mardi, 24 janvier, 2017

24 Tevet: Hiloula du Admour Hazaken, fondateur du mouvement Habad

Le 24 Tevet est une date importante pour la Hassidout Habad. Ce jour là disparaissait le Admour Hazaken, fondateur du mouvement et auteur du Tanya. Des centaines de personnes se sont rendues dans le village ukrainien de Hadiach pour marquer cet anniversaire. 

La Hassidout Habad a pris de l’ampleur : elle est aujourd’hui très active et extrêmement présente dans le monde entier.

Le Rav Chnéour Zalman de Liadi, né le 18 Eloul 5505 (1745) en Biélorussie, alors sous régime polonais, est décédé le 24 Tevet 5573 (1812).

Il a développé très tôt des facultés intellectuelles remarquables, à tel point qu’on le considérait déjà comme un Gaon à l’âge de sa bar Mitsva. Devenu le disciple fervent du Maguid de Mezeritch, il a suivi son enseignement et après sa disparition, s’est mis à défendre l’enseignement du Baal Chem Tov, fondateur de la Hassidout.

Le Admour Hazaken a rédigé en 1796 le Tanya, livre de base du système de pensée Habad. Cet ouvrage essentiel sert de guide aux Hassidim de ce mouvement, leur indiquant comment mener leur vie religieuse et servir le Créateur. Il s’agit du premier ouvrage hassidique présentant de façon systématique les principes élémentaires de la Hassidout.

Le Rav Chnéour Zalman a été le premier d’une dynastie de rabbins prestigieux qui ont pris la tête du mouvement Loubavitch jusqu’à la disparition en 1994 du Rav Menahem Mendel Schneerson zts’l, décédé à l’âge de 92 ans. Il était le gendre du Rabbi précédent, Rav Yossef Itshak Schneerson.

Claire Dana-Picard pour www.chiourim.com

20 Tevet : Hilloula du Rambam

Cette année le 20 Tevet tombe mercredi 18 janvier 2017

 

Fils de Maïmon ben Yossef HaDayan, Issu d’une longue et illustre lignée de rabbins et juges, que certains n’hésitent pas à faire remonter jusqu’à Rabbi (lui-même réputé de lignée davidique), il naquit à Cordoue. Le fait que sa date de naissance soit connue au jour près (encore qu’un doute subsiste sur l’année, 1135 ou 1138), ainsi que celle de son décès est indicateur de la réputation qu’il avait acquise de son vivant. Il perdit sa mère en jeune âge.
Vers l’âge de 13 ans, il fut contraint à l’exil lors de la prise de Cordoue par les Almohades. Ceux-ci contraignaient effectivement à la conversion ou l’exil. La famille Maïmon émigra vers le Maroc, où le jeune Moïse s’instruisit en sciences juives et profanes. Il lut Aristote, Hippocrate et bien d’autres et prit connaissance des écrits d’Averroès à la fin de sa vie. La légende veut qu’il se soit brouillé avec son père, désespéré par son désintérêt affiché pour les études religieuses, avant de reparaître, voilé par son talith, faisant un magistral sermon lors du Shabbat avant de se réconcilier avec son père, vaincu par l’émotion et la maestria dont faisait preuve son fils. S’il s’agit bien d’une légende, inspirée de la biographie de Rabbi Akiva rapportée dans le Talmud, il est probable que son intérêt pour les sciences philosophiques en soit à l’origine. Cependant, le Talmud lui-même ne rapporte-t-il pas : « La croyance des nations (idolâtres), ne la crois pas, la sagesse des nations, crois-la » ?

 

Cependant, le Maroc devint rapidement lui aussi le théâtre de disputes sur fond d’intolérance religieuse, et la famille Maïmon dut émigrer en Terre d’Israël. C’est là que mourut le Rav Maïmon en 1170, après avoir encouragé sa famille à descendre en Égypte, où Maïmonide fut prié par toutes les communautés de devenir leur rabbin. Il n’avait que quarante-deux ans, mais le Karaïsme dominait en Égypte, et seul un homme de sa stature serait capable d’y faire face.

A la mort dans un naufrage de son frère David, dont le commerce de perles assurait leur subsistance, il refusa de « se faire une couronne de la Torah », et exerça la médecine pour subvenir à ses besoins. Son cabinet était ouvert à tous, juif, chrétien, musulman, riche ou indigent. Il parvenait encore à donner de magistrales leçons de philosophies, suivies de tous, et des cours d’études sacrées. Il devint rapidement médecin attitré du secrétaire de Saladin, ce qui lui valut autant d’inimitiés des médecins égyptiens que de membres de la communauté juive qui le soupçonnaient de vivre comme un converso.

Cette assertion, aussi fausse que ridicule, provient de ses rivaux, mais aussi de son disciple préféré, Joseph ibn Aqnin (auquel Maïmonide destina le Guide des égarés). Joseph avait transitoirement feint d’embrasser l’islam, avant de fuir, et de se rendre en Égypte, où il trouverait refuge auprès d’un érudit réputé nommé Moussa bin Maimun. Bien qu’il n’y ait pas eu de mauvaise intention de sa part, il est fort probable qu’il porta une grande créance à cette hypothèse, y donnant par là même beaucoup plus de crédit.

Par ailleurs, dans son Épître aux Juifs du Yémen, Maïmonide écrit effectivement qu’il n’y a ni honte ni disgrâce à se convertir sous la contrainte, et que mieux vaut un Juif converti mais vivant, pour autant qu’il continue à pratiquer sa religion en secret, qu’un Juif mort. Quant à Maïmonide lui-même, sa personnalité était trop forte, et son prestige trop grand pour qu’il dût y recourir : le Roi Richard lui-même souhaita l’attacher à sa cour, offre que Maïmonide déclina.

Il mourut à Fostat, mais fut enterré à Tibériade, aux côtés de son père.

Sa première grande œuvre fut le Commentaire sur la Mishna. En théologie, il est notamment l’auteur du Mishné Torah, ouvrage monumental rédigé en hébreu dans une langue pure, et non en arabe ou en araméen comme il était d’usage, et destiné à remédier à la dispersion millénaire des règles de la pratique juive (Mishna). Son œuvre dans ce domaine constitue encore le socle de la loi rabbinique.

Comme philosophe, il introduisit la logique aristotélicienne dans la pensée juive et ouvrit des pistes dans les domaines de la psychologie et de l’éthique. Mais son apport essentiel consiste en une conciliation de la science et de la religion qu’il expose dans son Guide des égarés écrit cette fois en arabe. Maïmonide estime que la recherche sans préjugés de la « vérité scientifique », loin d’exclure Dieu, amène à mieux connaître sa perfection – pensée que l’on retrouve d’une certaine manière chez un autre Cordouan musulman, Averroès.

 

hassidout.org/sj

Le souci de l’autre

Veiller ardemment au bien-être de son prochain fut l’une des préoccupations majeures de Moïse, le premier dirigeant du peuple juif.

C’est ce que nous lisons dans l’un des versets les plus emblématiques de notre paracha (Exode 2,11). Moïse est le témoin de l’oppression répétée contre l’un de ses frères. Il intervient alors pour le sauver, nous donnant par là même une extraordinaire leçon d’humanisme.

Reprenons le texte : « Ce fut lorsque Moïse grandit, il sortit vers ses frères, il vit leurs souffrances, il vit un homme égyptien qui frappait un homme hébreu de ses frères… Il frappa alors l’Égyptien. »

La compassion de Moïse envers l’un de ses frères n’est pas un simple détail de sa vie. C’est la première information que la Torah nous rapporte à son sujet. Elle a donc une valeur exemplaire. Elle est comme un fondement de son existence, une attitude qui marquera la suite de sa vie en tant que dirigeant du peuple juif.

En dépit de son confort

Les commentateurs soulignent dans ce verset trois points qui méritent notre attention parce qu’ils défient toutes les normes. Tout d’abord le fait que Moïse grandit, ensuite le fait qu’il sortit vers ses frères et enfin, le fait qu’il vit leurs souffrances. Sur les mots « Moïse grandit », Rachi explique qu’il faut lire cette expression dans le sens d’une promotion sociale : le Pharaon l’avait nommé intendant de son palais !

Le détail est remarquable pour la suite. Moïse occupe un poste important dans le palais royal égyptien et malgré son statut  social, il va œuvrer pour ses frères. Non pas pour voir les fautes de ses contemporains qui les ont conduits en esclavage mais pour  s’inquiéter  de leurs souffrances ! Il va quitter son univers de tranquillité pour sauver un autre  juif qui ne se distingue par aucune qualité particulière. Pour un seul homme, il va mettre sa vie en danger.

Des brebis égarées

Cette scène est porteuse d’une richesse humaine extraordinaire. Lorsqu’un juif se trouve dans le palais du roi, c’est-à-dire dans l’aisance matérielle et spirituelle, il se doit de sortir à l’extérieur pour chercher des frères éloignés. Quand un juif est frappé par un Égyptien (symbole du penchant au Mal qui l’éloigne de la Torah), pouvons-nous rester indifférents à sa détresse ? Certains diront qu’il n’existe aucune obligation de sortir de son propre univers  pour un juif trop éloigné. De toute façon celui-ci risque de rester indifférent. Pour battre en brèche cette attitude, la Torah affirme que c’est précisément Moïse qui alla à la rencontre des brebis égarées. Le plus grand prophète d’Israël s’intéressa à un individu  sans valeur apparente. De  plus, il mit sa vie en danger pour lui ! Dieu le désignera  plus tard comme le dirigeant d’Israël pour une autre action similaire.  Quand Moïse faisait paître le troupeau de son beau-père, un jeune agneau s’échappa du troupeau. Moïse partit alors le rechercher et le retrouva buvant l’eau d’une source. « Je ne savais pas que tu t’étais enfui parce que tu avais soif ! », s’exclama-t-il. Il le chargea alors sur ses épaules et le ramena au troupeau. D.ieu dit alors : « Tu as eu pitié d’un jeune agneau de ton troupeau ! C’est la preuve que tu es digne de conduire Mon troupeau, Israël. » Le jeune agneau, c’est  le Juif qui s’est éloigné du peuple. Qui va le chercher ? Moïse en personne. Parce que même le plus petit individu recèle en lui une valeur intrinsèque qui peut le hisser au niveau du plus grand érudit.

