samedi, 25 novembre, 2017

Jean-François Copé: Entretien

Pour la séance inaugurale de son cycle d’études 2017-2018, sur le thème  »Pouvoirs & Contre-Pouvoirs », le Campus francophone de Netanya a invité Jean-François Copé. Personnalité de la droite française, il a joué et joue encore un rôle de premier plan sur la scène politique française dans sa fonction de Maire de Meaux qu’il occupe encore aujourd’hui mais aussi, par le passé, en tant que député, ministre et Président de l’UMP.

L’intitulé de son intervention à Netanya est:  »Brexit, Trump, Macron: what’s next? Autopsie des lendemains de fête ». Tout un programme duquel, Jean-François Copé a accepté de nous donner un avant-goût.

 

Le P’tit Hebdo: Quelle relation entretenez-vous avec Israël?

Jean-François Copé: J’ai une relation très soutenue avec Israël. C’est d’abord un lien affectif qui m’unit à ce pays. Je suis toujours impressionné par son modèle de développement économique, culturel, scientifique et j’ai noué de nombreuses relations amicales avec de très nombreux Israéliens.

Ensuite, mon rôle de responsable politique, c’est aussi d’observer ce qui se passe en Israël. Je suis très attentif à la question de la sécurité en Israël ; c’est pour moi un enjeu essentiel.

Lph: La France a-t-elle vraiment la capacité de jouer un rôle sur la scène du conflit israélo-palestinien? Elle n’a jamais eu l’air d’avoir ici une oreille très attentive et on pourrait penser que l’arrivée de Trump à la Maison Blanche fait, plus que jamais, des Etats-Unis, l’autorité majeure dans la tentative de résolution de ce conflit.

J-F.C.: Ce serait une erreur de penser que seuls les Etats-Unis se préoccupent d’Israël.

Comme l’a très bien exprimé le Président Macron à la tribune de l’Assemblée générale de l’ONU, nous devons placer les grands défis planétaires sur un plan multilatéral. En ce sens, la France a sa pierre à apporter à l’édifice.

De plus, il s’agit de rappeler que la France et les Etats-Unis sont des alliés. De ce fait, il apparait naturel qu’ils travaillent ensemble sur ces sujets.

La France doit jouer un rôle au Moyen-Orient, elle a de nombreuses choses à apporter pour contribuer à la sécurité intérieure et au dialogue. C’est aussi son intérêt de s’impliquer dans ce qui se passe dans cette région du monde.

En effet, nous devons lutter ensemble contre le terrorisme. Si la France a, malheureusement, toujours été frappée par le terrorisme, il est indéniable que les événements de ces dix dernières années nous imposent un nouveau virage sécuritaire. La dernière fois que je me suis rendu en Israël, j’y avais rencontré des responsables politiques mais aussi des professionnels de la lutte anti-terroriste. Notre collaboration avec Israël, qui est remarquable, doit être sans cesse renouvelée.

J’observe, par ailleurs, que les relations entre nos deux pays se développent constamment et considérablement sur tous les autres plans.

 

Lph: Brexit, élections de Donald Trump, d’Emmanuel Macron ou encore du jeune Sebastian Kurz (31 ans) à la présidence du Conseil en Autriche: le monde vit-il une révolution politique?

J-F.C.: Nous ne pouvons pas ignorer le bouleversement auquel nous assistons mais il me semble encore tôt pour parler de révolution. Les événements que vous citez sont très intéressants et témoignent certainement d’un changement d’époque. Les populations sont devenues de plus en plus sensibles à un discours populiste, antisystème. Mais le vrai défi c’est celui des  »lendemains de fête »: comment passer de la conquête du pouvoir à la réalité du terrain, c’est tout l’enjeu.

Lph: La classe politique traditionnelle a été frappée de plein fouet par ce changement d’époque. Les Républicains, votre parti, cherchent à se reconstruire. Où vous situez-vous?

J-F.C.: La défaite désastreuse de François Fillon doit nous amener à un examen de conscience et à un peu d’humilité et de discrétion.

Nous devons être cohérent au regard de la politique menée aujourd’hui par le Président Macron. Ayons l’honnêteté de reconnaitre qu’il fait, dans un certain nombre de domaines, ce que nous aurions dû faire depuis des années mais que nous n’avons pas eu le courage d’imposer.

 

Lph: Alors est-il vrai que la « véritable opposition » aujourd’hui c’est la France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon?

J-F.C.: C’est la vérité. Macron fait une politique de droite dans l’ensemble. Il fait ce que la droite a promis mais n’a jamais fait. Elle est mal placée pour critiquer. Ceci étant, je note aussi des points de désaccords notamment sur la politique du logement, sur certains sujets fiscaux et sur la lutte contre le communautarisme.

 

Lph: Sur ce dernier point, la situation est-elle en voie d’apaisement?

J-F.C.: La situation reste très préoccupante. Dans certains quartiers on note des comportements qui n’ont pas leur place dans la République française. Je souhaite qu’un jour on ait le courage de codifier le seul culte qui ne l’est pas encore en France: l’Islam car l’absence de règles claires relatives à certaines pratiques met tout le monde en porte à faux et génère des tensions parfois très violentes.  Il faut une prise de conscience de la nécessité de punir encore plus sévèrement l’antisémitisme et les comportements radicaux.

 

Lph: D’Israël on note un ralentissement significatif de l’alya des Juifs de France. Cela serait-il dû aussi à une meilleure gestion des conflits inter communautaires?

J-F.C.: Des mesures ont été prises déjà sous Sarkozy, elles ont été prolongées par la suite et encore aujourd’hui on va dans ce sens. Des actes inacceptables envers les Français de confession juive ont été commis. Mais les autorités leur ont opposé une réponse très forte. La réalité n’est pas niée. A cela s’ajoute que la qualité de vie en France demeure exceptionnelle et que la communauté juive de France est dynamique, engagée et participe depuis toujours à la vie de notre pays. Elle y est enracinée depuis des siècles et en constitue une formidable richesse. Les données sur l’alya que vous évoquez ne me surprennent pas.

 

Lph: Lors de votre prochaine venue en Israël, où vous rendrez-vous? Y a-t-il un lieu que vous affectionnez particulièrement?

J-F.C.: Je m’exprimerai donc sur le Campus francophone de Netanya où j’ai de nombreux amis, dont la directrice Claude Brightman. Je rencontrerai aussi des personnalités politiques et économiques. Ces rendez-vous m’apprennent beaucoup.

Israël est un pays d’une telle diversité que je ne pourrai vous donner un lieu privilégié! A chaque fois que je viens, et je ne compte plus mes séjours en Israël, j’y découvre quelque chose de nouveau!

 

Séance inaugurale du Cycle d’études 2017-2018 du Campus francophone de Netanya le Dimanche 12/11.

Inscriptions: 09-8607898 / francophonie010@netanya.ac.il  

 

Propos recueillis par Guitel Ben-Ishay

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Commentaire

  • Ixiane

    1 novembre 2017

    Prochain Président : VAUQUIEZ avec son 1er Ministre : COPPE

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