mardi, 24 janvier, 2017

24h pour le CNEF !

 


Pour faire des maintenant une promesse de don au Cnef dans le cadre de la campagne de recoltes de fonds voici le lien
https://goo.gl/forms/cElnP2CXsX8FjJXv2

 


 

Le premier centre d’orientation professionnel dédié aux francophones d’Israël ouvrira bientôt ses portes à Jérusalem

Le premier centre d’orientation professionnel dédié aux francophones d’Israël ouvrira bientôt ses portes à Jérusalem.
 
Mme Hagit Moshé adjointe au maire de Jérusalem : « Ça se passe au cœur de Jérusalem, la ville qui a accueilli en son sein un nombre incroyable de français, et qui continuera à se donner les moyens pour donner à cette population de qualité un sentiment de sécurité, de réussite et d’accomplissement en Israël, pour continuer de construire notre Pays et de s’y construire en même temps ! »
Tous les acteurs de la Alya à Jérusalem, les représentants du ministère de la Alya et de l’intégration, de l’Agence Juive, et de la Mairie de Jérusalem étaient présents sur le chantier de construction des locaux de la Maison de l’Emploi. Répondant à l’invitation de Qualita, ils étaient là pour voir et apprécier de leurs propres yeux l’avancée de ce projet de taille. Depuis plusieurs mois déjà, tous ces partenaires préparent activement l’ouverture du premier centre d’orientation professionnel entièrement dédié aux francophones d’Israël.
 
L’ambiance est au concret et à l’action dans une atmosphère de coopération et de travail en commun ! a déclaré Yoni Chetboun, ancien député de la Knesset, qui accompagne de très près la mise en place de la Maison de l’Emploi. Et de souligner l’importance de la collaboration avec la municipalité et les organes ministériels. Qui mieux qu’un israélien de souche pouvait se réjouir du contact avec le sol d’une maison d’emploi pour francophones en Israël ?!
C’est au cœur même de la capitale israélienne que tout se passe a souligné Mme Hagit Moshé adjointe au maire de Jérusalem. Et de renchérir : « Ça se passe au cœur de Jérusalem, la ville qui a accueilli en son sein un nombre incroyable de français, et qui continuera à se donner les moyens pour donner à cette population de qualité un sentiment de sécurité, de réussite et d’accomplissement en Israël, pour continuer de construire notre Pays et de s’y construire en même temps ! »
Soyons clair et humble : même si le projet est ambitieux, il ne vient en aucun cas dupliquer des services déjà existant en termes de placement et d’aide à l’emploi pour les Olim de France a tenu a rappelé Eliaou Zenou, directeur de la Maison de l’Emploi. L’idée de centralisation des services existants est une des idées phare de la Maison de l’Emploi avec pour but de faciliter aux olim l’accès aux différentes aides déjà existantes, et d’œuvrer dans les zones où tout reste à faire. Et le travail est de taille ! Si l’objectif de placement de maximum d’olim francophones dans le marché du travail israélien est la raison d’être de la Maison de l’Emploi, n’oublions pas cependant que le sujet de l’emploi ne se résume pas au placement a souligné M Zenou. Qui dit emploi dit formation, qui dit emploi dit entreprenariat, qui dit emploi dit reconversion. Le tout étant non seulement d’ouvrir les portes aux demandeurs d’emploi pour leur proposer un service complet d’accompagnement dans la recherche de travail, mais également d’assurer un suivi intelligent, pragmatique, empathique et efficace. « Si Qualita a la prétention de changer le paysage de l’emploi et d’amener des solutions aux problèmes existants en s’en donnant les moyens, il est clair que cela se fait dans un esprit ambitieux et volontariste mais également avec l’humilité nécessaire et en étroit partenariat avec tous les acteurs existants pour qu’ensemble l’on puisse réaliser ce programme », a conclu Eliaou Zenou.
Enfin, Mme Kathya Tov, directrice de la région Jérusalem du Ministère de l’Alya et de l’intégration a souhaité que la Maison de l’Emploi  soit une maison d’accueil pour la communauté francophone, pour qu’elle s’y sente chez elle, qu’elle en soit fière et qu’elle puisse en apprécier les résultats concrets.
Pour conclure Ariel Kandel, directeur général de Qualita a salué personnellement les partenaires présents prenant part à ce projet d’avenir : la Mairie de Jérusalem, la Fondation Adelis, Le Ministère de l’Alya et de l’intégration, le Mati, le Joint, le Cnef, Ami, et Gvahim. A Qualita c’est une véritable vision qui est mis sur pied et nous appelons tout à chacun à y contribuer pour que la réussite de la Maison de l’Emploi soit notre réussite à tous et à toutes !
Crédit photo : Qualita
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Un ancien joueur du PSG nommé entraîneur du Maccabi Créteil

L’ancien joueur du PSG, de Nice et d’Auxerre ; Sammy Traoré, par ailleurs international malien, a été nommé aujourd’hui à la tête de l’équipe du Maccabi Créteil.