RAV YAACOV SPITEZKI

 054 23 99 791

SHORASHIM

Le centre pour les étudiants francophones

Université Hébraïque de Jérusalem

Indiquer un appartement octroie-t-il commission d’agent ?

Question : Eli, un touriste français, de passage en Israël, rencontre une ancienne connaissance, Acher,  lui, installé à Ashdod depuis longtemps. Il lui fait part de son projet de s’installer dans cette même ville et il cherche à cet effet, une maison privée. Il lui décrit le bien qu’il souhaiterait acheter. Acher lui pointe du doigt une villa au bout de la rue et lui dit qu’il est sûr qu’elle fera l’affaire. Eli la visite et effectivement, il l’aime depuis le premier instant. Il conclue l’affaire et il en fait part à Eli qui lui souhaite mazal tov mais au passage lui demande aussi son dû ! En effet, il sait de source sûre qu’il faut lui régler une commission d’agent immobilier, car ce même cas s’est déjà présenté avec son voisin du dessus, et les Dayanim lui ont donné gain de cause. Il assure à Eli qu’il n’est guère besoin d’aller au beth dine pour vérifier et que n’importe qui, connaissant un peu de halakha le lui confirmera. Eli insiste et ils se rendent en toute cordialité au beth dine. Eli en sort acquitté ! Acher (et Eli aussi) désirent comprendre qu’est-ce qui justifie cette différence dans la halakha. Est-ce une divergence de point de vue entre les dayanim ou bien les touristes français ont-ils un régime particulier ?

Réponse : En effet dans ce cas il faut admettre qu’il y a préférence pour les touristes et pas seulement les français. Remontons aux sources : Le seul fait de montrer un appartement ou d’amener des clients dans un magasin ou un restaurant etc. comme le font certains commerces à l’aide de rabatteurs, donne droit à une rémunération. Voir à ce sujet le commentaire du Gaone de Vilna (13) sur le Chouklkhan ‘Aroukh Hochen Michpat (185), dans lequel il établit cette règle. Tout celui qui rend un service normalement rémunéré, doit être lui aussi rémunéré même s’il n’a pas demandé à l’être ou même si personne ne lui a demandé de le rendre. La source est le Talmud Baba métsia (101, A) : celui qui plante des arbres dans un terrain destiné à cet effet doit être normalement rémunéré (et non à la baisse) par le propriétaire du terrain.

La particularité de ce commentaire du Gaone de Vilna est qu’il tranche au sujet d’une controverse des décisionnaires dans ce passage du talmud. En effet, selon certains on ne pourra exiger une rémunération si le service n’a pas augmenté la valeur de la chose ou  du terrain, tels des arbres ou le terrain qui est maintenant labouré et vaut plus cher dans cet état, etc. Quand on rend un simple service virtuel, même si d’autres exigent une rémunération avant de le rendre, quand l’acte a été fait sans concertation préalable, il n’y a pas lieu de demander un paiement. C’est l’avis des Tossafote et du Roch (Baba métsia 101), et c’est ainsi que l’a commenté Ma’hané Efraïm (nizké mamone 2) et Helkat Yoav (hochen 9) qui a retenu cet avis. (Voire aussi à ce sujet birkat Chmouel Baba métsia 26 au nom de rabbi Hayim Brisker).

Dans notre cas, montrer un appartement n’est donc pas une matière ou un travail qui, comme quelque chose investi dans un terrain, augmente sa valeur. C’est un service virtuel et selon les Tossafote, il n’y pas lieu de demander un paiement si cela n’a pas été convenu au préalable.

Mais la halakha va plus loin. Car il faut savoir que même selon les Tossafote, il y a aussi lieu de payer un salaire de rabatteur dans certains cas. En effet, Rachba (Téchouvote T4, 125) explique que le fait d’avoir établi une habitude entre les commerçants pour les rabatteurs de recevoir un pourcentage quand ils amènent des clients dans les magasins fait que le silence devient éloquent ! En effet, même s’ils ne le disent pas en rentrant au magasin, ni au propriétaire du magasin ou au vendeur, c’est évident qu’ils s’attendent à être payés et c’est comme s’ils l’avaient dit tout haut. Il y a donc un contrat tacite entre les deux parties et personne ne peut dire qu’il n’a pas compris puisqu’il s’agit d’une règle bien établie.

En vertu de cela, même si l’on se base sur ce responsa de Rachba, Eli qui est français, ne comprend pas ce silence et ne sait pas qu’en Israël, c’est un us bien établi que ‘’certains’’ demandent à être rémunérés quand ils indiquent un bien immobilier. On ne peut donc établir que le silence d’Acher était ‘’éloquent’’ puisqu’Eli ne le comprend pas et il n’y a donc pas eut de contrat tacite.

D’autre part on ne va pas appliquer l’avis du Gaone de Vilna et considérer un service virtuel rendu comme quelqu’un qui plante des arbres dans un champ à l’insu de son propriétaire, car les Tossafote ne sont d’accord. La règle étant  hamotsi mé’havéro alv haréaya, afin de sortir de l’argent, il faut apporter des preuves irréfutables et acceptées unanimement.

Acher a effectivement reçu une prestation pour le même événement mais parce que son voisin était israélien et qu’il n’était pas sensé ignoré cette habitude. Les Dayanim ont donc considéré qu’il y avait un contrat tacite entre les deux même si Acher ne l’avait pas évoqué, au même titre que les rabatteurs évoqués dans les téchouvote du Rachba précédemment citées.

(Il faut savoir qu’il y aurait eut, éventuellement, une autre base selon la halakha pour étayer la demande de rémunération d’Acher. En effet, Eli a profité de ce renseignement et cela a une valeur dans le marché. Mais Ma’hané Efraïm (Id.) établit selon  l’avis des tossafotes (‘Houlin 131) que l’on ne doit pas payer pour une jouissance si elle aurait pu être évitée ou obtenue gratuitement (ou si à moindre coût alors on devra selon ce qui aurait été dépensé). C’est la règle de ‘’michtarché lé’’ Dans le cas d’Eli, il n’était pas obligé de passer par un agent immobilier car plusieurs sites de particulier à particuliers la proposaient.)

Rav Yossef Simony

 

05-832-43-832.

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L’asymétrie et la vie

Il y a peu de temps, une collègue m’a indiqué le site internet d’une artiste habitant à Jérusalem. Une phrase a attiré mon attention de façon particulière : parlant d’art Juif, cette artiste a indiqué comme élément central la symétrie. Mais de quoi s’agit-il ?

Des notions de symétrie apparaissent très tôt, dans les premières années d’école primaire. Toutefois, le mot symétrie en français est en général compris de la façon suivante. Considérons une figure plane, elle a un axe de symétrie si lorsqu’on la replie le long de cet axe, les deux parties se recouvrent parfaitement. Elle  peut présenter plusieurs axes de symétrie, comme la Figure 1 qui en a six (nous en montrons trois, cherchez les autres)

Figure 1

En fait la figure 1 reste inchangée si on la fait tourner d’un sixième de tour, disons dans le sens des aiguilles d’une montre. Certains parlent ici d’une symétrie de rotation.

Si nous nous intéressons non plus à des figures planes, mais à des figures ou à des objets en 3 dimensions, on retrouvera ces sortes de symétries, parfois non pas avec un axe de symétrie, mais avec un plan de symétrie comme un avion.

L’artiste que j’ai citée au début a probablement raison. Pensons à tous les objets dits de culte que nous utilisons couramment : gobelet de kiddouch, chandelier de Chabat, service à Havdala, etc. Dans la plupart des cas, la symétrie règne sous plusieurs formes. On retrouve cela à des échelles bien plus grandes : la rosace au fronton d’une synagogue (Figure 2), la synagogue elle-même, avec la Teba alignée sur l’Aron Kodesh, avec un plan de symétrie qui passe au milieu de la Teba. Un exemple frappant est la grande synagogue de Budapest (Figure 3), avec deux chaires sur les côtés, alors qu’une seule aurait suffi !

Figure 2

 

  Figure 3

De nos jours, on a vu apparaître de plus en plus d’objets asymétriques, comme le gobelet de kiddouch  de la Figure 4 :

Figure 4

On rencontre aussi des rideaux de Aron Kodesh au dessin « moderne », c’est-à-dire asymétrique. Cherchez sur internet, vous en trouverez de nombreux exemples.

Quelle caractéristique particulière a le gobelet de la Figure 6 ? Regardez bien: une feuille sur une tige. Alors qu’un gobelet, en métal ou en porcelaine ou autre, est quelque chose d’inerte, la tige et sa petite feuille donne un aspect plus vivant. Nous touchons à un point important. Regardez n’importe quelle créature vivante, elle n’est jamais parfaitement symétrique. D’après les canons classiques de la beauté, hérités des Grecs, on pense qu’un beau visage est symétrique. C’est vrai jusqu’à un certain point. Le vivant présente en général une asymétrie : un arbre, une sole avec ses deux yeux du même côté, le corps humain (le cœur est en général à gauche, ce qui entraine obligatoirement une asymétrie des poumons, le foie est à droite, même les mains ne sont pas parfaitement superposables).

Le Rav Its’hak Ginzburg enseigne qu’en Hébreu le mot qui désigne la symétrie est חן. Pour preuve, il apporte le verset ונח מצא חן, ou les lettres de נח et de חן  sont les mêmes, en miroir. C’est ce qui exprime l’harmonie régnant entre D. et Noé. Et pourtant, il y a une petite asymétrie, selon que la lettre נ est en début ou en fin de mot, là elle s’écrit ן.  La symétrie n’est pas parfaite. Nous ne sommes pas l’image miroir de D., mais Ses créatures.

Le Bet Hamikdash lui-même est symétrique, mais seulement en gros. La Menora est au Sud, la Table (pour les pains de préposition) est au Nord. Le plan incliné pour monter sur l’autel extérieur est au Sud. Les forces de vie provenant d’En haut entrent ici-bas via le Bet Hamikdash, il y a donc obligatoirement quelque part rupture de symétrie.

