lundi, 21 août, 2017

Libération n’est pas délivrance

La liberté est le patrimoine le plus cher dont l’homme dispose, nul n’a le droit de lui soustraire.

C’est cette liberté qui est continuellement transgressée par les pouvoirs politiques, c’est cette liberté qui est asservie, qui est méprisée, sacrifiée sur l’autel du mépris.

Le concept des droits des hommes s’est engagé peu à peu contre l’arbitraire, les actes dictatoriaux et l’autocratie. L’acceptation de la liberté ne commence qu’avec une prise de conscience et une connaissance réfléchie. Nous voulons que l’être humain soit une créature inviolable, nous voulons que la personne humaine vive accompagnée de droits incontestables, parmi lesquels le droit de sauvegarder sa plénitude physique, sa plénitude intellectuelle, sa plénitude spirituelle, contre toute attitude violente ou brutale.

Dès son réveil, le Juif remercie l’Eternel: «Qui ne m’a pas fait esclave», car Lui et seulement Lui nous a délivrés de notre servitude et enseigné comment ne jamais redevenir captifs les uns des autres. La Torah condamne radicalement la vassalité définitive entre les hommes puisque cela souille le reflet divin original et si particulier à chaque être.

D’après le Rav Kook, cette bénédiction ne concerne pas seulement la dépendance matérielle de l’esclave, mais aussi l’esclavage psychologique, qui est bien plus grave.

On peut être esclave d’autrui et être cependant un homme libre au fond de soi-même, mais l’homme qui est psychiquement esclave, désavoue sa nature propre en s’accommodant des intentions et des ambitions d’autrui. Aucune légitimité n’est accordée, dans le Judaïsme, à la servitude, sauf si celle-ci est utilisée de manière provisoire et sans vouloir offenser la personnalité du condamné. Si le provisoire évolue vers le définitif, il favorise lentement mais sûrement une seconde nature qui altère la dignité divine indissociable de l’être humain.

En Hébreu, les termes «indépendance et personnalité» ont une même racine étymologique, et nous enseigne donc que pour être soi-même, il est indispensable d’être émancipé.

 

Les justes au conditionnel constituent la majorité du peuple d’Israël, cela la Torah le comprend aisément et c’est cette raison qui la destine précisément à l’homme en situation réelle: «La Torah n’a pas été donnée aux anges», elle fut offerte à l’Homme. Elle doit évaluer attentivement toutes les difficultés de l’existence humaine, d’une certaine façon D.ieu «se réduit» afin d’octroyer à l’individu une leçon conforme à son univers: «La Torah s’est exprimé dans le parler des hommes», ceux-là mêmes qui existent dans un corps, un corps de chair et de sang, travaillé par des instincts et des pulsions.

Le concept de l’esclavage était fortement enraciné dans l’expérience humaine, il était pratiquement impossible, pour le Judaïsme, de l’extirper en une fois, mais la Torah va tenter de le défaire pas à pas en concevant une nouvelle administration sociale capable de saper cette tradition de l’intérieur.

Les civilisations antiques accréditaient le dédain envers l’esclave ce qui, par ailleurs, était totalement étranger au Judaïsme.

Dans la langue hébraïque il ne se trouve pas de mot particulier pour définir un esclave: «EVED» signifie parfois cela, mais aussi le travailleur, dans la conscience hébraïque, la même expression révèle à la fois l’esclave et le serviteur de D.ieu, «EVED ASHEM».

Mais la liberté avant tout, notre liberté intérieure! Nous acceptons de devenir les serviteurs de D.ieu, mais jamais l’esclave d’autrui.

La Torah récuse la veulerie et la dépendance soumise au prochain.

Nos maitres accusent ceux qui s’abandonnent et se soumettent au mal: «Quel est le véritable héros? Celui qui sait vaincre ses passions» (Traité Avot IV, 1).

Le fondement du droit étant moral, l’évolution du droit est toujours influencée par des principes moraux et par des principes moraux à caractère universel. Les droits des hommes sont l’expression des revendications qui tiennent à la dignité humaine, exprimées dans des termes qui sont ceux de la Loi.

Néanmoins les droits des hommes sont des règles éternelles, elles se sont imposées lentement dans l’Histoire, d’une manière progressive. Les droits des hommes sont historiques au sens où ils résultent d’une victoire graduelle, jamais résolue et toujours sur le chemin de la dignité humaine sur Terre.

 

Mais voilà que l’Histoire a mis un terme à l’exil dépravant des Juifs, nous voici rentrés sur Notre Terre. Yérouchalayim est ressuscitée, rassemblée, les villes de Yéhouda ne sont plus abandonnées.

Ce retour miraculeux peut paraître étrange à certains qui voudront y apporter toutes sortes de remarques judicieuses, basées sur l’instrumentation de l’Histoire.

Mais l’incontestable ressort de cette entreprise, c’est d’abord et avant tout ce renouveau fraternel au sein de notre peuple. Malgré nos querelles privées, qui ne sont rien d’autres que des blessures superficielles, notre nation reconquiert au quotidien sa cohésion, notre Histoire actuelle en Israël prouve qu’une solidarité intelligente nous réunit.

L’essence de notre amour pour Sion (le sionisme), la ferme volonté de faire refleurir ce désert et d’y reconstruire notre pays (la rédemption), c’est bien grâce à cette fraternité naturelle et gage de notre survie que nos ennemis furent vaincus à chacune de nos guerres.

Il nous échoit de garantir précieusement l’éthique de la nation, d’honorer méticuleusement les règles morales et universelles qui nous affectent principalement: l’Indépendance, la Parité et l’Unité, au sein de notre peuple. L’élection d’Israël conjugue l’alliance entre D.ieu et les hommes pour le meilleur de toute l’humanité.

Le vécu d’Israël reste le vecteur essentiel par lequel le créateur se dévoile à l’Humanité.

Israël s’échoue souvent sur les récifs de son Histoire, la Bible raconte et dépeint ces écarts, mais cela ne compromet en rien l’essence de sa vocation.

Le caractère spécifique d’Israël est totalement différent en comparaison des autres civilisations.

Voilà donc pourquoi Israël est encore et toujours présent parmi nous.

 

Rony Akrich

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