dimanche, 17 décembre, 2017

Les territoires de l’information toujours aussi hermétiquement occultés !

Les médias officiels plus convenus que convenables traquent impitoyablement le fake sur la fâcheuse sphère. Les télévisions russes sont sous haute surveillance. Quant au président américain, il est réputé pour mentir à chaque gazouillis. Il est vrai que l’on peut parfaitement regarder l’extraverti extravagant avec une grande distance. Mais lorsqu’on prétend informer honnêtement, est-il autorisé de dissimuler sciemment les informations qui vous déplaisent ?

C’est ainsi que les grands médias sont demeurés assez discrets sur le succès important remporté par Donald Trump au Sénat en faisant voter sa réforme fiscale. Beaucoup plus grave : alors que chaque détail concernant l’enquête du FBI sur les relations présumées entre le candidat Donald Trump et les Russes est relaté avec volupté, le dernier événement qui embrase l’opinion américaine est pour l’instant fort discrètement abordé par la presse française : l’un des principaux agents du FBI chargé de l’enquête vient d’être écarté en raison de la découverte de l’envoi par lui de SMS hostiles au président élu. Voilà pourtant le genre d’information que la presse hexagonale considère ordinairement comme particulièrement sexy. Rien à faire, sa libido très cérébrale est à géométrie invariable.

Mais cette semaine, la principale occultation est venue du principal donneur déontologique de leçons.

Le journal Le Monde a en effet publié le 24 novembre, par l’intermédiaire de sa journaliste Hélène Sallon, une interview de Richard Falk sous le titre alléchant autant qu’évocateur intitulé :“Netanyahou évolue vers une démocratie non libérale”. Je suis bien sûr que 99 % de mes lecteurs ignorent qui est ce monsieur présenté sobrement comme “professeur américain de droit international à l’université de Princeton et ancien rapporteur spécial des Nations unies sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés”.

L’excellent site de veille médiatique “info équitable.org” a attiré utilement mon attention. À la vérité, ce que contient cet interview qui consiste, comme souvent dans le journal vespéral, à enfiler les imprécations anti-israéliennes, est infiniment moins important que ce qu’elle ne contient pas. Le “professeur” n’y va pas avec le dos de la cuillère avec l’état hébreu mais caresse dans le sens du poil les barbus du Hamas. Ainsi, Israël serait “un État non démocratique” bâti sur un “régime d’apartheid”. Les Israéliens sont les seuls responsables du blocage du processus de paix. En revanche, le Hamas est un interlocuteur crédible et de bonne foi : “j’ai trouvé chez ces gens une patience extraordinaire et une disposition à parvenir à un compromis. Je pense que Hamas est sérieux dans sa volonté de parvenir à un cessez-le-feu de long terme avec Israël”. Bien évidemment, le boycott illégal de l’État juif est présenté avec faveur : “la campagne de BDS est un instrument efficace de pression dans une guerre de légitimité”… Le reste à l’avenant. Mais, encore une fois, le pire n’est certainement pas dans ce que contient de haineux ou mensonger l’interview que ce qu’elle ne contient pas : le curriculum vitae de Richard Falk qui aurait été de nature à prévenir le lecteur et à l’édifier sur ce “professeur” qui prétendait l’instruire.

Falk, en effet, s’il est totalement inconnu par l’opinion publique, est célébré dans le milieu de la politique internationale, comme un antisémite notoire ayant à plusieurs reprises défrayé la chronique. Même les anti-Israéliens les plus décomplexés ont été contraints de le mettre à l’index : son fait d’armes le plus notable est la publication en juillet 2011 sur son blog d’une caricature antisémite dans lequel on présentait un chien juif calotté et orné d’une étoile de David, se régalant d’ossements humains ensanglantés et urinant sur une justice internationale complaisante. La publication de cette caricature avait suscité l’indignation des plus placides. Même le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Navi Pilay, peu suspect de pro- israélisme exacerbé, avait qualifié le dessin “d’antisémite et condamnable”. Les États-Unis et le premier ministre britannique avait également condamné cette publication en estimant qu’un tel dérapage était particulièrement “scandaleux”. Depuis, Falk a multiplié les dérapages antijuifs. Le Canada et les États-Unis ont demandé qu’il soit démis de ses fonctions à l’ONU en soulignant le “caractère antisémite” de son discours. Mais l’étrange “professeur” ne s’était pas distingué seulement à l’encontre des juifs : son complotisme pathologique l’avait conduit à douter de l’explication conventionnelle de l’attentat du 11 septembre 2001. Le Sun anglais, en 2008, l’avait épinglé pour avoir réclamé la création d’une commission d’enquête sur l’implication des néoconservateurs américains dans l’attentat. Plus avant dans le CV de l’intéressé, on découvre que celui-ci faisait déjà partie en 1979 d’un groupe de militants d’extrême gauche soutenant l’ayatollah Khomeiny lors de sa prise de pouvoir : c’est ainsi qu’il avait commis une tribune dans le New York Times dont le titre montre à la fois ses orientations et la qualité de ses prévisions : “On peut faire confiance à Khomeiny”… Voilà donc l’homme que Le Monde a décidé d’interroger sans la moindre distance et en cachant son passé à ses lecteurs soigneusement égarés.

Ses Décodeurs si sévères seraient bien inspirés d’investiguer sur ce mensonge délibéré par omission. J’allais écrire par honni Sion…

Source: Valeurs actuelles

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