La position de la Tefila de la tête est bien centrée, mais celle de la main est d’un côté seulement. Nous accomplissons les mitsvot de préférence de la main droite. Nos Sages nous enseignent que la droite symbolise le חסד (la Bonté), alors que la gauche symbolise le  דין (la Rigueur). L’asymétrie est profonde, mais doit être surmontée. Le Rabbi de Kotsk disait que lorsqu’on tape dans les mains, on introduit de l’amour entre la droite et la gauche.

Pr Noah Dana-Picard

Visitez le site : http://www.jct.ac.il/cemj

 

A L’ORIGINE

Dans la paracha Vayigach, nous lisons comment Yossef, vice-roi d’Egypte, révèle à ses frères sa véritable identité. Pressé de retrouver son père, il leur demande de le faire venir en Égypte. Quand il arrive dans ce pays, Yossef le présente au Pharaon et là, le patriarche le gratifie d’une bénédiction surprenante dont le contenu  a troublé de nombreux commentateurs…

« Yaavov bénit le Pharaon puis se retira » (Genèse 47, 10).  Reprenant les premiers mots de ce verset, Rachi nous révèle le contenu de sa bénédiction : « Les eaux du Nil monteront à ses pieds car l’Égypte ne reçoit pas d’eau de pluie. C’est le Nil qui arrose ce pays grâce à ses crues et chaque fois que le Pharaon se présentait devant le Nil, ses eaux montaient et irriguaient le pays ».

Ce commentaire de Rachi a laissé un grand nombre de nos Maîtres dans la perplexité. Comment Yaacov a-t-il pu bénir Pharaon et renforcer de la sorte, l’idole de tout un peuple ? On sait, en effet que le Nil était l’idole de l’Égypte puisque ce fleuve était devenu la source de vie des Égyptiens.

ENTRE LE CIEL ET LA TERRE

Pour comprendre le sens particulier de cette bénédiction, il faut revenir sur la différence qui existe entre la terre d’Israël et la terre d’Égypte. Alors que la prospérité de la terre d’Israël ne dépend que de la pluie du ciel, l’Égypte n’est abreuvée que par le Nil. Pour expliciter cette distinction, les Rabbins  du Midrach expliquent que cette dépendance nous oblige à lever constamment les yeux vers le ciel et reconnaître ainsi l’origine de notre gagne-pain.

Bien plus, cette conscience permanente de l’origine de toute chose, est un précieux garde-fou contre l’orgueil.  Avant de se mettre à labourer son champ et semer, même dans l’opulence, le paysan doit être conscient qu’il a constamment besoin de l’aide divine

Cette attitude n’est absolument pas celle des Égyptiens pour lesquels le règne de la nature est  seul tout puissant. Leurs yeux sont alors dirigés vers le sol, plus exactement vers le Nil. C’est ainsi que peu à peu ils en viennent à penser qu’ils peuvent se passer de D.ieu.

LE PHARAON INTERIEUR

À présent, il est possible de comprendre, le sens profond la bénédiction de Yaacov. En bénissant le Pharaon, Yaacov voulut affaiblir la force du Nil en tant qu’idole et montrer que toute la création ne dépendait que de D.ieu (par la bénédiction de Yaacov).

À première vue, le fleuve nourrissait l’Égypte mais subitement les Égyptiens prirent conscience de l’origine véritable de leur subsistance.

Au second degré, ce bouleversement nous offre un enseignement dont la portée touche chacun d’entre nous. Le Pharaon, dont il est question ici, est un personnage historique mais c’est aussi un symbole. Celui de l’idolâtrie qui sommeille en chacun d’entre nous. Nous avons tous un Pharaon intérieur, une Égypte miniature. Ils nous font oublier, à chaque détour de l’existence, que chaque centime que nous gagnons ne dépend en vérité que des bienfaits de la Providence divine. Nous pourrions lever les yeux au ciel mais la gloire, la richesse et la jouissance de ce monde alourdissent nos paupières et obscurcissent notre horizon. Pour le rendre plus lumineux, un seul moyen existe : l’étude de la Torah. Mais pas n’importe laquelle. Une étude constante, régulière et profonde. Elle seule, permettra de rester constamment branché sur l’Infini. D’ailleurs,  l’allusion est présente ici puisque c’est Yaacov qui nous donne cet enseignement. Or, on sait que des trois patriarches, Yaacov symbolise l’étude de la Thorah.

RAV YAACOV SPITEZKI

Israël : 054 23 99 791

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Comment définir la Gueoula ? Par Rav Oury Cherki

Dans le premier chapitre de son livre ‘Netsah’ Israël’, le Maharal de Prague définit la Gueoula par rapport à l’exil, restant fidèle à son enseignement sur l’union des contraires : on ne peut comprendre une notion que l’on veut définir qu’en connaissant son contraire, de la même façon que le noir permet de définir le blanc et que le mal permet de comprendre le bien. Le Maharal décrit l’exil comme une situation caractérisée par trois composantes : la sortie du lieu naturel – la terre d’Israël -, la dispersion parmi les nations et l’asservissement à un autre peuple. Et à partir de cela, la situation de Gueoula, contraire à l’exil, se caractérise par trois composantes : le retour, le rassemblement, et l’indépendance politique. Il faut d’ailleurs noter qu’on ne trouve, dans la définition de l’exil et de la Gueoula, aucun élément spirituel.

La Délivrance est politique, à l’inverse du christianisme qui considère la Rédemption comme un événement spirituel et mystique au cours duquel l’âme est libérée de l’impureté des fautes et de l’enfer éternel.

Le judaïsme n’a pas d’inquiétude pour le sort de l’âme étant donné qu’il est écrit : ‘Tout Israël a une part dans le monde futur’ (Sanhedrin chap. 10, 41). Le judaïsme rejette toute idée d’une divinité hostile envers l’homme et souhaitant se venger de lui. L’homme a justement pour mission véritable de réparer ce monde. Et comme le principal levier qui enclenche les processus historiques dans ce monde est la politique, Dieu a confié à Abraham une mission politique dans son essence : un peuple (dans le sens d’une nation) dans les frontières d’un pays donné, c’est-à-dire la création d’un Etat.

Sur la base des événements qui accompagnent la Gueoula se produisent des processus spirituels de repentir, de paix mondiale, de retour de la prophétie, de reconstruction du Temple, etc. Mais ce sont les conséquences de la Gueoula, non pas la Gueoula elle-même. Une discussion très vive a opposé Rabbi Eliézer et Rabbi Yeoshoua (Sanhédrin 97, 2 et 88, 1) sur la question suivante : la Gueoula dépend-elle du retour aux traditions (Techouva) du peuple d’Israël ou non ? Quelle que soit la réponse, le fait de présenter ainsi la question prouve que, de tous les avis, la Gueoula n’est pas la Techouva mais un processus qui lui est parallèle.

Dans le système des fêtes que nous a donné la Tora, Pessah, où nous célébrons la délivrance de 600 000 idolâtres d’Egypte, est séparée de Shavouoth, qui marque le don de la Tora. Même si le compte du Omer établit un lien entre les deux fêtes, la Tora n’a pas fait dépendre la fête nationale de Pessah de celle d’une fête de Shavouoth toranique, mais au contraire, il ne pouvait y avoir de don de la Tora sans la sortie d’Egypte. Même si un Pharaon éclairé avait accordé une liberté de culte en Egypte, cela n’aurait pas été la Tora d’Israël étant donné qu’il n’y n’avait pas l’infrastructure d’une indépendance politique rendant possible la grande vision exprimée dans le verset : « Et seront bénies par toi toutes les familles de la terre ».

 

Rav Oury Cherki

Traduit de l’hébreu par Claire Dana-Picard

Rav Eliahou Marciano:  »Etre le gardien de notre patrimoine »

Le Rav Eliahou Marciano s’est fixé comme mission de recueillir et de transmettre ce qui fait le patrimoine traditionnel des Juifs d’Afrique du Nord. LPH vous propose de découvrir ce personnage et son œuvre.

 

Bercé par les traditions

 

Le Rav Eliahou Marciano est né à Debdou, dans l’est du Maroc, près de l’Algérie. Enfant déjà, il est exposé non seulement au judaïsme marocain mais aussi à celui de l’Algérie puisque son père y exerce comme enseignant et sho’het dans plusieurs communautés.  »Je suis imprégné par la communauté où je suis né mais aussi par le judaïsme algérien », nous dit-il.

Le judaïsme algérien, il le décrit comme étant très attaché aux traditions mais assez éloigné de l’étude:  »L’influence de la colonisation française s’est beaucoup faite ressentir dans ces contrées. Il y avait des talmudé Torah et même une école rabbinique à Alger, mais dans l’ensemble les Juifs algériens n’étaient pas toraniques ». En revanche, il insiste beaucoup sur le fait que pour ces derniers la préservation et la perpétuation des traditions sont demeurées primordiales.

 

Perpétuer les œuvres de nos Sages

 

Le Rav Eliahou Marciano étudie à la yeshiva en France, puis il fait son alya au lendemain de la Guerre des Six Jours.  »J’ai reçu le diplôme de Rav mais je n’ai pas voulu exercer en tant que Rav de quartier. J’ai tenu à agir pour sauvegarder nos traditions que je sentais menacées », nous raconte-t-il. Il commence alors des recherches titanesques pour recenser les Grands Sages d’Algérie et pour perpétuer le souvenir de la communauté qui l’a vu naître, Debdou.

L’un de ses ouvrages phares est celui, intitulé en hébreu  »Mal’hé Yeshouroun » et traduit en français sous le titre:  »Les Sages d’Algérie ».  »Ce recensement a demandé quatre années de travail intensif. Dans cette encyclopédie, sont inscrits plus de 930  érudits d’Algérie ».