Traoré (à droite) © Wikimedia Commons

Traoré (à droite) © Wikimedia Commons

« J’ai grandi avec des amis juifs, je me suis toujours senti proche de la communauté juive locale, » ajoute celui pour qui la priorité est « de faire progresser les joueurs (…) qu’ils soient « juif[s] ou portugais » explique t-il à actualité juive.

Il se félicite que dans son équipe, il y a « une vraie diversité : des juifs, des musulmans, etc. le club est ouvert à toutes les religions ! Je sais juste qu’en période de fêtes juives, il n’y a pas d’entraînements (rires) ».

Le Maccabi Créteil est un club juif multi-culturel dans lequel des joueurs de « toute la diversité » jouent et s’entraînent ensemble.

Par Antoine Chatrier – JSSNews

François Fillon en visite au Mémorial de la Shoah

« On mesure à quel point il est nécessaire aujourd’hui de faire le travail de mémoire pour lutter contre ceux qui nient ce crime et pour lutter contre l’antisémitisme et le racisme, qui continuent à être une forme de cancer pour notre humanité ».
fillon
Nous avons accueilli, ce lundi matin, François Fillon pendant plus de deux heures, au Mémorial de la Shoah.

Nous lui avons fait visiter l’exposition permanente sur le sort des Juifs en France pendant la seconde guerre mondiale, leur martyre mais aussi leur héroïsme, notamment dans la résistance.

Il a tenu ensuite à s’incliner devant le Mur des Noms, mais aussi dans la crypte du Martyr Juif Inconnu (photos). Nous lui avons ensuite, présenté des archives clés (Le statut des Juifs du 3 octobre 40 durci de la main de Pétain, l’ordre de mobilisation des 4.500 policiers et gendarmes pour la Rafle du Vel d’Hiv, mais aussi des fiches d’arrestation, des carnets de fouille de Drancy et des destins de déportés de la Sarthe).

Nous avons pu ensuite lui expliquer tout notre travail pédagogique pour accueillir 60.000 lycéens par an, former plus de 5.000 professeurs par an à l’enseignement des trois grands génocides du XXème siècle. Nous avons aussi évoqué nos formations contre le racisme, l’antisémitisme, le négationisme, l’antisionisme et le complotisme et les ateliers pédagogiques que nous réalisons en priorité dans les lycées de ZEP.

François Fillon a beaucoup écouté, a été très réceptif à nos messages et à notre rôle clé d’éducateur dans une France où les préjugés antisémites et racistes tendent à progresser.

Vous trouverez ci-dessous la dépêche fidèle de l’AFP.

« François Fillon, candidat de la droite à l’élection présidentielle, a affirmé lundi que « lutter contre l’antisémitisme », c’était « défendre la France et la République », à l’occasion d’une visite au Mémorial de la Shoah à Paris.

« Ce n’est pas la première fois que je viens au Mémorial. Je ressens toujours, comme tous ceux qui le visitent, une émotion très profonde », a affirmé l’ex-Premier ministre, qui était accompagné de Me Serge Klarsfeld, avocat et historien, et de son fils Me Arno Klarsfeld, qui fut son conseiller à Matignon.

« On mesure ici devant la liste incroyablement longue des noms des victimes de la Shoah, à quel point les Européens, les nazis singulièrement, mais tous ceux qui leur ont prêté la main et en particulier le régime de Vichy, ont commis le crime ultime », a ajouté M. Fillon.

« On mesure à quel point il est nécessaire aujourd’hui de faire le travail de mémoire pour lutter contre ceux qui nient ce crime et pour lutter contre l’antisémitisme et le racisme, qui continuent à être une forme de cancer pour notre humanité ».

« Le travail qui est fait ici au Mémorial est un travail d’abord d’historien mais aussi un travail de pédagogie, un travail de lutte contre l’antisémitisme et contre le racisme. C’est un travail qui est fondamental, qui doit être encouragé », a-t-il dit. Il a « félicité les équipes du Mémorial » pour leur travail.

« L’antisémitisme est toujours présent. On l’a vu avec les enfants assassinés à l’école de Toulouse, les victimes de l’Hypercacher, c’est un danger qui menace la démocratie, qui menace l’humanité et qui doit faire l’objet de toute notre attention et de toute notre volonté », a également affirmé le candidat.

« Au fond ici, c’est la raison pour laquelle je suis venu: on se bat pour défendre les juifs, pour lutter contre l’antisémitisme mais à travers ce combat, on se bat pour défendre la France et la République », a-t-il assuré.

