lundi, 26 juin, 2017

Gilles-William Goldnadel : «Les flammes du bûcher antiraciste ne brûlent plus»

Alors que Pascal Bruckner et Georges Bensoussan ont été traduits en justice pour des propos sur l’islam, Gilles-William Goldnadel remarque que l’antiracisme a perdu de sa capacité de nuisance, même s’il continue partout de sévir, y compris aux Etats-Unis.

La rigologie est une science très sérieuse. Elle préconise le traitement des angoisses par le rire. Norman Cousins l’aura mise en pratique, mais Freud lui-même en aura théorisé certaines possibilités.

Pierre Dac, grand angoissé devant l’éternel, avait été le premier adhérent du Parti d’en rire, quant à moi, pour conserver l’esprit dans ce monde de fous, je me fais partisan du fou rire.

Je fais reproche à mes amis les plus proches de prendre trop au sérieux les divagations des fâcheux. C’est leur faire trop d’honneur.

Ainsi, des procès organisés par les tenants de l’antiracisme dévoyé contre Pascal Bruckner puis Georges Bensoussan.

J’assure ces deux esprits distingués davantage de ma sympathie que de ma compassion. Je m’explique. Il fut un temps où être traduit devant la 17e chambre correctionnelle à la demande du parquet de la république ou d’organisations antiracistes dignes de ce nom était, en soi, un déshonneur. Mais les flammes artificielles du bûcher dressé par les vaniteux ne brûlent plus. À force d’abus et d’incongruités politiques ou idéologiques, un tel passage est devenu dans le pire des cas une formalité pénible, et dans le meilleur un brevet de courage intellectuel.

Ainsi, Georges Bensoussan aura dû perdre douze heures pour expliquer l’évidence culturelle de la puissance de l’antisémitisme au sein du monde musulman. Un sondage Ipsos commandé à la mi-janvier mais étrangement occulté aurait pu faire gagner beaucoup de temps au tribunal. Il conclut que 50 % des musulmans sondés nourrissent des préjugés envers les juifs, ce qui constitue un taux record en le comparant aux autres communautés.

Cela ne signifie pas que de nombreux musulmans naissent antisémites, cela montre qu’ils baignent dans un milieu judéophobe.

Les mêmes organisations antiracistes qui cherchent méchante querelle aujourd’hui à Bensoussan, auront passé leur temps à incriminer la culture antisémite des Polonais. Mais ce qui est antiracisme de bon aloi à l’égard de chrétiens blancs devient racisme insupportable à l’égard de musulmans orientaux. Pardon de l’écrire, mais le racisme de l’antiracisme finit par me faire rire.

Ainsi, la Licra aura décidé de rejoindre la cohorte dévoyée des islamo-gauchistes judiciaires de la Ligue des Droits de l’Homme, au MRAP, en passant par SOS-Racisme qui ont décidé d’accompagner la croisade farfelue du CCIF contre l’islamophobie, et je devrais m’en émouvoir autrement que par le sourire ?

Certes, il faut un sens de l’humour bien trempé pour comprendre l’attitude du parquet de Paris qui se sera saisi d’office de la simple dénonciation de l’officine de Marwan Mohamed pour poursuivre l’un des historiens de la Shoah les plus réputés.

Mais voilà bien longtemps que je ne m’étonne plus de la politique pénale menée par ce parquet en la matière.

Déjà, le 27 novembre 2016, à Stéphane Kovacs du Figaro qui voulait bien m’interroger, je faisais remarquer que les préposés théoriquement à la défense de la société, était bien plus préoccupés de guerroyer contre la fantasmagorique islamophobie que de combattre l’antisionisme radical d’origine islamique ou de poursuivre, même lorsqu’on les saisit, les grandes surfaces qui proposent à la vente des ouvrages islamistes appelant tout simplement à tuer les juifs et les chrétiens.

Fort heureusement, je ne suis pas le seul à conserver, envers et contre tout, le cœur à rire. Alain Finkielkraut, témoin pour Bensoussan, n’aura pu s’empêcher de s’esclaffer, en entendant le témoignage en faveur des parties civiles de Nacera Guenif, qui, après avoir prêté serment, déclara, mais sans rire, que lorsqu’entre musulmans, on se traite dès l’enfance, de «juifs», cela n’a strictement rien d’antisémite…

Le même Finkielkraut m’aura bien déridé en résumant au micro de RCJ cette mauvaise plaisanterie judiciaire comme une «grande alliance entre associations antiracistes et la magistrature du mur des cons».

La Rigologie est une science très sérieuse, mais il n’est pas certain que tous les scientifiques soient sérieux.