Ce recueil a suivi l’exemple de ceux déjà publiés sur les Grands Sages du Maroc et de Tunisie. Il paraissait indispensable au Rav Marciano de montrer que l’Algérie avait aussi porté des grands en Torah.  »Le judaïsme d’Afrique du Nord ayant été totalement déraciné, il est fondamental de rappeler ces personnages et leurs œuvres. Nous constatons que notre patrimoine se perd, parce que nous vivons dans une société qui veut faire une  »salade » de toutes les traditions. Nous risquons ainsi de perdre nos racines ».

 

Vivre ensemble avec de solides racines

Le Rav Marciano dit comprendre ce besoin de rassembler et de ne pas construire de remparts entre les communautés.  »Mais nous devons être vigilants pour que nos racines restent solides. C’est une mitsva pour les parents de raconter les minhaguim à leurs enfants et de les perpétuer à la maison, à la synagogue ».

D’ailleurs, le Rav nous informe que le Shabbat Vaye’hi, se déroule, comme chaque année, ce que la tradition, répandue en Algérie, appelle  »Shabbat Birkat Hashevatim ».  »Lorsque l’on arrive à la bénédiction donnée à Yehouda, ce passage est lu en hébreu, en araméen et en judéo-arabe. A Alger on le traduisait même en français. On chante avant la montée à la Torah et à l’issue de l’office on offre un kiddouch avec un Dvar Torah sur les messages des bénédictions contenues dans la paracha ».

Il nous invite à venir partager cette tradition dans la synagogue Zohar Mihal de Har Homa ou de la faire revivre chacun dans son lieu de prières.

 

Pour se procurer l’ouvrage  »Malhé Yeshouroun »:

www.wslibrary.net

02-537-22-65

 

Photo: World Sephardic Library

 

Guitel Ben-Ishay

Et quand le Rav répond

Question :

Cher Rav, est-il permis d’utiliser les résidus d’huile et de mèches d’un jour sur l’autre pour l’allumage des Nérot de H’anouka? Et d’autre part, que convient-il de faire de ce qui reste d’huile et de mèches à l’issue du huitième jour de  H’anouka?

 

Réponse:

Durant la fête, il est tout à fait permis d’utiliser les résidus d’huile et de mèches d’un jour sur l’autre et par exemple de garnir le troisième jour les godets avec ce qui reste d’huile et de mèche du deuxième jour. Plus encore, si les Nérot se sont éteintes après la durée normative d’une demi-heure durant laquelle elles doivent rester allumées pour  que l’on soit quitte de la Mitsva, il est même possible, en prenant la Halakha au pied de la lettre, de faire un usage profane de ce qui reste d’huile, par exemple en assaisonnant une salade (Choulh’an Aroukh chap.672 § 2).

Concernant l’huile que vous récupérez  dans les godets après que les Nérot du huitième jour se soient éteintes, le problème qui se pose est le suivant: d’une part il est impossible de l’utiliser pour l’allumage du lendemain dès lors qu’il n’existe pas de neuvième jour de H’anouka, de même qu’il est interdit de l’utiliser, selon décisionnaires, pour allumer les Nérot de Chabat, puisque cette huile avait déjà été consacrée à l’allumage des Nérot de H’anouka. Mais d’autre part, en faire un usage profane est problématique. En effet, de deux choses l’une: soit cette huile provient d’un Ner s’étant éteint avant que la durée d’une demi-heure se soit écoulée et elle est alors considérée comme consacrée et de ce fait interdite à tout usage profane; soit il s’agit d’une huile provenant d’un Ner s’étant éteint après être demeuré allumé durant une demi-heure, et dans ce cas, bien que l’on puisse en principe en faire un usage profane, on se l’interdira si l’on veut tenir compte de l’opinion des décisionnaires selon laquelle c’est toute la quantité d’huile que contient le godet qui est considérée comme consacrée et non pas uniquement celle nécessaire au Ner pour qu’il demeure allumé une demi-heure. Ce que recommandent les décisionnaires (ibid. chap. 677  § 4) dans un cas comme dans l’autre, c’est de faire brûler cette huile dans un feu au sein duquel l’on jettera aussi les mèches résiduelles. Il est à noter que le Ariza »l confère à ce brasier une grande importance au plan mystique et recommande de lire pendant qu’il brûle le Psaume 67, celui qui dans certains Sidourim apparaît écrit en forme de Ménora. S’il s’avère impossible de faire disparaître ce reste d’huile par le feu, les décisionnaires (Rav Eliachiv zatsa »l et Rav Nissim  Karlits chlita) recommandent de  s’efforcer tout au moins de le verser dans un fond d’évier ou dans tout autre endroit qui le rendra inutilisable.

Quant à l’huile restant dans la bouteille achetée en vue de l’allumage des Nérot, les décisionnaires stipulent qu’elle n’est pas considérée comme consacrée, elle n’a donc pas à être brulée, et peut être utilisée sans restriction aucune. Ils s’appuient pour ce faire sur le principe (en hébreu: azmana lav milta hi) voulant que le fait de réserver un objet à un usage précis ne prend effet qu’à partir de l’instant où cette réservation se traduit en acte. C’est en vertu de ce principe qu’il est par exemple permis d’utiliser une pochette à Téphilin pour un tout autre usage, même profane, tant que l’on y a encore jamais mis de Téphilin, ou encore qu’il est permis de réciter le Chéma dans des WC n’ayant encore jamais été utilisés en tant que tels.  Or, tel est le cas de l’huile résiduelle contenue dans la bouteille. S’il est vrai que la bouteille d’huile a été achetée en vue de l’allumage des Nérot, seule l’huile utilisée en acte à cette fin sera considérée comme consacrée.

 

Rav Azriel Cohen-Arazi

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De l’huile gratuite pour Hanouka ?

La veille de Hanouka, une caisse de vingt bouteilles d’huile était posée à la vente à l’entrée du bet hamidrach. Le prix annoncé sur la petite boite était de 19 shekels. Avi a décidé de payer le vendeur de façon originale : il a changé le prix marqué de 19 à 20 shekels. Deux jours plus tard, 19 clients avaient payé 20 shekels, ce qui correspondait à la somme entière que le vendeur avait espéré obtenir, et Avi a pris gratuitement la dernière bouteille. Avi peut-il utiliser cette huile de Hanouka sans la payer ? Le vendeur doit il rembourser 1 shekel à chaque acheteur ?

Réponse : Le Némouké Yossef (Baba Kama 9, rapporté par le Rama ‘Hochen Michpat 363;10) écrit : « Réouven a loué sà Chimon une maison à un prix plus élevé que celui du marché. Chimon se rend compte que la maison appartient en réalité à Yéhouda, [Réouven s’étant fait passer pour le propriétaire]. Chimon est en droit de dire à Yéhouda qu’il ne paiera pas pour la période révolue selon la somme fixée [par Réouven] car le contrat est nul [puisque Réouven n’est pas propriétaire] et ce, même s’il a déjà remis l’argent à Réouven. Par contre, s’il a donné l’argent à Yéhouda, ce dernier pourra lui faire savoir qu’il n’avait pas l’intention de louer sa maison pour une somme moins élevée. Dans ce cas, [puisque Yéhouda souhaitait obtenir cette somme-là], Yéhouda pourra garder cet argent ». Il est donc clairement énoncé  que le vendeur ne peut pas garder une somme supérieure à celle qu’il aurait souhaité obtenir, même si l’acheteur était prêt à débourser davantage. Le vendeur doit donc rendre à chaque acheteur la somme d’un shekel. S’il ne retrouve pas tous les acheteurs, il utilisera cette somme pour une cause d’intérêt public, par exemple en achetant des stylos et des feuilles au profit des étudiants de ce bet hamidrach, en espérant que les acheteurs en profiteront (Choul’han Aroukh 366;2 au sujet d’un voleur qui souhaite faire techouva mais ne retrouve pas les victimes de ses larcins). Quant à Avi, il est évident qu’il devra payer le prix de la bouteille qu’il a prise, d’autant plus qu’on a établi que le vendeur doit rembourser la différence à chaque acheteur.

Rav Reouven Cohen

 

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Jérusalem : rénovation d’une voie vieille de 2000 ans

Une partie de la voie empruntée par les pèlerins, à l’époque du Second Temple, entre la ville basse de Jérusalem et le Har Habayit, a été rénovée et inaugurée dans le quartier d’Ir David, près des murailles de la Vieille Ville. Il était utilisé au cours du premier siècle de l’ère vulgaire lorsque le pays était sous occupation romaine. Le long de la voie, pavée de larges pierres, se trouvent encore des vestiges d’anciennes constructions qui abritaient vraisemblablement des magasins et des fabriques où des débris de poteries et des bijoux ont été découverts.

Les serpents, les scorpions et Hanouka

Cette semaine, j’eus l’agréable surprise de recevoir un paquet que je n’avais pas commandé: un livre sur les parachiot, écrit par un ami que je n’avais pas revu depuis de longues années! Nous nous étions rencontrés,  il y a plusieurs décennies, sur les bancs de la fameuse Yechiva de Montreux, alors dirigée par notre Maitre, Rav  Moshé Botchko zatsal. Il dirige aujourd’hui le centre pulmonaire de l’hôpital « Shaaré Tsédek » de Jérusalem où il sauve quotidiennement de nombreuses vies. Or Gavriel vient d’avoir l’excellente et généreuse  idée d’envoyer son livre aux dirigeants actuels des 2 yechivot dans lesquelles il étudia jadis, Rav Shaoul David Botchko de Kohav Yaakov (Montreux a depuis longtemps fait son alya…) et Rav Sabato de Maalé Adoumim et il leur demanda de bien vouloir envoyer gratuitement son ouvrage aux anciens des deux établissements, en signe de reconnaissance pour la Thora qu’il avait apprise chez eux!  Le geste est assez peu commun pour être signalé. Merci donc Gavriel de cet émouvant cadeau.

C’est en parcourant son livre que j’eus ma seconde surprise. Loin d’être un recueil de différents commentaires plus ou moins connus, comme c’est souvent le cas dans ce genre d’ouvrages, le livre de Gavriel présente la précieuse qualité d’être absolument inédit. Les commentaires sont le fruit des réflexions personnelles de l’auteur, obtenues en préparant les divré Thora qu’il délivrait ensuite autour de la table du chabbat.