AFP »

Et au lien ci-dessous, vous pouvez écouter la déclaration très complète, très juste, n’omettant aucun sujet de François Fillon sur la Shoah en France, sur le Mémorial de la Shoah et le combat nécessaire de tous contre le racisme et l’antisémitisme, « un cancer  pour notre humanité» (et c’est le terme qu’il utilise pour les qualifier)

https://www.facebook.com/fillon.francois/?fref=ts

 

Tribunejuive.info

Le CASIFAN Accueillir et soutenir les olim

Le monde associatif francophone est dynamique. LPH vous emmène à la rencontre de l’une d’entre elles, très active à Netanya: le CASIFAN.

 

Un accompagnement au quotidien

 

Alain Hass est le président du CASIFAN depuis près d’un an, il nous décrit la mission de son association:  »Le CASIFAN existe depuis environ 35 ans. En 2012, elle a même reçu de la Maire de Netanya, le prix de l’Association exemplaire pour ses actions sociales et son travail quotidien en faveur de l’intégration des olim ».

Voilà en quelques mots résumées les actions de cette association. Ainsi, les bénévoles du CASIFAN accompagnent tous ceux qui ont besoin d’interprètes pour une démarche administrative ou pour traduire des documents. Ils informent les olim sur leurs droits et met à leur disposition de nombreux documents en français. Le CASIFAN propose aussi des cours d’hébreu et des activités recréatrices ou des conférences.

Par ailleurs, le CASIFAN c’est aussi l’aide aux familles défavorisées. Alain Hass déplore le nombre croissant de personnes dans le besoin:  »Nous donnons des bons d’achat, parfois de l’argent ou des vêtements. Nous nous apercevons que le nombre de demandes augmentent. J’aimerais mettre sur pied un regroupement de toutes ces demandes auprès des diverses associations afin qu’elles soient mieux traitées dans l’intérêt des familles ».

Comment expliquez-vous cette augmentation? Alain Hass répond sans détour:  »Nous devons accepter qu’Israël n’est pas la France. On ne vient pas vivre en Israël pour être français. Beaucoup trop d’olim ne veulent pas s’adapter à la vie ici. La alya boeing qui est répandue en est un exemple aux conséquences presque toujours catastrophiques ».

 

Etre de France mais Israélien!

 

Le CASIFAN se pose donc comme objectif d’aider les olim dans leur quotidien mais aussi dans leur cheminement pour devenir des Israéliens.  »Ainsi, avec le vice-président Alain Abitebol, nous accordons aussi une grande importance à notre action avec SAR-EL. Nous, olim, n’avons pas de passé culturel, militaire ou social israélien. Il est fondamental d’aider les Français à goûter à cette composante centrale de la vie des Israéliens ».

Dans ce même état d’esprit, était organisé le 13 décembre un gala auquel étaient conviés l’ambassadeur et le consul de France mais aussi la Maire de Netanya et la Ministre de l’Intégration, Sofa Landver, qui s’est déplacée en personne.  »Nous voulons montrer aux Israéliens qu’il y a des Français qui veulent garder, certes, leur culture, mais qui souhaitent surtout être Israéliens ».

Ce gala a été un succès avec plus de 600 personnes présentes, un spectacle de Judith Mergui, mais aussi un concert d’Ishay Lapidot: le mélange des cultures!

 

Le CASIFAN poursuit sur sa lancée pour 2017 avec l’ouverture d’antennes supplémentaires à Netanya.

Enfin, le prochain grand rendez-vous est donné pour le 1er février au théâtre Ir Yamim de Netanya, pour la pièce de théâtre  »Le Prénom ».

 

Pour plus de renseignements:

CASIFAN: 11 Kikar Ha’atsmaut (3ème étage), Netanya

Tel : 09 862 56 94, Fax 09-884 69 65 – e-mail : [email protected]

Ouvert tous les matins de 9 h 00 à 12 h 00 (sauf vendredi et Shabbat)

 

Eh oui il n’y a pas plus français que les Juifs ! Et pourtant ils partent pour Israël

L’année passée 5000 Juifs ont quitté la France pour Israël. Il parait que c’est moins qu’avant. Et alors ? C’est 5000 de trop. Revenez s’il vous plaît !

Bien que De Gaulle ait parlé des Juifs comme d’un “peuple d’élite” il faut ici, et d’emblée, rassurer tous ceux qui n’ont pas eu la chance de naître juifs. Il y a chez les Juifs tout autant d’imbéciles que chez les Normands. La même proportion de demeurés que chez les Bretons. Et un pourcentage identique de personnages totalement dépourvus d’intérêt que chez les Tourangeaux. Mais il y a un mais. Et ce mais le voici.

ENTRE LES JUIFS ET LA FRANCE UN PACTE A ÉTÉ SCELLÉ IL Y A LONGTEMPS.