Le Monde du samedi expliquait, lui aussi très sérieusement, que des scientifiques américains, chiffres à l’appui, et au moyen technique d’une horloge, considéraient sans rire que le monde s’était davantage rapproché de l’Apocalypse depuis l’élection de Donald Trump.

Pardon d’avoir souri.

Les médias convenables sont également très sérieux et ne donnent pas à rire, contrairement à la fâcheuse sphère et à ses post vérités, sans parler des faits alternatifs hilarants du porte-parole du président américain.

Curieusement, les journalistes, dont c’est pourtant le métier, n’ont pas l’élémentaire curiosité de questionner la raison de la désaffection incontestable dont ils font l’objet au profit, pour le meilleur et le pire, de l’information électronique parallèle.

Peut-être, comprendront-ils un jour qu’ils sont sanctionnés pour occulter toutes les vérités qui les dérangent.

Ainsi, dans leur guerre à outrance qu’ils ont déclarée immédiatement contre le mirobolant 45e président des États-Unis, ont-ils tous ou presque guerroyé contre sa décision de suspendre pour trois mois l’autorisation d’entrée pour les ressortissants de certains pays islamiques.

Aucun ou presque, n’aura fait remarquer que le président Obama lui-même aura pris une décision semblable, également pour des raisons de sécurité, en 2011 concernant les visas irakiens (le New York Times du 12 juillet 2011).

Surtout, les mêmes, qui en quelques minutes, auront trouvé toutes les hyperboles antiracistes pour stigmatiser la décision présidentielle, n’auront pas trouvé une seconde en 70 ans pour s’interroger sur l’attitude des 15 états islamiques qui refusent la présence sur leur sol de détenteurs de passeports portant le sceau de l’État juif.

Mais le plus tristement comique aura été sans doute, lorsque que, sans la moindre précaution, les micros furent généreusement tendus vers le président de la république islamique d’Iran qui expliqua sans rire que le monde ne devait plus connaître ni la haine, ni les murs.

Il est vrai que la plupart des journaux sérieux qui traquent les faits alternatifs ou la post vérité, ont omis de préciser que la même république islamique inscrit sur ses missiles balistiques: «Israël doit être détruit».

Angoissés de tous les pays, essayez donc la rigologie.

© Gilles-William Goldnadel. Publié avec l’aimable autorisation du Figaro Vox.

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Commentaire

  • François Tanzy

    1 février 2017

    Bonjour,tout d’abord,je suis rassuré de voir votre profil romantique revenu à la place de Trump!
    Pour moi, c’est différent ,mon profil Facebook me faisait apparaître avec le chien Milou, mais tous les lecteurs n’étant pas rigologues, par respect pour eux, j’ai préféré supprimer le chien suspecté d’antisémitisme.
    Je vous rejoins parfaitement sur le fait de parler de racisme à propos de personnes comme Pascal Bruckner- qui milita tout comme moi sur la liste « L’Europe commence à Sarajevo »en 1994(n°19 de la liste, j’étais en 52 ème …)-et Georges Bensoussan prête à rire.
    Le fait de démonter les mécanismes du racisme inné dans une culture aide plutôt à le dépasser. J’ai moi-même connu,adolescent, dans une école catholique quelqu’un qu’on nommait « le juif » et qui ne l’était pas! J’ai remarqué aussi que les préjugés contre les gens du voyage amènent des gens très bien,même parfois de gauche,à tenir des propos racistes sans même s’en rendre compte,genre, « Oh oui, ces gens là, il faudrait les… »
    Ce qui m’inquiète toutefois, c’est la tendance,hélas lisible ici dans les commentaires à l’identification à l’agresseur:ils n’aiment pas les juifs,donc ils sont antisémites,moi je vais faire pareil et je les traite de « bougnoules »terme qui a eu son apogée durant la guerre d’Algérie et qui renaît aujourd’hui de façon totalement décalée déjà en banlieue où l’incriminé peut être berbère ou turc et plus encore face au palestinien ,fût il de Gaza,encore plus s’il s’agit d’un bédouin du Negev ,voire d’un iranien qui n’est pas arabe…
    Les persécutions antisémites, la renaissance de l’antisémitisme même sous les formes rampantes de l’antisionisme ne donnent pas un brevet de droit au racisme.C’est de surcroît une arme dangereuse car, pour beaucoup,la différence entre le juif et l’arabe peut ne pas être évidente;déjà aux US le mexicain et l’arabe (muslim quand-même !)sont un peu dans le même sac pour votre cher Président. Le discours style « Nous d’abord »peut, un beau jour y rajouter le juif…
    Bien à vous ,je reconnais la haute tenue de vos articles et ne voudrais pas passer pour un donneur de leçons,j’ai juste pris une demi-heure pour réfléchir à ce que j’écris
    Cordialement, F.T

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