Ainsi à propos de l’affaire Yossef, il revient sur  l’épisode de la vente lu la semaine passée dans Vayéchev. « Ils le jetèrent dans le puits. Le puits était vide, il n’y avait point d’eau » (37,25).  Gavriel se demande ce que veut nous apprendre le très célèbre midrash cité par Rachi: « si le puits était vide, c’est qu’il n’y avait pas d’eau! Pourquoi donc doit-on préciser explicitement qu’il n’y avait point d’eau? C’est pour t’enseigner que de l’eau, il n’y en avait pas. Mais il y  avait des serpents et des scorpions! » Qu’est-ce que la présence de ces scorpions nous enseigne? Selon toute évidence, le verset  cherchait à relativiser la gravité du geste des frères. Ils ont vérifié qu’il n’y avait pas d’eau avant de le jeter au puits. Ils ne cherchaient donc pas à le noyer. Ils s’étaient probablement laissés convaincre par Réouven qui leur avait demandé de « ne pas commettre de meurtre » (verset 21). Mais le midrash semble renverser la tendance du verset: il n’y avait pas d’eau, certes, mais il y avait des serpents et des scorpions!  Que doit-on en déduire? Qu’ils voulaient quand même le tuer? Pourquoi alors avoir vérifié qu’il n’y avait pas d’eau? Quelle importance si on le tue par noyade ou par le venin des reptiles? A moins de dire qu’ils n’ont pas vu les serpents? Dans ce cas, ils n’ont pas voulu sa mort et le midrash ne nous apprend rien de nouveau!

Gavriel propose l’interprétation suivante. Ils n’ont pas vu les serpents mais ils auraient dû se douter de leur présence, somme toute fort probable, au fond du puits. Si vraiment ils ne souhaitaient pas sa mort, ils auraient dû mieux examiner le puits et ses profondeurs. En fait, ce qui les intéressait, c’était de ne pas commettre directement le crime en le jetant dans un puits rempli d’eau. Mais si d’aventure, des serpents sont cachés dans les interstices, ma foi… Nous aussi, rajoute-t-il malicieusement, nous avons commis une erreur similaire: on a lu le verset sans trop s’y attarder et nous en avons déduit que le puits était complètement vide. Le midrash nous invite à mieux examiner le verset (comme ils auraient dû le faire pour le puits) et à constater la précision inutile « il n’y avait pas d’eau », découvrant ainsi les serpents et les scorpions qui s’y cachent!

Cette explication m’a permis de résoudre une énigme qui me préoccupe depuis longtemps. Ce midrash sur les serpents se trouve dans le traité talmudique de Chabbat (22 a) au beau milieu des passages traitant de Hanouka!  Beaucoup ont tenté d’expliquer, parfois de façon profonde et convaincante, le rapport entre Hanouka et l’affaire Yossef (mais ce n’est pas ici le lieu pour y revenir) et je comprends donc parfaitement pourquoi le Talmud tient à mentionner un épisode de l’histoire de Yossef au beau milieu des pages consacrées a Hanouka.  Mais pourquoi avoir choisi précisément celui-ci ? C’est sans doute que Hanouka est une forme de « réparation » de la vente de Yossef.  Les frères, suggère Gavriel,  se préoccupaient surtout qu’on ne puisse pas les accuser d’avoir tué Yossef de leur main! Que du point de vue de la loi stricte, ils ne puissent être inquiétés! La célébration de Hanouka, elle, est tout entière placée sous le signe du dépassement  de la Loi. Les Makabim veulent à tout prix allumer la Menora avec de l’huile d’olive pure alors qu’il est probable que les circonstances les auraient autorisés à allumer avec de l’huile impure (voir le fameux Pné Yéochoua sur Chabbat 21b)! Nous-mêmes allumons notre hanoukia en augmentant chaque jour le nombre de bougies (« mehadrin min hamehadrin ») alors que la halakha n’exige d’allumer qu’une seule bougie par jour et par famille!

Pour employer une expression populaire israélienne, nous dirions que si les frères de Yossef l’ont joué « rosh katan », nous faisons tout à Hanouka pour réparer leur faute en cherchant précisément à avoir vis-à-vis de la loi, le « rosh » le plus « gadol » possible…

Arrêtez-moi si je dis des bêtises….

Rav Elie Kling

Manitou éclaire la fête des lumières

En novembre dernier, plusieurs événements se sont déroulés, essentiellement à Jérusalem, pour marquer les 20 ans de la disparition du Rav Yehuda (Léon) Askénazi, plus connu sous le surnom de « Manitou ». L’une des caractéristiques qui est apparue au cours de ces célébrations est le fait que la pensée de ce maître du Judaïsme est étudiée aujourd’hui non seulement par les différentes générations d’élèves qui l’ont connu directement, mais également par des personnes qui le découvrent seulement à présent. Mais comment approcher cette pensée à la fois fascinante et complexe ? Cette question se pose non seulement pour les néophytes, mais même pour ceux qui ont étudié avec le Rav Askénazi mais sans pour cela toujours intégrer les notions de base de ses approches, ou qui tout simplement ont besoin d’une « piqûre de rappel » après ces 20 ans écoulés. Pour tous les francophones en mal de découverte ou de redécouverte, Ephraïm Herrera, connu d’autre part pour ces analyses de l’Islam radical, a mis au point une approche intéressante : il a écouté des milliers d’heures de cours et en a extrait un certain nombre « d’étincelles », des passages relativement courts dans lesquels, en quelques phrases, Manitou a résumé une idée, une approche ou une question. De plus, la plupart de ces « étincelles » regorgent de cet humour si particulier du maître qui jonglait entre les mots d’hébreu et les expressions françaises. Un premier volume était paru en novembre 2015, et le second volume vient de voir le jour juste pour la fête de Hanoukka 5777.

Pour éclairer cette fête de Hanoukka, dont le Maharal de Prague expliquait qu’elle est une victoire de l’esprit de sainteté transmis par le Judaïsme contre la volonté de réduire ce monde au niveau de la simple sagesse humaine, les « Etincelles de Manitou » sont un matériel disponible pour tous. Pendant le temps de l’allumage des lumières, chacun peut accompagner les dégustations de beignets par cette nourriture spirituelle, en prenant une ou deux « étincelles de Manitou », et en discutant de leur sens et de leur profondeur en famille ou entre amis. Pour illustrer cette « éclairage » possible de la fête, et même au-delà, nous proposons au lecteur cette « étincelle » extraite d’un cours de 1980 sur la parasha Ki-Tissa :

Il n’y a rien de pire, lors que l’on sait que la manière d’être de l’esprit est à travers le temps, qu’une perte de temps ; c’est de l’assassinat de l’esprit. La perte de temps, de temps de l’étude, de temps tout court, est le crime le plus abominable. Comment disent les français ? « On va tuer le temps ! ». C’est de l’assassinat.

 

Les tomes un et deux d’Etincelles de Manitou sont disponibles sur le site d’Elkana : www.editionselkana.com, ou encore dans toutes les bonnes librairies (en Israël aux librairies Gallia, Vice-Versa et librairie du Foyer).

 

 

 

A l’occasion de Youd Teth Kislev, le président israélien, M. Reuven Rivlin publie une lettre du Rabbi envoyée à son père en 1969

Collive, traduit par Hassidout.org

 

Le président israélien, M. Reuven Rivlin a utilisé les réseaux sociaux, Facebook, pour écrire un message spécial aux membres de la communauté Habad, en les qualifiant de « bénis avec un bonheur contagieux, prêts à apporter la lumière à chaque endroit où ils se trouvent », à l’occasion de la célébration de Youd Teth Kislev.

 

Dans un message public posté lundi soir, M. Rivlin a reconnu que Youd Teth Kislev représentait la rédemption de la Hassidout Habad.

 

« Pour eux, il n’y a pas d’âme qui ne brille pas », a dit M. Rivlin,  » et dans mon cœur, il y a un endroit chaud réservé à Habad » a-t-il ajouté.

 

Il a expliqué que le Rabbi et son père, le professeur Yossef Yoel Rivlin, qui était un savant en langues sémitiques, avaient correspondu.

 

Pour rendre hommage à cette journée spéciale, M. Rivliin a posté une photocopie d’une lettre du Rabbi, envoyée à son père en 1969.

 

« Hag Sameah, chers Habadnikim », a conclu le Président dans son message.

 

Le ministre israélien de l’Intérieur, M. Aryeh Deri a également écrit un message public pour remercier le mouvement Habad pour son dévouement au peuple juif dans le monde entier.

 

« Ce jour qui se produit à la veille de Hanouccah symbolise l’esprit juif qui brise et surmonte toutes les limites », a écrit le chef du parti Shas.

 

« C’est cet esprit spécial que les Hassidim Habad apportent à tous les juifs du monde, même les plus éloignés », a écrit M. Deri pour terminer par un Lehaïm Hassidim ».

 

 

Hassidout.org

Déshériter un enfant

Les Levy n’ont que deux filles : Hannelle et Ditsa. Hannelle a toujours été aux côtés de ses parents alors que Ditsa les a complètement abandonnés et se conduit envers eux avec un grand mépris. Mr Levy voudrait la déshériter, mais il se demande quel est l’avis de la Thora.