Au moment de la révolution de 1789. Et c’est pourquoi dans les synagogues, il y a une prière spéciale pour la République. Pendant des générations les enfants juifs n’ont eu aucune difficulté à ânonner “nos ancêtres les Gaulois”. Dans leurs familles on leur apprenait à être français, très français, plus français encore que les Français qui s’étaient juste donné la peine d’être “de souche”.

Oui les Juifs devaient être encore plus français que les autres, car confusément, ils savaient qu’ils n’étaient pas d’ici. Et que cela leur créait des devoirs et des obligations dont les autres étaient dispensés. Et ils ont donc été – et sont toujours – français, à la recherche d’une perfection dans la francitude qui ferait oublier leurs patronymes souvent à sonorité étrangère. Y a t-il plus français que Marc Bloch, fusillé par les nazis, notre plus grand historien contemporain ? Y a t-il plus français que Raymond Aron, un philosophe qui nous honore ou que le cardinal Lustiger Juif et archevêque de Paris ?

Quelqu’un a t’il mieux chanté la France et son identité que le Juif polonais Finkielkraut ? Connaît-on plus franchouillard que le dessinateur Gotlib qui créa l’inoubliable Superdupont ? Plus gaulois que Goscinny, le père d’Astérix, petit fils d’un rabbin de Varsovie ? Plus parisien, plus parigot que le chanteur Francis Lemarque de son vrai nom Nathan ? Plus cévenol que Jean Ferrat qui fut enterré sous le nom de Jean Tenenbaum ? Et Gainsbourg, ce n’était pas la France ?

Pourtant des Juifs partent. Non, nous ne sommes pas sous Vichy. La France n’est pas devenue antisémite. Mais il y a chez nous, solidement et durablement installés, des segments de haine. Une haine de la France et des “sales Français”. Et pour les Juifs “sales Juifs”, c’est double peine. Pourquoi croyez-vous que depuis longtemps et bien avant les attentats, il y a des policiers devant les synagogues ? Pourquoi y a t-il des barrières et d’autres policiers devant les écoles juives ? Pourquoi il n’y a déjà plus de Juifs à Sevran, à Bobigny, à Trappes et dans les quartiers nord de Marseille ?

Si vous avez des enfants, trouveriez-vous normal qu’ils aillent à l’école la peur au ventre ? Alors oui des Juifs partent. Pour un pays en guerre où l’on risque aussi sa vie. Mais au moins là-bas l’ennemi est nommé et désigné. Ces Juifs qui nous quittent c’est un peu de France qui s’en va. Un gain pour Israël ? Quelle importance ! Il faut qu’ils reviennent dans le pays qui est le leur. C’est leur mère même s’ils ont tendance à la considérer comme une marâtre. Mais pour que cela se fasse, il faudrait peut-être que d’autres qu’eux s’en aillent ?

Par Benoît RAYSKI

Source: Atlantico

L’antisémitisme est-il une tradition française ?

C’est une question que j’ai été amené à me poser tout naturellement en tant que juif mais également en tant que responsable communautaire car je suis le vice-président d’une des synagogues de Toulouse mais aussi vice-président de la Licra Toulouse-Occitanie et président de l’association All With Us – Tous Avec Nous – qui œuvre au rapprochement des peuples malgré leur différence et leur divergence et tout simplement en tant que citoyen français.juifs_dehors

J’ai connu une période où l’antisémitisme semblait avoir été oublié. Issu de l’école républicaine j’avais des copains de tout bord, de toute race, de toute religion et nous avions la chance, je m’en aperçois aujourd’hui, de ne faire aucune différence entre nous. La religion pour celui qui était pratiquant était reléguée à la sphère privée et quand nous étions à l’école ou à l’extérieur nous étions dans l’espace républicain laïque, heureux de nous retrouver entre copains de jeu ou entre amis.

Cette situation idyllique n’a pas duré et puis petit à petit, les temps ont changé.

J’ai rejoint en 2003 le bureau exécutif d’une synagogue car je voulais m’impliquer un peu plus dans la communauté. Au début, nous avions uniquement des fonctions de gestionnaires mais au fil des années, une notion est apparue qui est devenue primordiale et obligatoire : celle de la sécurité. Ainsi de gestionnaires bénévoles nous avons dû devenir très rapidement des professionnels de la sécurité sans bénéficier d’une quelconque formation, en apprenant sur le tas. En quelques mois, le rôle de responsable communautaire s’est professionnalisée car la montée de l’antisémitisme s’est imposée comme une réalité.

On avait connu la liberté de la parole, on a découvert la liberté des actes car on s’est remis à tuer des juifs en France. 2015 restera l’année où l’armée s’est déployée devant les écoles juives, les synagogues et les centres communautaires. Des lieux jusque-là considérés comme des refuges et devenus soudain des cibles.

