lundi, 29 mai, 2017

Donald Trump : chronique d’un lynchage médiatique, intellectuel et artistique par Gilles William Goldnadel

Alors que Trump connaît ses premiers jours comme président des Etats-Unis, Gilles-William Goldnadel regrette «la grande tradition géométrique et variable de la gauche morale» qui s’abat sur le locataire de la Maison-Blanche.

Cet article est écrit d’abord pour prendre date : avant d’avoir commis le moindre acte présidentiel condamnable, le 45e président des États-Unis d’Amérique aura été condamné à l’avance par ceux qui disent haïr les préjugés.

Quels que soient les succès et les échecs à venir, l’honnêteté commande d’acter que la planche du premier américain, traité comme le dernier, aura été savonnée comme jamais celle d’un président élu ne l’avait été, quand bien même aurait-il été minoritaire en voix, ce qui est loin d’être un précédent dans ce mode de scrutin.

 

Il ne s’agit pas seulement d’un procès d’intention à grand spectacle, mais plus profondément d’une contestation de la légitimité même du président élu.

 

Et pas seulement aux États-Unis, ainsi, sur la radio de service public française, dès le vendredi matin, l’invitée de la matinale de France inter, Sylvie Laurent, historienne écrivant notamment dans Libération, questionnait à voix haute cette légitimité.

 

Pour expliquer l’absence de tout intellectuel à l’antenne favorable à Donald Trump, Patrick Cohen expliqua ingénument qu’il n’en connaissait pas…

 

Le ton avait été donné par la même station la semaine précédente, où la préposée à la revue de presse puisait dans un blog semi-confidentiel des éléments invérifiables qui laissaient à penser que le président élu était un fervent adepte de l’ondinisme. «L’humoriste» Sofia Aram ne resta pas évidemment longtemps en reste.

Les mêmes médias qui couvrent de fange la fâcheuse sphère et les fake nauséabonds d’Internet n’hésitaient pas à pratiquer la coprophagie médiatique, comme si, pour contester la légitimité du président impie, les pires moyens devenaient légitimes, dans la grande tradition géométrique et variable de la gauche morale.

 

Précisons d’abord les termes du débat: on peut, comme l’auteur de ces lignes, ne pas apprécier le style, les propos, la mentalité du président américain, qui se caractérisent, pour l’écrire simplement, par la vulgarité. Pour autant, il n’est pas interdit et il s’imposerait même d’éprouver un sentiment de révolte contre la contestation de nature fascisante du verdict des urnes et la forme de celle-ci, qui a l’apparence d’un début de guerre civile.

 

Cette guerre civile est déclarée entre le monde virtuel d’Hollywood et le monde réel des ouvriers et des classes moyennes qui ont remis le pouvoir à Donald Trump. Nul n’en connaît encore l’issue. Nul n’est capable de dire qui l’emportera entre les hérauts de la poésie politique et le nouvel héros du réalisme brut.

 

Mais à l’aube de cette guerre sans merci, l’honnêteté intellectuelle et morale commande d’écrire que ce sont les soi-disant antifascistes qui l’ont déclarée, et avec des méthodes fascisantes qui donnent la nausée.

 

C’est ainsi que Jennifer Holliday, chanteuse noire de renom, est venue expliquer à la télévision pour quelles raisons, après avoir accepté, elle avait finalement refusé de chanter pour l’investiture du président.

 

Elle avait pensé qu’il s’agirait d’un moment d’unité mais «n’avait pas réalisé que les gens n’avaient pas accepté le résultat de l’élection».

 

Le lendemain de l’annonce de son acceptation, Jennifer découvrait des milliers de tweets vengeurs la traitant de «traître à sa race», et de «négresse». «J’ai reçu des menaces de mort, des appels à me suicider, c’était horrible». Holliday a été triste de constater que beaucoup de ces messages venaient de sa communauté noire, notamment de l’organisation radicale Black Lives Matter, celle-là même avec laquelle le président Obama s’était rapproché dans les derniers moments de son mandat.

 

Dans les universités américaines aussi, la guerre civile est déclarée.

 

À Georgetown, la professeur April Sizemore-Barber a été jusqu’à accorder des bons points académiques aux élèves qui assistaient à une formation anti-Trump destinée «à semer les graines de la libération».

 

Une autre enseignante a harcelé sa consoeur musulmane, Asra Nomani, qui avait avoué publiquement avoir voté Trump: «Je vous ai proscrit de la race humaine depuis que votre vote a aidé à normaliser les nazis».