Réponse : le Talmud (Baba Batra 133b) et le Choulhan Aroukh (‘Hochen Michpat 282) écrivent : « Celui qui distribue ses biens à autrui en délaissant ses héritiers, même si ces derniers se conduisent mal envers lui, éveille contre lui la colère des Hakhamim. Ceci est valable même s’il cède la part d’un enfant à son frère qui est sage et vertueux. » Le Rama ajoute : « Pour celui qui a demandé qu’on fasse le mieux possible avec ses biens, on les donnera à ses héritiers puisqu’il n’y a pas mieux à faire que cela ». Le Yerouchalmi dit qu’une malédiction repose sur les ossements du défunt qui a déshérité son enfant. La raison citée par le Talmud est que même si l’héritier se comporte mal, il pourra engendrer un fils tsadik qui profitera un jour de l’héritage familial. Il faut savoir qu’il existe quelques exceptions à la règle, en l’occurrence si l’héritier renie sa religion. C’est ainsi que Le Mahané Yehouda (282) explique le comportement de Avraham avinou qui a accordé tous ses biens à Yitshak au détriment de Yichmael.  Selon Rachbam (idem.), il est même interdit de simplement agrandir la part d’un enfant au détriment du second. Par contre, le Ktsot Ha’hochen rapporte l’avis du Tachbets disant que le problème ne se pose pas si on laisse la somme de quatre zouz à son héritier. Rav Yossef Karo semble retenir cet avis dans son livre Avkat Rokhel (92). Rav Moché Feinchtein (Igrot Moché 2,50) considère que cette somme de quatre zouz doit être substantielle ; il l’évalue à son époque (en 1966) à mille dollars. Dans une autre réponse, il recommande de laisser un cinquième des biens à son héritier, probablement à titre de conseil sans obligation. Les grands décisionnaires de la dernière génération se sont appuyés sur le Tachbets seulement dans le cas où s’ajoute à cela une mitsva ou une autre raison, telle qu’un enfant talmid hakhamdans le besoin (Yabia Omer) ou le désir d’avantager sa femme ou ses filles à marier (Min’hat Yitshak T3 135,16; Igrot Moché). Dans le cas de la famille Levy qui n’a pas de garçon, les filles sont héritières d’après la Thora. L’interdiction de déshériter devrait s’appliquer dans son cas aussi. Cependant, le Itour affirme que cette halakha s’applique seulement si le défunt a laissé des fils. Bien que le Choulhan Aroukh n’ait pas retenu cet avis, nous pourrons le joindre au Tachbets pour permettre d’avantager une fille au détriment de sa sœur (Minhat Yitshak T3 135,16 au sujet d’un enfant adopté par des parents qui n’avaient que des filles). Mais rappelons que le Igrot Moché écrit que cette permission n’est valable que si on a l’intention d’avantager une personne ; elle n’est pas justifiée quand on veut en déshériter une autre.

Mr Levy n’a donc pas le droit d’agir dans l’intention de punir Ditsa ; mais s’il veut toutefois sincerement récompenser Hannelle, il pourra le faire en laissant Ditsa hériter une somme minimale de l’ordre de 2000 euros (cela me semble correspondre aux 1000 dollar des années 60) et en établissant un testament (évidemment conforme à la halakha) en faveur de Hannelle.

Rav Rèouven Cohen

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HANOUCA : ETRE OU AVOIR

Pourquoi y a-t-il quelques plutôt que rien ? Pourquoi y a-t-il de la lumière et pas seulement de l’obscurité? Ces questions et d’autres encore sont le fruit de la réflexion des philosophes et en fait de chaque être humain.  Les Grecs ont excellé dans la philosophie. Les Juifs aussi. Mais Israël est avant tout le messager de la Parole divine révélée au Sinai.

Hanouca, la fête des lumières, est riche en enseignements. Les thèmes auxquelles elle fait référence sont universels : la recherche du sens, la lumière, l’harmonie, un monde meilleur, le Tikun HaOlam –« comment refaire le monde ».

Effectivement, deux métropoles, deux civilisations, deux façons de voir le monde se sont confrontées à l’époque de ‘Hanouca.

Athènes ou Jérusalem, la matière ou l’esprit, le chaos ou l’harmonie, l’esthétique ou l’éthique, le beau ou le bien. C’est fort heureusement ceux qui défendaient, le Tsedek,  les principes de la morale universelle de la Torah qui l’emportèrent.

La Bible est le fondement de la civilisation. C’est une encyclopédie de la vie.   Des chapitres entiers de la Torah nous enseignent comment remettre l’économie au service de tous les hommes.  De longs passages du Pentateuque nous expliquent dans le détail comment organiser une société juste ou chaque être humain est valorisé dans sa différence.

Les huit bougies de ‘Hanouca sont une source d’inspiration :

–          La Emouna, la Foi, la confiance en Dieu nous permet de surmonter tous les obstacles.

–          La conviction que l’héritage de la Torah est un tremplin qui nous a toujours permis de rebondir.

–          L’histoire mouvementée du Peuple juif est un miracle permanent.

–          Le message de la Bible est universel.

–           Le feu peut être destructeur mais si son origine est divine il réchauffe les cœurs et les corps.

–          Les lumières de ‘Hanouca sont dirigées vers l’extérieur. Nous devons aller vers l’autre, vers celui qui est différent.

–          Avec une lumière on peut en allumer une autre et ainsi de suite à l’infini. Le partage, l’altruisme doit être la base de notre société.

–           Le miracle du premier jour de ‘Hanouca n’est pas celui de l’huile puisqu’il y en avait une  quantité suffisante pour brûler 24 heures.  Le 1er jour nous rappelons le courage des Macabim.  ‘’Aide-toi et le ciel t’aidera.’’

REBONDIR AVEC OPTIMISME

« A quoi bon allumer maintenant le chandelier car il ne reste qu’une toute petite quantité d’huile? » dirent certains. « Que ferons-nous demain ? ».  Mais c’est le choix de l’optimisme si caractéristique du Judaïsme qui prévalut. Et lorsqu’on dépasse sa propre nature alors D.ieu transcende lui aussi les lois de la nature. Et c’est le miracle… Nous sommes bien loin de la conception hellénistique de l’histoire : une histoire  cyclique, un éternel recommencement.  Le Judaïsme prône le progrès. Sous l’impulsion de la Torah et grâce aux mitsvot, nous  insérons  des valeurs éthiques  dans tous les domaines de l’existence.   C’est ainsi soi-même, qu’on transforme et qui fait avancer la société. C’est ainsi qu’on arrive à surmonter toutes les formes de dualisme. C’est ainsi qu’on arrive à l’harmonie entre la Foi et la Raison, entre l’éthique et la politique, entre la matière et l’esprit.

Les Grecs avaient bien compris l’enjeu de ce choc des civilisations et lorsqu’ils pénétrèrent dans le Temple de Jérusalem ils profanèrent systématiquement toutes les réserves d’huile consacrée. Mais si leur objectif  était d’empêcher que la Menora fut rallumée…il eut été plus radicalement atteint en détruisant  le grand chandelier. Pourquoi se contenter de profaner l’huile sacrée  alors qu’on peut tout détruire systématiquement.

En fait,  ce que souhaitaient les Grecs, c’était de voir rallumer le chandelier du  Temple avec de l’huile «  impure et hellénisée ». Les Hellènes étaient tout disposés à accepter la Torah mais uniquement comme une simple œuvre littéraire. Un produit de l’intelligence humaine. Le pendant de leur mythologie. Une Torah sur mesure que l’on peut,  à D.ieu ne plaise, modifier à chaque époque selon les mœurs et  les idées en vogue. Tout…mais pas une Torah divine.

CHEMEN = NECHAMA

‘Hanouca nous enseigne donc que le plus grand danger pour le Peuple juif est de perdre son âme, son identité.

Faisons- nous vraiment tout pour combattre l’assimilation ?

‘Hanouca vient du mot « hinou’h » qui signifie « éducation ». Combien de temps, d’énergie consacrons-nous à l’Education juive?  Pas seulement à celle de nos enfants mais aussi à la nôtre ? A combien de cours et de conférences  participons- nous? Combien de Sefarim ou de livres d’intérêts juifs avons-nous lu ?

Bien sûr la petite fiole d’huile pure qui se trouve dans le fin fond de notre personnalité  ne sera jamais détruite. Mais pourquoi nous contenter de ce qui est inné en nous. Les lumières de ‘Hanouca sont allumées  chaque soir en nombre croissant. Elles nous incitent à faire un effort constant sur nous-mêmes.

La Ménora doit être placée de telle manière qu’elle puisse être vue au dehors, dans la rue.  C’est dire qu’il ne suffit pas d’éclairer son petit chez soi.  On ne doit pas se replier dans une tour d’ivoire.  C’est à la tombée de la nuit que nous allumons la ‘hanoukia. Ceci nous enseigne que nous ne devons pas nous décourager au contact de la société ambiante. Chaque petite lumière, chaque mitsva, chaque bonne action que nous faisons peut avoir raison de beaucoup d’obscurité. Une bonne action, un coup de main concret, un bon mot, un sourire, une écoute attentive de notre prochain. Tout ce que nous faisons a une immense et bienfaisante répercussion.

 

Rav Yaacov Spitezki

Shorashim

Le Centre des étudiants francophones

054 2399791

Faire la lumière sur Hanouca Rav Yaacov Guedj

Ô Maccabi ce nom si pur et si noble, qui fut l’emblème d’un judaïsme courageux, certains l’ont tellement estimé qu’ils l’ont mis en bière et scandé sur les gradins des dieux du stade.

Ô Maccabi ce nom si lumineux qui glorifia le Dieu suprême et fit plonger toutes les mythologies de Yavan dans leurs ténèbres originelles. Te voilà aujourd’hui piètrement souillé par tous les maccabiadeurs d’un olympe factice et ridicule qui fait perdre la tête des hommes comme le ballon qui mord la poussière sous les pieds des idoles dont le seul but est de finir sa course dans les filets. Ce spectacle met hors-jeu et hors de soi Mathatyahou le Vieux Prêtre. Il fut le gardien des portes du Temple, hellénisé par les pis manies d’un Antiochus. Il fit de ses enfants, les supporters de la Thora, les vaillants résistants du Tohu de Babel et du Bohu de la Perse aujourd’hui engloutis dans les ténèbres ioniennes. On comprend fort bien que l’impérialisme grec se soit accommodé de l’idolâtrie des autres peuples alors qu’il se sentit terriblement menacé par l’esprit de la Thora. Les fripons redoutent la lumière surtout lorsqu’elle fait le jour dans la caverne de leur conscience. La plus brillante des civilisations a négligé de projeter son phare sur l’intimité la plus profonde de nos âmes.

Socrate, en un seul mot, jeta les bases de la sagesse des nations et rendit crédibles les premiers balbutiements d’une science prometteuse. On aima sa théorie.

Socrate, en deux mots, souilla allègrement la beauté d’un monde qu’il avait pourtant décrit comme un palais divin avec les yeux de la jouissante luxure. On détesta sa pratique.