Quel impact psychologique sur nos enfants de voir dans tous les lieux où ils se trouvent, ces soldats le pistolet mitrailleur en bandoulière ?

Alors certains, de plus en plus nombreux décident de quitter une France jugée dangereuse pour leurs enfants et petits-enfants. Les chiffres du SPCJ organe de Sécurité et de Protection de la Communauté Juive sont éloquents : En 2015, 808 actes antijuifs ont été recensés. En comparaison 323 actes anti musulmans ont été enregistré pour la même période.

La terminologie retenue pour la dénomination précise d’un acte antisémite par le ministère de l’intérieur et reprise par le SPCJ est la suivante : il s’agit de tous les actes qui sont constitués d’actions et de menaces. Pour les actions : les attentats ou tentatives, les homicides ou tentatives, les violences, les incendies ou tentatives, les dégradations ou vandalisme. Pour les menaces : les propos, gestes menaçants et démonstrations injurieuses, les tracts et courriers, les inscriptions.

Le 9 janvier 2015, 29 personnes (hommes, femmes, enfants) sont prises en otage dans un supermarché cacher.  4 personnes y sont exécutées de sang-froid.

En 2015, une fois de plus, les juifs, qui représentent moins de 1% de la population totale, sont la cible à eux seuls de 40% des actes racistes commis en France et de 49% des violences racistes aux personnes. En moyenne, 2 actes antisémites sont recensés par la police chaque jour au cours de cette année.

Pour la première fois, l’antisémitisme atteint un niveau extrêmement élevé et on peut dire que les actes judéophobes commis sont le produit de facteurs endogènes ; les dynamiques franco françaises de l’antisémitisme se suffisent désormais à elles-mêmes pour atteindre des sommets.

Même si l’on peut penser que l’année 2016 sera moins difficile pour les juifs français, elle a tout juste démarrée qu’une attaque à la machette hyper violente a été perpétrée par un jeune de 15 ans. Et cette attaque a donné lieu à un débat surprenant dans la communauté juive : doit-on devenir des juifs cachés ?

Peut-on continuer à être juif en France sans risquer de se faire tuer, notamment à Toulouse qui fait partie des 10 villes les plus touchées par l’antisémitisme et qui arrive à la 4eme position avec 22 actes recensés pour 2015 ?

Ainsi, il est légitime de s’interroger aujourd’hui sur l’avenir des Juifs en France. La récente flambée de violences antijuives signe-t-elle la fin du “franco-judaïsme” longtemps donné comme l’exemple emblématique du bon fonctionnement de l’assimilation à la française ? Annonce-t-elle l’effacement du mythe du “vivre ensemble” que le “creuset républicain” avait rendu possible ?

Le modèle républicain d’intégration a fait faillite : Il existe une France antijuive dans la France contemporaine. Il ne s’agit pas d’une renaissance, ni d’une résurgence, mais d’une réinvention, d’une nouvelle naissance, offrant au regard socio-historique plus de discontinuités que de continuités, plus de différences que de ressemblances. Mais ce qui reste stable c’est la puissance du rejet, de la haine et du ressentiment, mais aussi du mépris et de la peur, passions négatives qui fusionnent dans la diabolisation, mode de construction de l’ennemi chimérique, dont “le Juif” reste le paradigme et l’emblème.

Nous ne sommes plus dans un état antisémite ou anti juif comme les français ont pu le connaitre au temps de l’affaire Dreyfus, puis pendant les années trente et qui a atteint son paroxysme au cours de la période 1940-1944.

Introduit dans la langue française dès 1881-1882 le mot antisémitisme n’est devenu courant qu’à la fin des années 1890. En France, Edouard Drumont, fut le premier antisémite « auto désigné » de profession qui structura sa doctrine antijuive sur la base de l’opposition manichéenne entre juifs et aryens, il s’exprimera dans La Libre Parole le 11 janvier 1895 en écrivant : « la question juive n’existait pas en 1886 en France. Grâce à moi, les français ont regardé et ont vu ».

Drumont est contemporain de l’affaire Dreyfus qui se déroula de 1894 à 1906. Capitaine de l’armée française, il est accusé de trahison en 1894 pour avoir livré des documents secrets aux allemands. Son accusation s’est faite sans recherches ni preuves ; Dreyfus est juif et il est devenu le coupable évident pour la France antisémite de l’époque.

Cette affaire a divisé la France pendant 12 ans, en deux camps les dreyfusards et les antidreyfusards. Le contexte social est marqué par la montée du nationalisme et de l’antisémitisme. Une montée très virulente depuis la publication de la France juive d’Edouard Drumont en 1886 qui va de pair avec une montée du cléricalisme. Les tensions sont fortes dans toutes les couches de la société attisées par une presse influente et pratiquement libre d’écrire et de diffuser n’importe quelle information.

