samedi, 16 décembre, 2017

Parbleu, un peu de volonté! par Rony Akrich

Le fondement essentiel de mon service au Divin demeure mon irrésistible volonté naturelle à m’améliorer, à me parfaire et parvenir inlassablement vers le mieux et le meilleur. La finalité de mon existence est d’être au plus proche du rôle qui me fut dévolu par Dieu et dont la dimension d’absolu m’est totalement méconnue et inabordable. Pourtant, me voilà bien engagé au quotidien de mon existence vers une bonification, un devoir à satisfaire, ce témoignage dont je suis l’humble porteur et l’exécutant convaincu.

 

Certes, un tel idéal reste difficilement atteignable, toutefois l’espoir demeure essentiellement source de perfectibilité et ce, malgré l’assurance de ne jamais pouvoir atteindre la totale plénitude.

 

Chaque-un de mes faits, de mes gestes, ma pensée comme ma parole, tous me font entendre et comprendre le nombre de gageures et d’objectifs toujours plus importants, qu’il me reste à conquérir. Afin de nous conduire sur ce chemin de croissance constante, Dieu implanta en l’âme humaine, un élan vital permanent, afin d’explorer l’infiniment plus.

 

Ce mouvement dynamique de l’être nous contraint finalement à poursuivre une éternelle conquête matérielle. Mais mon exigence du plus encore est une manifestation de mon désir inlassable, de ma certitude à parvenir au bout de mes peines aspirantes grâce  à un essor perpétuel de ma confiance, de ma fidélité et de ma vérité en mon âme Divine.

 

Ma soif exprime mon envie de vivre, en elle s’incarne une force, une détermination qui n’est rien d’autre que la Vie. Toute volition recèle un tant soit peu de cette avidité, de ce désir de réaliser, de concrétiser,  elle est, néanmoins, bien plus que cela, elle est mon ambition.  Ma curiosité est devenue mon compagnon de route, une soif de savoir, une soif de connaitre, une soif de découvrir, une amitié passionnelle en quête d’une pleine et entière réalisation. Elle est désormais le prolongement de moi-même, un surcroît de mon moi, la marque d’un ego devenu une sorte de puissance conquérante gravée au sein de ma détermination  à devenir. Ma volonté déclare à qui veut l’entendre cette allégation:

 

‘Je dois être et devenir ce présent octroyé où chaque jour est bien plus que mon hier et encore bien moins que mes lendemains’.

 

Si mon appétit s’évertue au perfectible, c’est afin de pouvoir affirmer une profonde reconnaissance de l’essence de la vie, ma résolution, elle, utilisera à bon escient cette nature et la sublimera en un témoignage régi, maîtrisé, coordonné, ajusté aux normes de la Création mélodieuse. Si l’espoir s’introduit en mon être profond, c’est probablement conséquent d’une ou plusieurs causes prémonitoires, intimement liées à la vie. Mon désir relève de bien plus qu’une simple aspiration, il est mon choix, celui à même de  déterminer le projet réalisateur, ce que la finalité saisit comme captivant, comme une propension à l’enchantement.

 

Ma soif tend ainsi à se répandre, avide d’idées nombreuses et variées, cependant, une seule peut s’avérer probante à la fois, si je veux réaliser correctement mon sujet. Ma ténacité témoigne de mon dessein, elle doit pouvoir signifier l’intégrité de ma volition. Lorsque je décide d’écrire par exemple, envers et contre tous les aléas du moment, je comprends d’autant mieux l’instant de la velléité, ce moment où les choix me sont proposés. Il ne faut donc rien y entendre de plus que ce fondement créateur, celui qui me définit et me pousse à l’acte, une persévérance toute ou partie de mon être singulier, elle vit aux abysses de mon moi, elle est la composante la plus dynamique et créatrice de mon âme.

 

Lorsque les Hébreux séjournèrent dans le désert, tous leurs besoins physiques et matériels furent pris en charge. Ils puisèrent l’eau du puits de Miriam, la manne tombait du ciel et leurs vêtements ne s’usèrent jamais.

Dans une telle conjoncture de leur histoire, ils avaient peu à gagner lors de leurs quêtes incessantes au soi-disant bien-être qu’ils n’avaient jamais vraiment connu. Peu de détermination, beaucoup d’exigence, rarissime opiniâtreté et profusion de récrimination définirent nos Hébreux soudain affranchis de l’esclavage. Leur seule volonté, une fois libérés, fut de vouloir jouir de l’opulence de l’Egypte qu’ils avaient vue mais dont ils n’avaient jamais profité. Ils aspiraient à étancher une toute autre soif, une toute autre liberté et non point ce printemps de l’Histoire paternellement proposé par l’Eternel-Créateur. L’oscillation spontanée de l’essence de la vie fut indûment effacée, aussi lorsque les Hébreux quittèrent la terre concentrationnaire et assassine avec armes et bagages mais également chargés d’or et d’argent, ils s’écrièrent: « Assez! », car repus de cette manne terrestre.

 

Une délivrance exceptionnelle, un vécu extra-ordinaire les attendait a postériori pour traverser ce désert et rejoindre la Terre donnée par Dieu. Toutes leurs nécessités, leurs besoins étaient miraculeusement pourvus.

Le bémol de cette affaire n’est pas des moindres. Cette situation va en quelque sorte museler la soif naturelle de toute âme vivante à aspirer au mieux et au meilleur de l’homme comme du peuple. N’ayant besoin de rien car totalement repus, nos Hébreux perdent tout intérêt pour le quotidien, privés de défis et d’objectifs, ils deviennent gâtés-pourris et nonchalants, sans plus aucune aspiration spirituelle.

 

On se serait attendu à une pure gratitude face aux bienfaits Divins, mais voilà, tout se fourvoie, se brise. Il devient désormais impossible pour la nouvelle nation en marche d’adhérer au Projet Divin, à ses idéaux de morale et d’universalité. Les Hébreux vont choisir un nouveau but, plus simple, plus abordable, une spiritualité capable de répondre aux besoins de leurs pulsions naturelles. De toute évidence le veau d’or ne tarde pas à faire son apparition, accompagné des rites orgiaques et autres rituels païens.

Certainement une appétence psychique aux tentations les plus primaires de notre être animal, si proche de nous.  Un besoin de toucher, de voir, de sentir, de s’unir à quelque chose de tangible, de réel et d’achevé. C’est faire le choix d’anesthésier toute volonté, de ne plus être en quête de l’infini et de l’absolu, prendre le chemin le plus aisé. Les masses, la multitude, tous ont tendance à se suffire du minimum requis, ils se contentent d’encenser la faiblesse et l’impuissance si facile à identifier pour mieux y adhérer. Cette forme aberrante de spiritualité s’accorda le plus justement possible avec une populace dont les aspirations étaient très limitées, très éloignées d’un trop-plein d’idéal spirituel.

Rony Akrich

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