Un tel génie du savoir ne put que finir dans la corruption hors de la tente de Chem. Son logos a emprisonné la raison dans les limites rigides de sa propre suffisance. Il reconnut au créateur le labeur des six jours et fit valoir au vieux démurge ses droits à la retraite. Cependant, il lui concéda quelques ambassades honorifiques qui donnent au Soleil le sourire éphémère d’un Apollon, au Temps la boulimie d’un Cronos qui dévore ses enfants du lendemain, à la Beauté la pâleur d’une Vénus interchangeable, à la puissance la fureur d’un éclair Jupitérien, à la Vérité le visage de la complaisance égoïste. Alors vinrent les Hashmonaim pour accorder le droit d’asile au Propriétaire du monde en hébergeant sa chékhina qui n’osa jamais franchir les dix empans de l’intimité de nos foyers.

Pour Socrate la lumière brille, pour Mathatyahou elle éclaire.

L’un te parle de ses yeux, et les yeux de l’autre te parlent.

L’un se regarde et l’autre te regarde.

Le sensationnel te rabaisse et l’ascensionnel t’élève.

La flamme de l’un éteint celle d’autrui et la flamme de l’autre c’est l’étincelle de tous.

Sans le savoir les Hashmonaim ont consacré le 25 kislev, une lumière qui figurait déjà dans le vingt-cinquième mot de la Thora « Yéhi Or »- Que la lumière soit.

La petite fiole éperdument recherchée pour sa pureté ne pouvait que contenir la lumière primordiale de la Création. Elle se mire dans nos fenêtres pour éclairer tous les pas de la rue, elle rejudaïse toutes les gauches des portes juives face à la mézouza. Les sept derniers jours surnaturels de Hanouca tirent leur force du premier où tout naturellement l’inauguration du Temple s’ouvre sur le désir de la perfection marquée par le sceau du Grand Prêtre en personne. Le miracle de l’idéal fut généré par le khinoukh de notre nature. L’huile était dans l’olive comme le miracle dans la nature, comme le doux dans l’amer, comme le net dans le brut, comme l’action dans la pensée, comme le désir dans la volonté. Le désir de faire Sa volonté dira au vinaigre de madame Hannina ben Dossa de brûler aussi bien que l’huile la plus pure.

Il faut extraire le souvenir de l’oubli comme on concasse l’olive pour en  tirer l’onction de notre prêtrise et de notre royauté. Le miracle de la fiole attesté nulle part dans les prières de Hanouca fut légalement inutile puisque toute cérémonie publique religieuse ne tient aucun compte de l’impureté accidentelle de tout un peuple. Cette petite fiole a décuplé son énergie pour faire la lumière sur le courage d’une poignée d’hommes et leur fournir l’huile de coude dont ils avaient besoin. Le Cohen gadol va jusqu’à consacrer ses vêtements sacerdotaux usés pour en faire les mèches du candélabre comme tout pauvre en Israël ira jusqu’à vendre l’un de ses vêtements pour alimenter sa lumière spirituelle.

Le plus bel hommage qu’on puisse rendre aux valeureux combattants, c’est d’actualiser leurs « bayamim hahém » dans notre « bazman hazé « . Les vieux jours de Mathatyahou retrouveront leur jeunesse dans les enfants d’aujourd’hui parce que la voix de Jacob est plus intelligible que tous les hurlements de tous les hooligans.

Hanouca c’est quand étymologiquement ton khinouh prend  le visage renouvelé d’une inauguration quotidienne.

Que chaque homme en Israël à l’instar de Juda Maccabi ressuscite le candélabre de Jérusalem par l’esprit de sa Thora.

Que chaque femme en Israël à l’instar de Judith la téméraire façonne de ses mains la cire embrasant chaque mitsva.

 

 

Il arrive enfin le site qui vous ouvre les portes de la Bible dans tous ses chapitres pour aider le grand public francophone, aussi bien parents et enfants, dans l’étude de la thora : www.ravguedj.com

Youd Teth Kislev : « Bien plus qu’une fête ‘hassidique » par le Rav Adin Even-Israël Steinsaltz

Traduit de l’hébreu par Michel Allouche

Le nouvel an de la ’hassidout. 

   La date du « Youd Teth » ou 19 Kislev, célébrée par les ’hassidim dans la fête et la joie, tient une place particulière dans le calendrier ’Habad : en ce jour de l’année 1798, Rabbi Chnéour Zalman de Lyadi fut libéré de la prison de Saint Petersburg. Le cinquième Rabbi de Loubavitch, le Rabbi “Rachab” enrichit cette date d’une dimension supplémentaire, puisque, dans l’une de ses fameuses lettres, il la désigna comme “la fête de la rédemption” et “le nouvel an de la ‘hassidout”. Pourquoi ce jour a-t-il reçu tant de couronnes, a priori sans lien ni mesure avec l’évènement en question ?

   Au sens le plus immédiat, le 19 Kislev marque non seulement la fin de l’incarcération de l’Admour Hazaken mais aussi l’annulation de toutes les accusations qui avaient été dressées contre sa personne. Ces accusations représentaient un véritable danger physique pour lui et pour l’ensemble de ses ‘hassidim, là où ils se trouvaient. Il s’agit donc bien d’un jour de salut et de rédemption concernant un éminent dirigeant spirituel d’Israël et tous ses proches. Selon la tradition juive, les élèves et les descendants d’une personne sauvée au travers d’un miracle doivent prononcer une bénédiction de remerciements envers D-ieu. Et lorsqu’un tel miracle conduit à un kiddouch Hachem, à la sanctification du Nom Divin, cette obligation devient le lot de chaque juif.

   La libération de l’Admour Hazaken et tout ce qui se l’entoura entrent bien dans un tel cadre. Elle doit d’abord être fêtée par tous ses disciples, tout au long des générations et par tous ceux qui continuent de puiser dans la source intarissable de son enseignement. Et s’agissant d’un kiddouch Hachem, la même obligation incombe à tout Israël. L’histoire juive est jalonnée d’autres exemples similaires et les Sages d’Israël n’ont d’ailleurs jamais hésité à instituer des jours de fête pour célébrer des miracles dont certaines communautés ou individus ont fait l’objet.

Le procès du ’hassidisme 

   Cependant, ce nous venons d’évoquer n’a trait qu’à la superficie des événements et n’en constitue pas l’aspect le plus important. De toute évidence, un caractère plus profond se cache en arrière-plan. (Lire la suite)

   Souvenons-nous d’abord du contexte historique. Le mouvement ‘hassidique en était alors à ses débuts et bien qu’il fût déjà en pleine expansion, de nombreux adversaires se brandissaient sur sa route. Cette opposition, loin de s’effacer après la disparition du Gaon de Vilna, prit au contraire une tournure de plus en plus aigue et agressive. La pression exercée par différents chefs de communauté contre les ‘hassidim, forte de toutes sortes de moyens et de murs dressés, conduisit à une haine fraternelle considérable. Les calomnies dirigées contre l’Admour Hazaken par un petit groupe d’individus exprimaient ce dur ressentiment et annonçaient l’aggravation de ce combat spirituel.

   L’incarcération de Rabbi Chnéour de Liady représentait en fait une vaste épreuve. L’issue négative de son procès aurait eu une conséquence des plus claires : le gouvernement tsariste se serait vu donner le feu vert pour réprimer avec force et avec une sévère cruauté le mouvement ‘hassidique, dans son ensemble et dans toutes ses branches. Et puisque les opposants au ‘hassidisme agissaient de l’intérieur – ne considéraient-ils pas les ‘hassidim comme une secte insolite ? –, la condamnation de l’Admour Hazaken aurait provoqué la destruction totale du mouvement.

   Le procès de l’Admour Hazaken n’était autre que celui de la ’hassidout, au plan des accusations comme à celui des conséquences tragiques qu’un verdict néfaste risquait d’entraîner. Et inversement, lorsque le résultat du procès fut annoncé et que l’Admour Hazaken fut déclaré innocent, c’est toute la ’hassidout qui s’en trouva blanchie. Avec la disparition de ces accusations, le mouvement ‘hassidique pouvait dès lors sortir de son propre emprisonnement et se défaire de ses oppresseurs, à l’intérieur comme à l’extérieur.

   La libération de l’Admour Hazaken marque le terme de la grande dispute menée contre la ‘hassidout. Certes, les juifs d’alors ne devinrent tous pour autant des ‘hassidim. De nombreux Sages d’Israël continuèrent d’adopter une attitude méfiante envers eux. Mais le combat actif, la tentative d’exclure leur mouvement de la communauté d’Israël cessèrent bel et bien. Le 19 Kislev est donc, d’un point de vue historique, le jour où la ’hassidout commença à s’ouvrir totalement au monde ; désormais, sa marche grandissante devait la conduire vers des milliers de foyers juifs. Ainsi, n’est-il pas surprenant qu’on le désigne comme le « nouvel an » de la ‘hassidout : à partir de cette date, le mouvement ’hassidique s’étendit et se fortifia, sans ne rencontrer ni haine ni opposition réellement active. Au contraire, même les juifs qui ne comptaient pas parmi les ‘hassidim finirent par adopter une attitude de respect et d’honneur à leur égard.

Le procès céleste  

   Néanmoins, le 19 Kislev n’est pas seulement le « nouvel an de la ’hassidout », la véritable essence de ce jour va encore plus loin.

   Les évènements extérieurs de l’Histoire sont en fait mus par des forces suprêmes. Cela est vrai du macrocosme comme du microcosme: « Nul ne peut bouger son petit doigt tant qu’on ne lui fait pas signe d’En-Haut ». A fortiori, lorsqu’on évoque ici un évènement d’une importance historique décisive. A n’en pas douter, la Hachga’ha pratite,  la Providence Divine rattachée aux plus petits détails de l’existence joua un rôle prépondérant, chaque cause, chaque effet étant liés à des évènements de nature plus profonde et plus élevée. Selon les commentateurs du livre de Daniel, aucune guerre n’éclate entre deux nations sans que leurs « princes » respectifs, leurs anges célestes n’entrent d’abord en conflits dans le monde d’En-haut. La grande dispute entre les ‘hassidim et leurs opposants, elle aussi, tire sa source plus haut, bien au delà des apparences purement externes.

