vendredi, 23 juin, 2017

Du souvenir à l’espoir. Avraham Azoulay

C’est sûr, nous avions tous besoin de cet arrêt dans le temps, de ces retrouvailles familiales, de ce goût magique de Matsa, bref, d’un peu de seder pour changer du train-train quotidien, ‘’auto-boulot- dodo » ! Du repos ? Pas vraiment, disons un grand nettoyage, autant dans nos maisons que dans nos têtes. Un goût de moufléta aux lèvres, et ça repart, avec une plus grande sensation de liberté qu’avant… On vient de vivre un avant-goût des grandes vacances, qui arrivent si vite au lendemain de Pessah’, oui, c’est dans à peine deux mois… !

En effet, la période qui arrive est dotée d’un rythme un peu saccadé, avec plusieurs journées particulières, et en même temps, le soleil qui nous gâte et les journées qui s’allongent. Oui, il y a dans ces semaines -là, encore davantage de Bra’ha sur cette terre, chaque fleur, chaque coin de rue, nous relie de nouveau à nos racines. Et pourtant, à quelques minutes à vol d’oiseau, on s’entretue, l’injustice et la peur règnent, à quelques heures d’avion, aucun pays, même occidental ne peut prétendre à l’allégresse et à la stabilité. A nous de savoir apprécier notre bonheur de vivre dans une des rares démocraties stables, même si certains sont toujours prêts à s’emballer pour de nouvelles péripéties électorales.

Justement en ces jours si sensibles, liés aux souvenirs et aux commémorations douloureuses, nous, peuple d’Israël, savons donner toutes nos chances aux nouvelles générations pour vivre et survivre. Là aussi, nous ne formons qu’un seul corps face à la perte de millions d’âmes juives innocentes, cruellement effacées par la Shoah. Pour certains d’entre nous, nous allons simplement arrêter notre course, le temps d’une journée, ou d’une sirène de Yom Hashoah ou de Yom Hazikaron. Pour d’autres, le temps s’est pour toujours arrêté dans leur cœur, car totalement profondément touchés par la mort d’un être cher.

Il nous appartient à tous de marquer ce temps d’arrêt en souvenir de nos frères, il nous appartient à tous, de promettre de transmettre que l’impensable a effectivement existé, et qu’il n’est pas trop tard pour nos enfants pour lutter contre ce mal inqualifiable.

C’est ça Israël, celui qu’on aime, qu’on respire. C’est cet espoir mêlé au souvenir, cette douleur et cette grandeur, ce cachet unique et inexplicable qui nous attache et nous relie les uns aux autres et nous promet un avenir meilleur.

Avraham Azoulay

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