lundi, 24 avril, 2017

UN MONDE FUTUR, POURQUOI FAIRE?

Un monde devenu probablement ténébreux, ou bien probablement illustre, son devenir sera probablement l’entente planétaire, ou bien probablement le chaos absolu, c’est un demain vraisemblablement inimaginable pour les hommes d’aujourd’hui comme cela le fut pour les hommes de Neandertal évoquant un monde futur impossible à concevoir.

 

Aucun de nous n’est prophète mais demain, seulement, ce sera à nous de décider si oui ou non l’œuvre humaine, nos propres règles comme celles de la société pourront être déposées dans le panier de l’espérance, là où toutes nos aspirations et tous nos desseins rencontreraient enfin l’harmonie de l’univers.

Au sein de cette nouvelle symphonie les sons du respect et de la reconnaissance d’autrui deviendraient les cuivres tonitruants  d’un appel au futur choisi, en toute connaissance de cause.
Arrêtons d’être les objets de notre Histoire, d’une histoire agencée par d’autres que nous-mêmes, soyons les sujets des verbes de la plus belle des aventures, celle des hommes.
L’avenir n’a pas encore tracé ses traits, c’est à moi d’en commencer l’esquisse, de lui donner ses premières formes, puis de le corriger grâce à ces autres coups de crayon que sont les œuvres de l’homme…

La Bible (le Tanach’) n’évoque jamais clairement l’existence d’un Monde futur qui est pourtant reconnu comme l’une des solides charpentes du Judaïsme. Si le Monde futur n’est pas désigné précisément dans la Torah, il y est perçu comme un postulat inexprimé.

Par contre, la gratification est assurée à ceux-là même qui exalteront la Loi comme, par exemple, ceux qui honoreront leurs parents; cette rétribution sera toujours octroyée dans le Monde d’ici-bas, une promesse inlassablement réalisée au sein d’une réalité immanente.

Un sage contemporain fut interrogé sur l’antique sujet d’un contact éventuel avec les morts; il réagit de manière probante: «Je serais bien plus heureux si au lieu de rechercher le dialogue avec les morts, nous parvenions à l’établir avec les vivants!» En clair l’écrit et la pensée Toranique se manifestent d’abord et avant tout au vu et su du Monde des vivants.

 

Les faits et gestes de l’homme engendrent l’Histoire, de leurs actions surgissent leurs ambitions, leurs envies créent le besoin d’entreprendre, et seul l’intérêt porté à la chose peut faire de cette dernière une œuvre perfectible.

L’envie se mêlant au devoir de poursuivre sans relâche ses propres intérêts créera la passion. Certains ont réussi à transformer un tant soit peu notre planète, mais il leur fallut engager toute cette passion pour y parvenir. La passion ne se lasse guère, elle rentre vite en besogne et ne laisse nul répit à l’homme source de son énergie, elle le propulse vers ses desseins, lui permet de se réaliser et devient sa volonté.

Le monde ne se meut pas au hasard du temps et de l’espace, il évolue dans et vers l’expression spirituelle, cela traverse bien sûr aussi la dure école de la violence. Le philosophe ne tergiverse pas pour savoir si la raison gère la société humaine, elle a toujours gouverné l’Histoire et elle poursuivra cette tâche à l’avenir.

 

Ouvrons les yeux de notre regard face à l’actualité et devant la confusion des événements nous nous devons d’instruire et d’apprécier l’esprit des événements et surtout ne pas considérer le semblant de désordre de l’Histoire comme sa réalité.

 

Nous vivons au sein de cet univers et non dans cet autre transcendant, nous aspirons à retrouver l’Eternel dans notre vie quotidienne grâce à l’étude et la sanctification de nos comportements les plus courants. La finalité absolue de la Torah est de nous fournir les principes essentiels à la constitution d’une existence honnête, celle ci permettant de faire valoir la présence divine, non pas dans le Monde futur, où elle séjourne toujours, mais aussi parmi nous, dans notre milieu. Si les Textes bibliques paraissent négliger l’au-delà, le Talmud de son côté mentionne abondamment le Monde futur, et les voies pour y accéder.