L’antisémitisme n’épargne pas l’institution militaire qui pratique des discriminations occultes. Les officiers juifs sont atteints par une série d’articles de presse de La Libre Parole et sont accusés de trahir par naissance.

La haine du juif est désormais publique, violente alimentée par un brulot diabolisant la présence juive française qui représente plus de 80.000 personnes en 1895 dont 40.000 à Paris et plus de 45.000 en Algérie.

L’antisémitisme diffusé par La Libre Parole mais aussi par l’Eclair, Le Petit Journal, la Patrie, l’Intransigeant, la Croix, développent une judéophobie dans certains milieux catholiques qui atteint des sommets. On prépare en quelque sorte les années 30 et surtout les années de guerre qui ont fait plus de 6 millions de morts juifs en l’Europe.

Un temps apaisé, l’antijudaïsme revient au galop dans les années trente stimulé par la crise économique, le chômage et l’afflux des juifs allemands fuyant le nazisme et l’accession au pouvoir du front populaire dirigé par Léon Blum qui devient une valeur étendard de l’extrême droite portée par de nombreuses publications antisémites

Il était devenu indispensable de fermer les frontières mais on pensait également qu’il fallait repousser les juifs qui représentaient 300.000 âmes dans les années trente. Céline clamait : « il faut les renvoyer chez Hitler ! En Palestine ! En Pologne ! »

Plus tard l’Etat français dirigé par Pétain va hisser l’antisémitisme au rang d’idéologie officielle en prenant des mesures draconiennes :

  • La loi sur le statut des juifs,
  • La création du commissariat aux affaires juives
  • Les arrestations et l’internement des juifs dans les camps de d’internement, de transit et de concentration
  • La saisie des biens juifs et l’aryanisation
  • La déportation vers l’Allemagne

On peut prouver que l’administration française a fait preuve de beaucoup de zèle pendant la période pétainiste. Au final se sont 75.721 Juifs dont près de 11.000 enfants qui ont été déportés de France de mars 1942 à août 1944.

Après la guerre il est difficile de s’afficher comme antisémite même si l’antisémitisme n’a pas complètement disparu dans les milieux d’extrême droite et dans les milieux d’extrême gauche. L’antisémitisme est devenue une maladie honteuse.

Jusqu’en 1980, aucun crime a caractère antisémite n’a été recensé jusqu’au 3 octobre qui marque le premier attentat contre les juifs de France depuis la fin de la seconde guerre mondiale : 4 morts et 46 blessés, liés à la mouvance moyen orientale, devant la synagogue Copernic à Paris

Raymond Barre déclarera d’ailleurs sur TF1, le soir du 3 octobre : « un attentat odieux qui voulait frapper les israélites qui se rendaient à la synagogue et qui a frappé des français innocents qui traversaient la rue Copernic ! »

Le 9 aout 1982, dans un restaurant de la rue des Rosiers à Paris, un attentat fait 6 morts et 22 blessés, un attentat lié à la mouvance palestinienne du Fatah.

Il faudra attendre 24 ans pour qu’un nouveau meurtre soit commis en région parisienne le 13 février 2006 après 24 jours de séquestration et de torture subis par Ilan Halimi, parce que juif !

Un évènement passé malheureusement sous silence par les dirigeants politiques mais aussi hélas par une grosse partie des institutions représentatives de la communauté juive qui laissait présager la montée en puissance des attaques et des assassinats terroristes auxquels la communauté juive française allait être confrontée.

Le signal d’alarme n’a pas été entendu et le 19 mars 2012, l’attentat contre l’école Ozar Hatorah à Toulouse, fait 4 tués dont trois enfants.

Malgré ce qu’a pu dire Nicolas Sarkozy en s’exprimant sur la sécurité en France et en disant qu’il n’y a pas eu d’attentat terroriste pendant son quinquennat, je qualifierai cet acte ignoble et abject d’attentat terroriste (n’oublions pas que trois militaires ont été assassinés et qu’un quatrième reste paralysé à vie)

Comme tous les matins, ce lundi-là, je me rendais à mon travail, quand le téléphone retentit dans ma voiture. 8h20, j’étais au rond-point de Montaudran, un numéro parisien que je ne connaissais pas : un journaliste de ITV m’apprit qu’il y avait eu une attaque contre un lieu juif à Toulouse et qu’il cherchait des renseignements auprès des responsables communautaires. N’étant pas au courant je ne puis le renseigner.

Arrivé à mon bureau, cette nouvelle m’a un peu décontenancé et j’ai appelé un ami qui fait partie du bureau du CRIF et qui pourrait avoir des informations.

