mardi, 17 octobre, 2017

Quel beau peuple!

Vous voulez une belle histoire pour Rosh Hashana? Alors lisez les quelques lignes qui suivent, vous allez voir comment un cauchemar a viré au rêve pour un groupe israélien de 60 jeunes adultes handicapés mentaux…

 

Un beau séjour qui se termine par une grève…

L’association Shekel en Israël s’occupe des personnes handicapées depuis presque 40 ans. Aux activités de l’année s’ajoute un séjour un l’étranger organisé pour des dizaines de jeunes adultes handicapés mentaux. Encadrés par des madrihim de Shekel, c’est avec joie et enthousiasme que 60 d’entre eux sont partis il y a quelques jours pour un séjour à Paris. Inutile de préciser l’organisation que nécessite un tel voyage sur le plan médical mais aussi l’accompagnement qui doit être minutieux.

Le séjour touchant à sa fin, le groupe se rend à l’aéroport pour prendre l’avion de retour vers Tel Aviv. Et c’est là que les choses se gâtent. Ils apprennent que leur vol aura du retard puis qu’il est annulé apparemment pour cause de grève… La situation est véritablement critique: on est jeudi soir, les jeunes adultes n’ont aucune affaire, aucun médicament avec eux, les valises ayant déjà été emmenées. Rien n’est proposé au groupe et malgré le caractère très particulier de ces voyageurs, ils vont devoir passer la nuit à l’aéroport. Pour des personnes handicapées mentales, c’est une véritable épreuve, le moindre grain de sable qui se met dans la machine de l’organisation leur cause des angoisses et des troubles. De plus, ce sont des personnes qui ont besoin de leur dose de sommeil. En d’autres termes et à quelques heures de Shabbat, la situation devient préoccupante et les madrihim se sentent perdus.

Quand la solidarité s’emballe

La lumière au bout du tunnel est aperçue alors que la responsable de Shekel pense à téléphoner à Audélia Azoulay. Cette maman d’autiste est une francophone qui vit en Israël. Elle prend les choses en main, comme s’il s’agissait de son propre fils qui était coincé là-bas. « En tant que maman d’autiste, je sais trop bien ce que cela signifie ». Elle pense à contacter la radio juive RCJ en se disant qu’il fallait passer un appel pour demander de l’aide à la communauté juive sur place. La directrice d’antenne, Paule Henriette Levy en informe tout de suite le FSJU. C’est Michel Elbaz assisté de Sandrine Zena, qui s’occupent quotidiennement au FSJU d’actions sociales, qui prennent la direction des opérations. Ils entrent en contact avec différentes associations spécialisées dans le handicap et avec les madrihim.

« Nous devions faire un point avec eux sur ce dont ils avaient besoin. N’ayant même plus leurs valises, il fallait leur apporter des vêtements, mais aussi organiser la fourniture de médicaments absolument nécessaires ». Michel Elbaz contacte aussi le CASIP COJASOR qui va se préoccuper de fournir des pulls et le minimum pour se changer à tout le groupe.

Entre temps, les 60 jeunes adultes et leur madrihim ont été transférés dans un hôtel à Bagnolet, où ils passeront le Shabbat avant de prendre un avion le Samedi soir.

Tous les frais ont été pris en charge par le FSJU. Michel et Sandrine, sur le chemin de l’hôtel, ont même eu la gentillesse d’acheter des friandises et des gâteaux pour tout le groupe! Bien entendu, on leur a fourni bougies et vin pour Shabbat.

Côté repas cacher, c’est le Rav Yossi Bensoussan, Chalia’h Habad à Bagnolet, contacté par la compagnie aérienne Arkia puis par Audélia Azoulay, qui s’est occupé de tout organiser et à en croire les témoignages, le shabbat a été succulent!

Pendant le Shabbat, Sandrine Zena se rend à l’hôtel avec ses enfants. Là ils retrouvent plusieurs volontaires de la communauté qui sont venus aider les madrihim. « Nous avons joué pendant une bonne partie de l’après-midi, puis certains jeunes ont emmené les membres du groupe se promener dans les alentours de l’hôtel. L’ambiance était bonne et détendue ».

Ce n’est qu’un au revoir

Au moment de partir le samedi soir, tout le monde était heureux du shabbat. Les échanges qui sont nés de cette (més)aventure ont créé des liens durables entre Français et Israéliens.  »Si nous ne sommes pas là pour nos coreligionnaires dans ces moments, alors quand? », concluent Michel Elbaz et Sandrine Zena, pour qui, cette solidarité est le fondement de leur mission.

 

Pour aller plus loin

Association Shekel www.shekel.org.il

 

Guitel Ben-Ishay

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Commentaires

  • Nathan Abitboul

    14 septembre 2017

    Kol akavod, des gestes de solidarité touchants et une belle mobilisation de la part des Juifs sur place.

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  • Et si.....

    14 septembre 2017

    BRAVO! 🙂

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