mardi, 17 octobre, 2017

DU PARTICULIER A L’UNIVERSEL

Seul Soukot est appelé « époque de notre joie ». C’est l’occasion de manifester une immense reconnaissance envers le Créateur. En automne, lorsque les greniers sont remplis par les récoltes, l’agriculteur risque d’oublier que toute cette abondance est l’œuvre de D.ieu. Aussi, quitte-t-il sa maison aux murs épais pour habiter une fragile cabane. De la même manière, nous prenons conscience que l’existence humaine est éphémère. En regardant ces fragiles cabanes, nous parvenons à la conclusion que D.ieu n’est pas seulement le Créateur de l’univers, mais également la Providence qui fit sortir Israël du pays d’Égypte.

 

La souka est une Mitsva bien particulière. Lorsqu’on accomplit un commandement, seule une partie déterminée du corps est concernée. Par contre, la cabane entoure la personne toute entière. Tout ce que nous faisons dans la souka, même une action tout à fait banale, est élevée au rang, au degré de Mitsva.

L’enseignement est fondamental. Selon la Torah, chaque acte, chaque instant, doit être consacré à Dieu. Même les plus petits détails matériels doivent être transcendés. Le judaïsme n’est pas une religion se pratiquant une fois par semaine dans un temple. C’est avant tout un mode de vie, toute une civilisation basée sur l’harmonie et l’unité entre la matière et l’esprit.

Contrairement aux autres fêtes qui commémorent des événements précis de l’histoire juive, la Souka englobe tout. Les individus les plus divers y ont leur place. Toutes les nations y sont conviées. Tout le monde peut y entrer : les adultes, les enfants, les sots et les sages. Toutes ces différences sont gommées. Les kabalistes enseignent que Soukot correspond au ‘hessed, à la bonté et à l’amour universel. Plus cet amour grandit, plus il y a de place pour tout le monde.

A Kippour nous avons été lavés de nos fautes. À Soukot, notre amour peut donc être total et sans limite. Nous sommes en quelque sorte des enfants qui viennent de naître. La vie recommence : nous sommes innocents.

UNIVERSALISME

Chemini Atséret et Sim’hat Torah clôturent le mois de Tichri et plus encore, ils le résument. On sait qu’il existe une coutume de se réjouir avec la Torah et de danser avec elle. On peut se demander pourquoi cette joie s’exprime par des danses faisant intervenir les membres inférieurs. S’agissant du Livre des Livres, on se serait attendu à une étude, à une méditation. En fin de compte, l’aspect essentiel de la Torah est du domaine de la Kedoucha, de la transcendance. Cet aspect supra- rationnel est caractérisé par le fait que le rouleau de la Torah est enveloppé et que son contenu nous est donc caché. Les moins érudits tout comme les sages prennent part aux danses…

Durant cette fête, on apportait au Temple de Jérusalem soixante-dix « sacrifices de paix » en l’honneur des soixante-dix peuples qui peuplaient alors la terre. On priait ardemment pour le bien-être de toute l’humanité. Le Shalom, c’est la plénitude. Malheureusement, trop souvent, le monde est « brisé » et les hommes sont désunis. Ces sacrifices visaient donc à rassembler les hommes et à leur faire retrouver la plénitude originelle.

On comprend dès lors pourquoi la Haftara lue pendant les jours de Soukot est celle des prophéties de Zacharie (14, 9) : « L’Éternel sera Roi sur toute la terre ; en ce jour, l’Éternel sera un et unique sera son nom ».

 

RAV YAACOV SPITEZKI = 054 23 99 791
SHORASHIM
Le centre pour les étudiants francophones
Université Hébraïque de Jérusalem

 

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