C’est lui qui m’a appris la nouvelle et il était doublement touché en tant que responsable communautaire mais aussi parce que ses deux fils étaient dans l’école au moment des faits et l’un des deux venait de lui téléphoner : « Il y a eu une fusillade et il y a eu des morts »

J’ai été contacté par la presse mondiale pendant toute la journée car j’ai appris plus tard que lorsque l’on tapait juif à Toulouse c’était mon numéro de portable qui sortait en premier ! J’ai de suite pris le parti de dire que c’était un attentat car les journalistes ont toujours utilisé le terme d’attaque, de fusillade qui pouvait laisser présager qu’il y avait eu un échange de tirs. Plusieurs journaux de l’époque reprirent d’ailleurs mes propos rapportés sur BFMTV.

« Ce n’est pas une fusillade, il n’y a pas eu d’échange de tirs, mais bien d’un attentat qui a touché des personnes innocentes ! »

Enfin je mentionnerai la prise d’otages du 9 janvier 2015 contre un supermarché cacher qui s’est soldée par un bilan de 4 morts.

Une immense manifestation qui tel un raz de marée a envahi les rues de toutes les villes de France, magnifique mouvement de solidarité suite à l’attaque contre Charlie Hebdo et la prise d’otages de l’Hyper Cacher.

Une manifestation qui en laissa quelques-uns perplexes, pour ne pas dire amers, des esprits chagrins sans doute me direz-vous, se demandant à quoi aurait ressemblé ce grand et magnifique élan populaire s’il n’y avait eu que des victimes juives ?

Ainsi l’histoire parle d’elle-même, l’antisémitisme a toujours été présent sur le sol français et même si les représentants officiels de l’état condamnent chaque attaque, il n’en reste pas moins que certains se lâchent et s’oublient de temps en temps. Les frasques de Jean Marie Le Pen avec le détail de l’histoire est connu de tout le monde, celle d’Emmanuel Macron futur candidat à la présidence de 2017, est moins médiatique, il est pourtant connu pour être plus modéré mais dira le 7 octobre 2016, « que les écoles juives enseignent la Torah plus que les savoirs fondamentaux ». Le 20 octobre 2016, le CRIF demande à la Haute autorité des primaires de la droite et du centre une condamnation ferme de Jean Frédéric Poisson. Ce dernier a déclaré la veille dans Nice Matin : « la proximité de Mme Clinton avec les super financiers de Wall Street et sa soumission aux lobbies sionistes sont dangereuses pour l’Europe et la France »

Alors oui, les gouvernements ne sont pas antisémites mais les hommes politiques se laissent parfois emporter et on est en droit de se demander pourquoi ?

Car en ayant de tels propos, c’est la République et ses valeurs fondamentales qui sont touchées. Sa division avait commencé sous le règne de Sarkozy avec « la France d’en haut et celle d’en bas », celle « des travailleurs et celle des profiteurs », elle semble se continuer avec le quinquennat de Hollande qui dénomme les classes sociales défavorisées, « les sans dents ».

La France s’achemine vers une élection présidentielle où l’une des alternatives pourrait être le Front National, le parti d’extrême droite qu’il n’est plus la peine d’être présenté. L’ensemble des sondages placent Marine le Pen au deuxième tour, une honte et un échec cuisant pour une France qui va mal et qui n’est plus la France.

La laïcité est bousculée par certaines minorités qui veulent modifier et adapter les valeurs de la République qui ont permis depuis 1789 à des dizaines de générations de pouvoir vivre ensemble sans problème en garantissant les mêmes droits et lois à ses concitoyens.

Désormais, les Français Juifs doivent vivre comme une minorité protégée. Les Juifs de France, dont les libertés sont menacées tandis que leur sentiment d’insécurité s’accroît après chaque agression, vivent désormais sous la pression d’une menace d’un terrorisme djihadiste endogène dont les acteurs sont nés en France et possèdent le plus souvent la nationalité française. On observe une montée du pessimisme chez les élites, diagnostiquant un déclin irréversible de la puissance d’intégration de la France républicaine, devenue une mosaïque de communautés séparées, rivales et mutuellement hostiles.

L’antisémitisme, l’antijudaïsme est toujours là. Il sait renaitre, s’adapter, se modifier, se propager tel un virus que l’on n’arrive pas à combattre

Le mythe du conspirateur revient au galop. Cette idéologie pernicieuse est véhiculée par la diffusion des « protocoles des sages de Sion » et de « mein Kampf » que l’on trouve dans certaines librairies françaises. Elle est aussi présente dans des prêches d’Imams salafistes et wahhabites qui véhiculent l’image du juif altérée par le prisme déformant du Coran décrivant entre autre des juifs sanguinaires et utilisateurs de sang qui est encore diffusé dans certains pays musulmans.