Dans cette même veine anti-nazie, digne de la pensée d’un Peillon ou d’un Mélenchon, on manifeste dans les campus contre l’arrivée d’Hitler en Amérique. Dans son excellent article du Figaro daté du 20 janvier, Laure Mandeville décrit ces militants noirs du Parti Communiste révolutionnaire criant: «Ne voyez-vous pas que Trump fera aux musulman ce que Hitler a fait aux juifs!».

Heureusement que la fâcheuse sphère était là, la nuit de l’intronisation, pour montrer les actes de ces curieux antifascistes.

Heureusement que la fâcheuse sphère était là, la nuit de l’intronisation, pour montrer les actes de ces curieux antifascistes que les télévisions ont soigneusement dissimulés. Les drapeaux américains brûlés, les «féministes» voilées, ou encore Richard Spencer, un orateur pro-Trump de «White Lives Matter», sauvagement frappé pendant son interview télévisée par un antifa encagoulé qui s’enfuit impunément dans la nuit.

 

Mon imagination est impuissante pour décrire les commentaires médiatiques dans l’improbable hypothèse ou des journaux, des artistes, où des manifestants violents avaient contesté dès le premier jour l’élection de Barack Obama. S’ils avaient brandi des affiches le caricaturant en assassin ou en violeur. Pas la peine de faire un dessin.

 

D’une certaine manière, on retrouve dans l’après élection, une bonne partie des raisons du succès du détesté de la presse convenue.

Trump n’est pas une cause, mais un effet.

 

Son excentricité et ses excès répondent aux excès et aux extravagances du prétendu camp du bien. Les excès de la victimisation des minorités raciales et sexuelles. Les excès de l’immigration clandestine. Les excès de la xénophilie. L’imposition des toilettes neutres pour transsexuels. La culpabilisation systématique de la police. La crainte révérencieuse de l’islam radical. Le féminisme limité exclusivement à la détestation du mâle hétérosexuel blanc et qui ferme les yeux sur le sort des femmes d’Orient.

Excédé des excès criminels des faux gentils, une bonne partie du peuple américain aura préféré s’en remettre désormais aux débordements d’un faux méchant.

 

Et dans ce sentiment de révolte qu’inspire ou que devrait inspirer à tout démocrate, fût-il hostile au mirobolant républicain, le lynchage médiatique et artistique qui lui est réservé, dans ce réflexe d’empathie naturelle envers le lapidé, qui sait si ne se niche pas non plus l’intuition que derrière la contestation furieuse de la légitimité d’un individu, se dissimule la contestation sournoise de la légitimité de l’homme occidental qui ne veut pas mourir.

© Gilles-William Goldnadel. Publié avec l’aimable autorisation du Figaro Vox.

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Commentaires

  • 'Ami Artsi

    24 janvier 2017

    J’ai toujours exécré les pseudo-analyses de Gilles William Goldnadel. Ses propos me donnent à chaque fois une furieuse envie de vomir (il ne vaut mieux pas que je le fasse, car si je le faisais, ce serait sur sa tête !)

    J’avais déjà dénoncé ce lynchage en France contre Donald Trump sur mon blog ( ici : https://jsuisjreste.wordpress.com/2017/01/21/trump-le-pilori-ou-comment-les-medias-francais-et-les-associations-dites-progressistes-francaises-preparent-le-terrain-pour-la-victoire-de-marine-lepen-aux-elections-francaises-de-2017/). Mais aujourd’hui, force est de reconnaître qu’il est absolument conforme aux pires projections faites sur lui.

    La différence, c’est qu’à l’époque où elles ont été faites en France, elles ne reposaient sur rien du tout. Aujourd’hui, elles reposent sur du concret puisqu’en 2 jours, il a remis en cause sa volonté de transférer l’ambassade U.S. de Tel Aviv à Jéru, il a attaquer les droits des femmes en prenant des mesures concrètes contre l’IVG et il a donné l’ordre de construire un pipeline sur un cimetière indien !

    Ce genre de pourriture ne génère en moi qu’un profond dégoût accompagné d’une forte colère !

    __________________________

    « Jamais un Juif ne sera colon sur sa terre ancestrale, jamais il ne sera étranger à Jérusalem, en Judée ou en Samarie ! » Meyer ‘Habib, décembre 2016

    https://jsuisjreste.wordpress.com

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  • shakinnir

    25 janvier 2017

    je partage absolument la position de W Goldnadel de plus je n ai rien trouve de specialement positif sauf des grimaces electorales -a Mme Clinton

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