 

Le Rav Kook explique ce décalage comme un effet manifeste des conjonctures historiques à différents instants: le temps de la Mishna et du Talmud signent et signifient l’omniprésence d’un état exilique pour tout ce devenu juif. L’exil marque chacun au fer rouge; au quotidien brisé d’une existence terrestre vont s’ajouter d’innombrables maux handicapant la pensée, la foi et la pratique du culte, ces derniers, d’ailleurs, avaient largement participé à la survenue de l’exil.

 

Ce malaise amena les anciens à relever parmi les sources de la pensée ésotérique du Judaïsme toutes les évocations concernant le Monde futur. Ils divulguèrent, de manière précise, ce que représentait pour eux cet univers de probité, ce sera pour le pauvre Juif exilé une façon d’apaiser ses souffrances mais aussi de conférer à sa vie de proscrit un idéal et une finalité.  Voici les raisons du pourquoi nos maîtres de la Loi décidèrent d’introduire après décodage ce que la Loi écrite avait décidé de laisser occulte.

 

N’incriminons pas l’Eternel d’avoir condamné l’homme à un destin tragique, il est lui-même le seul coupable de sa propre violence. Le marasme n’est jamais indispensable au mieux de l’homme, mais quand il survient, l’ordre des choses est tel, que le bien, le bon et le beau le récupéreront à ses véritables fins.

Le règlement Divin est agencé conformément au projet créateur, c’est-à-dire permettre à l’homme d’entrevoir éternellement un possible retour.

D.ieu n’a pas décréter le mal, seul l’homme l’a introduit, il l’emploie pour le bien, il marque le cours de l’Histoire de cette oscillation du pendule contraignant le futur à toujours retrouver son équilibre.

 

Le juste développement dans l’Histoire est un essor de la conscience. Une authentique transformation spirituelle pourrait certainement s’ébaucher suite au développement biologique qui fut le nôtre durant ces cent dernières années.

La nature vitale au sein de l’être évolué, parvenu à maturité, saura aussi effectuer ce progrès qui nous permettra de dépasser  l’ordre de vie mental et vital vers l’ordre spirituel.

La vigueur mise au sein de l’existence va orienter l’évolution et la mener à un niveau où elle prendra conscience d’elle-même.

On peut se permettre de penser que la prochaine étape du genre humain sera à l’arrivée, le développement spirituel.

 

Les deux Univers sont ancrés l’un à côté de l’autre, la conduite des hommes dans le monde initial se répercutera inexorablement dans le monde à venir.

Le traité Berach’ot (p. l7a) nous rapporte qu’à l’occasion de la cérémonie de clôture de leurs études, les Sages de la célèbre assemblée de Yavné avaient coutume de réciter la bénédiction suivante: «Puissiez-vous goûter du monde futur dans le présent, de votre vivant».

 

La vie terrestre ne serait donc qu’une mise en condition pour ce qui est prévu bien plus tard.

C’est là, dans ce monde à venir, que nous saurons renouer de manière mature et exclusive, le contact avec D.ieu et cela pour un sublime rendez-vous.

Nos visions panoramiques et pénétrantes savent encore, dans le réel de l’existence, différencier le futur du présent. Ce discernement nous satisfait pleinement, nous renforce réellement et nous purifie ostensiblement.

L’autorité dévolue aux ordres divins offre au monde terrestre l’inspiration incessante du monde futur, et ainsi, grâce à leurs indiscutables agissements, les hommes s’améliorent forcément vers l’éternité dont ils sont déjà passionnés.

 

Le futur est inconnu, mais il s’élabore dans le présent et le présent est le seul élément sur lequel nous pouvons agir. Si nous désirons que demain soit préférable à notre aujourd’hui, il est nécessaire dès maintenant de prendre soin des graines que nous semons à cet instant. Nous devons laisser aux générations à venir un monde meilleur que celui que nous quitterons, un Monde futur où notre présent ne sera plus que passé.

 

 Rony Akrich

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