   Le fondement de cette dispute était le suivant: dans quelle mesure était-il permis, voire convenait-il, de révéler et de répandre l’enseignement de la ‘hassidout au sein de tout Israël ? Ne fallait-il point distinguer entre d’une part, les grands, les justes, les érudits et d’autre part, les gens simples du peuple, les ignorants ? La grande crainte était bien réelle: la diffusion de l’enseignement du Baal Chem Tov à des gens qui n’avaient ni le bagage suffisant en Torah ni les capacités intellectuelles requises ne risquait-elle pas d’amener la décadence au lieu de l’ascension escomptée? Pouvait-on révéler la dimension divine de chaque chose, le degré d’élévation de chaque juif sous le seul prétexte qu’il fût membre de la collectivité d’Israël ? N’allait-on pas tomber ainsi dans la vulgarisation, provoquer une dégradation du niveau d’étude de la Torah et finalement provoquer la dérision du respect dû au Ciel ? Les dirigeants des communautés juives d’alors n’avaient pas d’autre choix : il leur fallait prendre toutes ces questions, toutes ces accusations avec le plus grand sérieux. Ils y percevaient un vrai débat de fond qu’ils devaient à tout prix soulever et trancher. Leur génération serait-elle capable de supporter un tel niveau de révélation divine? Le moment, l’endroit étaient-il propices ? Le dévoilement des enseignements de la ‘hassidout prétendant apporter élévation et exaltation au sein du peuple juif était-il opportun ou n’allait-il pas, au contraire, apporter plus de torts et de dommages que d’effets positifs?

   Ce débat, entaché d’accusations contre la ‘hassidout, révélait la dimension profonde de ce procès. Il n’est pas surprenant que celui qui portait la responsabilité du mouvement ‘hassidique, celui qui siégeait au banc des accusés fut précisément l’Admour Hazaken. Car c’était lui qui, de toutes les branches déjà existantes, incarnait le mieux l’école de pensée du mouvement.

   Bien entendu, les jugements célestes ne demeurent pas seulement dans les sphères supérieures. À l’instar d’autres influences qui en descendent pour parvenir jusqu’à notre monde ici-bas, ces jugements arrivent jusqu’à nous après une suite d’enchaînements divers, de monde en monde, de degré en degré jusqu’à ce qu’ils s’habillent ici en bas, sous une forme des plus terrestres.

   Des craintes, des accusations peuvent être exprimées dans les mondes supérieurs, mais elles y demeurent empreintes de nuances tant qu’elles y demeurent sous leur forme « céleste ». Ainsi en était-il de la question de savoir s’il était opportun de dévoiler l’enseignement de la ‘hassidout et d’ouvrir la voie aux révélations divines l’accompagnant. Mais lorsqu’elles « dégringolent » ici-bas, elles se matérialisent en vulgaires calomnies et se métamorphosent en un procès dirigé par le gouvernement du Tsar de Russie. Le jugement terrestre n’en reflétait pas moins celui d’En haut à propos de la ‘hassidout. De la même façon, le verdict de la royauté terrestre blanchissant l’Admour Hazaken ne fut autre que l’ombre, l’écho de celui de la Royauté Divine qui, finalement, justifia la ‘hassidout et lui donna gain de cause. Désormais, le mouvement ‘hassidique, habilité par le Ciel, obtenait le feu vert pour initier une marche et une expansion sans limites, non seulement au niveau de ses idées mais aussi du dévoilement divin qu’il promettait d’apporter.

   Dans une de ses célèbres visions, le Baal Chem Tov, conduit au palais céleste du Messie, lui posa la question: « Quand donc sa majesté viendra-t-elle sur terre? ». Et le Messie de lui répondre : « Lorsque tes sources jailliront à l’extérieur! ». Ainsi, la diffusion du message de la ‘hassidout, ses nombreuses révélations cachent une plus grande ampleur : rapprocher le jour tant attendu de la rédemption messianique. Le verdict prononcé par le Royaume Céleste annonce la manière dont la lumière divine peut se dévoiler dans tous les mondes et donne le signe du rapprochement de la venue du Messie. C’est pourquoi le 19 Kislev mérite parfaitement son nom de « ‘Hag hagueoula », la fête de la rédemption ; dans sa dimension la plus profonde, Youd Teth Kislev est bien le précurseur de la rédemption finale pour le monde entier. Il nous prépare au jour où le monde se sera affranchi de toutes ses limitations, lorsqu’auront disparues toutes les entraves à l’entière révélation divine.

Hassidout.org

A l’encontre des lois de la nature

Quel rapport y a-t-il entre la paracha de la semaine, Vayéchèv, et la fête de ‘Hanouka qui va débuter à la clôture du Chabbath ? Le Méchèkh ‘hokhma explique :

Sur le conseil de Reouven (qui voulait le sauver), les frères ont jeté Yossef dans un puits au lieu de le tuer. « Et le puits était vide, il n’y avait pas d’eau » dit le verset et Rachi rapporte le midrach « il n’y avait pas d’eau mais il était rempli de serpents et de scorpions ». Et Yossef, miraculeusement, en est sorti vivant, indemne !!

Dans la paracha de Vayé’hi, après la mort de Yaacov Avinou, il est écrit que les frères ont eu peur de la vengeance de Yossef. Pourquoi ? Car, explique le midrach, au retour de l’enterrement de leur père, ils ont passé par l’endroit où Yossef avait été pris puis vendu. Yossef s’est alors approché du puits et a prononcé la bénédiction : « Baroukh ata Hachem Elokénou mélèkh ha’olam ché’assa li nèss bamakom hazé/Béni est l’Eternel qui m’a fait un miracle à cet endroit ! »

Les frères ont donc craint, à tort, que cela ait éveillé en lui un désir de vengeance mais Yossef les a tranquillisés de tout cœur.

Pourquoi Yossef a-t-il attendu ce moment pour réciter cette bénédiction alors qu’il avait déjà été comblé des bienfaits par D.ieu ? Car cette bénédiction ne peut-être récitée que, premièrement, pour un miracle qui va à l’encontre des lois de la Nature et deuxièmement, lorsque l’on passe à cet endroit. Par contre, il n’a pas fait cette bénédiction sur le fait que d’esclave, il est devenu vice-roi étant donné qu’Hachem s’est caché derrière des « conjonctures naturelles ». Bien que Yossef n’ait cessé de rappeler que tout était dirigé par D.ieu mais cette berakha spécifique, on ne la prononce, avec mention du Nom de D.ieu, que s’il y a eu transformation de la nature : les serpents et scorpions ne l’ont pas piqué !

 

Il en est de même pour ‘Hanouka ! Pourquoi récite-t-on la bénédiction de « Béni…Qui a fait des miracles à nos ancêtres à cette époque » en allumant les lumières alors que la victoire des Hasmonéens sur les Grecs était beaucoup plus spectaculaire ? En effet, ils étaient…treize hommes (!) contre des myriades (cf.Devarim 33,11 Rachi). La réponse est que les lumières rappellent le miracle de la fiole d’huile : une quantité infime pour un jour a duré huit jours. Ceci est un phénomène surnaturel alors que pour la victoire, il n’y a pas eu de transformation des lois de la nature.

Certes, « pour les délivrances et pour les guerres » nous récitons, à ‘Hanouka, le Hallel et la prière de ‘al hanissim pour rendre hommage à Hachem mais la bénédiction, elle, ne se dit que pour l’allumage des bougies.

 

‘Hanouka est l’occasion pour chacun de nous de remercier Hachem pour toutes Ses bontés, de Le louer pour la protection qu’Il continue à prodiguer à notre peuple, « la brebis entourée de soixante-dix loups ». C’est le moment de chanter notre gratitude pour l’aide providentielle qu’Il nous accorde, personnellement, tout au long de notre vie. Qu’il y ait transformation ou non des lois de la nature, nous savons que tout est guidé par Sa main généreuse.

Remercier, c’est être à la hauteur du bienfait reçu, c’est mériter d’en recevoir davantage. Merci Hachem !

‘Hanouka saméa’h !  Toujours avec vous et pour vous !

 

Rabbanith Penina ELKRIEF- BAIT

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Le premier maire juif de Los Angeles célèbre Hanouccah

Crownheights.info, traduit par Hassidout.org

 

Une célébration mémorable en préparation de Hanouccah a eu lieu mardi dernier 14 Kislev, à Los Angeles City Hall, siège du pouvoir de la deuxième plus grande ville des États-Unis, en présence du Chaliah principal de la côte ouest, le Rav Barouh S. Cunin, du Chaliah du centre ville de Los Angeles, le Rav Moshe Greenwald et du premier maire juif de Los Angeles, M. Eric Garcetti.

 

C’est le Rav Moshe Greenwald, qui a ouvert la cérémonie par des mots d’encouragement pour le peuple d’Israël et la Californie. Le Rav Barouh S. Cunin a ensuite pris la parole en rappelant les paroles d’espoir et de réconfort du Rabbi en période de défi et de détresse, puis il a expliqué la signification des lumières de Hanouccah à l’époque actuelle.

 

Le maire de Los Angeles, M. Eric Garcetti a souligné la leçon de persévérance apprise des Maccabées. Il a également précisé que ses ancêtres sont originaires de la ville polonaise de Katowicz, d’où la Menorah utilisée lors de cette cérémonie provient. Cette ménorah a été épargnée durant la Shoah de la célèbre synagogue de Katowicz.

 

Une Menorah spéciale, conçue par le célèbre artiste de Los Angeles, André Miropolsky, était exposée pendant la cérémonie. André Miropolsky a créé de nombreuses œuvres d’art, publiques et privées, à travers le monde.

 

Tous les participants ont pris part aux chants interprétés par la chorale Kol Yaacov Yehouda, dirigée par le Rav Mendel Duchman et son fils Yaacov Yehouda Duchman. Les chants classiques de Hanouccah ont apporté beaucoup de joie à la Cité des Anges.

 

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hassidout.org/sj

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