figure « d’allié oublié » par les grandes puissances car ils ont grandement contribué à la victoire sur Daech en Syrie et en Irak mais n’auront obtenu aucun avantage politique en retour. Le seul pays au monde qui aura applaudi la victoire du « oui » au référendum est Israël.

Photo Gili Yaari

 

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