mardi, 21 novembre, 2017

COMMENT MANGER

Se nourrir est l’une des fonctions vitales de l’homme. Mais depuis quelques décennies, elle connaît une mutation qui bouleverse notre perception de l’alimentation. Aujourd’hui, on ne peut plus envisager l’art culinaire sans y associer une hygiène nutritive très élaborée.

 

 

Le dernier chapitre de la parachat Chemini  énumère les animaux permis et interdits à la consommation. Les commentateurs remarquent que ce sujet a de quoi surprendre dans son rapport avec le nom de la paracha. S’alimenter est une fonction qui n’a rien de spécifiquement humain puisque qu’on la retrouve chez les animaux. Elle a donc un caractère  trivial. D’un autre côté, le nom Chemini renvoie à une idée très élevée. Ce mot signifie « huitième ». Or le chiffre huit évoque tout ce qui dépasse le cadre de la nature. Alors que le chiffre sept symbolise le monde et ses limites naturelles. Il existe sept notes de musique, sept branches à la Menora, sept jours de la semaine, etc.

Quel lien y a -t-il entre le fait de s’alimenter  et  tout ce qui  transcende la nature ?

 

TROIS ETAPES

Manger « cachère » ne dépend pas uniquement  de l’aliment que l’on consomme. Chaque individu  doit donner à ce qu’il mange  un  » label de  cacherout  »  Ce » label » se déclinera en trois  étapes.

Il y a d’abord la première étape : l’animal en lui-même. Tout n’est pas consommable. Un tri doit être effectué entre le  bon, le bien et le mal, le mauvais. Ce qui est ‘’cachère-conforme » aux lois de la Tora et ce qui ne l’est pas.

La seconde étape, ne dépend plus des qualités ou de l’absence de qualités de l’animal. On se place alors sur un registre humain : manger « cachère » nécessitera une discipline de l’homme vis-à-vis de la nourriture.  En  effet, « ce qui est interdit est interdit et ce qui est permis est superflu » dit un proverbe hassidique. L’homme doit prendre une certaine distance par rapport à la nourriture.  En effet,  dès qu’il y a contact avec le monde matériel, il y a risque de perdition spirituelle.

C’est pourquoi, le Talmud précise  dans le traité ‘houlin qu’on ne doit pas ‘’manger comme un animal’’. On ne boit pas manger debout et  on ne mange pas dans la rue. On s’efforcera de ne pas manger comme un glouton. Plus encore, nous avons l’obligation d’étudier la Tora durant notre repas etc. Toutes ces attitudes nous montrent le souci qu’a la Tora de donner à l’homme qui mange, une dignité que cette fonction pourrait  lui enlever.

 

 

MANGER POUR (BIEN) PRIER

 

La troisième étape se situe  à un niveau plus élevé. Chaque élément de la création est composé d’une énergie spirituelle.  Quand on utilise un élément de la création pour accomplir une mitzva, on ‘’élève cette énergie ‘’ dans les mondes spirituels supérieurs. On réalise alors  le but pour lequel cet élément fut créé. Ceci n’est pas le cas,  si on utilise cet élément dans un but  uniquement  profane. Il ne se produira  aucune « élévation spirituelle ».

Par exemple : si l’on mange pour avoir la force et la concentration nécessaires pour faire sa prière ou étudier ou pour faire le bien autour de soi. L’aliment consommé « s’élèvera », si l’on peut s’exprimer ainsi.  Mais si l’on mange pour satisfaire un plaisir physique, l’aliment ne connaîtra aucune élévation.

On peut comprendre à présent, pourquoi la distinction des animaux permis et interdits à la consommation est donnée dans la parachat Chémini qui évoque un degré spirituel très élevé.

Effectivement, manger n’a pas qu’une fonction végétative. C’est également  une façon de participer à la mission que D.ieu  a confiée à chacun d’entre nous :  »élever »  l’univers et la société pour qu’ils puissent  avoir une meilleure perception du divin. De cette façon on peut faire progresser toute  l’humanité. Alors disparaîtront toutes les iniquités et  régnera  la paix universelle annoncée par les Prophètes.
RAV YAACOV SPITEZKI = 054 23 99 791
SHORASHIM
Le centre pour les étudiants francophone
Université Hébraïque de Jérusalem

 

Commenter avec Facebook

Ca pourrait vous intéresser

Laisser un commentaire

×
×