vendredi, 24 mars, 2017

Un sourire éclatant! Olivier Guedj

Si on vous dit qu’il existe en France un chirurgien-dentiste chez lequel les gens font la queue et avec le sourire, qu’ils gardent ce sourire tout le long du rendez-vous, qu’ils y rient même aux éclats et qu’ils en ressortent détendus… Vous allez sûrement penser qu’il s’agit d’une blague de Pourim! Impossible, marmonnez-vous, qui est heureux d’aller chez le dentiste?!

Eh bien voici: Olivier Guedj n’est pas un dentiste comme les autres puisque c’est un dentiste qui est un comique et qui remplit les théâtres parisiens! Suivez-nous à la découverte de ce personnage à la double vie aussi intrigante que marrante.

 

Le P’tit Hebdo: Que faites-vous dans la vie?

Olivier Guedj: Je devrais répondre chirurgien-dentiste mais le théâtre est complètement obsessionnel chez moi! Je ne pense qu’à ça! Je vais tous les jours à pied à mon cabinet – environ une heure de marche – pour pouvoir réfléchir à mes textes, à mes blagues.

 

Lph: Avez-vous hésité entre le métier de comique et celui de dentiste?

O.G.: En fait non. Quand j’avais 13 ans déjà, je faisais rire dans les rendez-vous communautaires. Mais pour mes parents, il était impensable que je sois comique. Donc et sans que cela ne crée la moindre frustration, j’ai poursuivi ma scolarité et je suis devenu dentiste. Quand j’avais 38 ans, j’ai eu l’opportunité de jouer dans un gala dentaire devant 150 personnes. Les sensations étaient au rendez-vous. A mes 40 ans, j’ai loué un théâtre pour mon anniversaire et j’ai fait rire mes amis et ma famille. Puis tout s’est enclenché. J’ai écrit un spectacle qui s’appelait  »J’ai deux fois 20 ans » et je suis allé à la rencontre du public parisien. Aujourd’hui je me produis une fois par semaine avec un nouveau spectacle:  »Olivier Guedj vous redonne le sourire ».

 

Lph: Comment décrivez-vous votre humour?

O.G.: C’est un humour bienveillant. Je ne fais pas dans l’humour noir, ni dans le cynique. Mon humour est basé sur des anecdotes  »dentaires » pour 10% environ, le reste vient de mon observation de la vie quotidienne en tant que père, mari et consommateur.

 

Lph: Votre public est-il communautaire?

O.G.: Mon spectacle marche fort et touche un large public. Je reste nature sur scène, donc peut-être que cela parle dans un certain sens aux gens de la communauté, mais mon public est varié. C’est ce qui me fait plaisir: mon spectacle touche tout le monde. Je vous avoue que le public juif n’est pas le plus facile à séduire, il ne vous fait pas de cadeau… Mais une fois que vous avez fait vos preuves, il vous porte aux nues!

 

Lph: Comment réagit votre entourage à cette double vie?

O.G.: Mon entourage me soutient frileusement. Mon épouse, comme toute épouse, souhaiterait que je ne me disperse pas sur plusieurs activités. C’est vrai que mes deux occupations demandent du temps, de la concentration et me rendent moins disponible. Ma mère, quant à elle, est fière, mais vit très mal le fait que lorsque l’on s’expose alors on fait parfois l’objet de critiques. Elle ne supporte pas que l’on dise du mal de son fils!

 

Lph: Allez-vous devoir faire un choix un jour?

O.G.: On ne peut pas être dentiste un jour par semaine et on ne peut pas non plus être one man show un jour par semaine. Donc, oui, il va falloir que je choisisse un jour.

Pour l’instant, j’estime être à un tournant parce que mon spectacle rencontre un vrai succès. Donc, la réflexion s’impose.

 

Lph: Et la scène israélienne?

O.G.: Je ne suis encore jamais monté sur scène en Israël. Mais mon attachement viscéral à ce pays me donne vraiment envie de le faire. On ne me l’a pas encore réellement proposé pour le moment. En tout cas, jouer mon spectacle en Israël, serait pour moi une consécration!

 

Lph: Que représente Pourim pour vous?

O.G.: Mon credo dans la vie, et ce que je transmets à mes enfants, c’est qu’il ne faut jamais trop se prendre au sérieux. Il me semble que Pourim est le symbole même de cet état d’esprit. C’est une fête magnifique, un rendez-vous incontournable. Pour moi, elle revêt aussi une dimension affective puisque tous les ans je ressors la méguila écrite par un sofer, que mon père, z »l, m’avait offerte. Alors à tous: Pourim Sameah!

 

Guitel Ben-Ishay

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