Dans les représentations sociales contemporaines, il existe deux composantes du noyau dur de l’image antijuive qui persistent et qui continuent à être diffusées :

  • Juif égale tradition, communauté, solidarité avec pour effet le couple séparation-inassimibilité
  • L’internationalisme, le cosmopolite impliquant le déracinement et une forte mobilité géographique, renvoient l’image d’un juif représentant l’élite, l’argent, l’infiltration, le pouvoir, l’influence avec pour effet le couple domination-manipulation qui dérive sur le soi-disant complot juif mondial, reformulé dans les années 60-70 comme complot sioniste mondial et plus récemment comme complot américano sioniste mondial !

C’est un des grands effets pervers de l’émancipation qui a fait sortir les juifs du ghetto en France en accordant la pleine égalité de droits par le vote de l’assemblée constituante en 1791 au début de la révolution française. Les juifs sont donc reconnus comme citoyens à part entière mais cela engendre un nouveau fantasme : la hantise du juif invisible dans la société moderne où il passe inaperçu. Il est semblable à nous mais en réalité…

Chez les ennemis du juif, il est imaginé comme une puissance cachée : « l’infiltration est l’instrument privilégié de la conquête juive » écrira Drumont. Cette vision de l’intrusion d’un corps étranger dans le corps national alimente l’image du juif manipulateur et persécuteur, comploteur et criminel.

Une image malheureusement véhiculée encore de nos jours et que l’on retrouve dans les spectacles du soit disant humoriste Dieudonné. Tout comme l’antisémitisme rédempteur élaboré par Hitler et les nazis qui trouve encore des résurgences dans certaines organisations ou groupuscules obscurs ou par certains dirigeants de pays du Moyen Orient.

Une nouvelle vision du juif comme incarnation d’une menace mortelle se traduit dans les faits par la négation du droit à l’existence de l’état d’Israël et la volonté explicite de le détruire, l’accusation de racisme visant les juifs en tant que sionistes – tout juif étant supposé être un sioniste jusqu’à preuve du contraire.

La propagande tiers-mondiste et pro-palestinienne a fait l’amalgame sionisme = racisme depuis la fin des années 1960, le sionisme étant assimilé ensuite à un impérialisme, un colonialisme, un fascisme, un régime d’apartheid et même à une résurgence d’un nouveau nazisme !

Aujourd’hui, internet a induit une révolution : les narrations marginales et délirantes ont droit de cité et leur caractère provocateur attire davantage les regards que les textes et les vidéos nuancés, produits par des professionnels ou tout au moins des personnes attachées à un discours étayé sur des faits. Auparavant les extrémistes de tout bord et fondamentalistes religieux n’avaient quasiment pas accès aux médias. Ils étaient largement exclus du domaine public. Cela n’est plus le cas aujourd’hui, l’information numérique où chacun peut s’exprimer, bénéficie d’un atout considérable : lorsqu’un événement survient, des centaines d’arguments sont soudain disponibles pour justifier le même délire. Des esprits faibles réagissent aussitôt en jugeant que s’il existe autant de preuves supposées, le délire en question correspond à une certaine réalité.

L’antijudaïsme y trouve ainsi un terrain propice à sa diffusion grâce à l’anonymat, car tout le monde peut s’exprimer sous le biais d’un pseudo et relayer ou exprimer des propos haineux sans être ennuyé.

Il existe en France une population particulièrement sensible à la propagande antisioniste où la haine des Juifs joue un rôle majeur. Une France où la “cause palestinienne” a trouvé ses adeptes les plus inconditionnels, ses militants les plus fanatiques, qui se disent en guerre contre le sionisme.

Il existe une France où se trouve le terreau des nouvelles passions antijuives, ainsi que l’armée de réserve du militantisme judéophobe, une France où certains mouvements politiques marginaux d’extrême gauche cherchent une légitimité électorale. Des mouvements et groupuscules qui semblent considérer les islamistes comme des alliés dans la lutte anticapitaliste et utilisent l’instrumentalisation et l’importation du conflit israélo palestinien pour asseoir leur pouvoir.

Cette gauche a cherché un substitut à la classe ouvrière qui a largement disparue de l’Europe post industrielle et à trouver chez les Palestiniens, les nouveaux « Damnés de la Terre ». Ceux sont eux les nouveaux opprimés, étendards de la lutte contre les oppresseurs impérialistes et capitalistes dont la nouvelle figure est le sionisme.

Fini la mauvaise conscience subie au nom de la traite des Noirs, la colonisation et surtout la Shoah. Fini le poids des culpabilités.

Jankélévitch l’expliquait très bien dès 1971 : « les victimes d’hier sont devenues les bourreaux d’aujourd’hui. Les sionistes sont les nouveaux nazis. Le péché ultime est lavé. Le peuple élu n’est finalement pas meilleur que ce que l’Europe a créé de pire. Les remords ne sont plus de mise. La parole peut se libérer »

Ainsi, une partie de la gauche et de l’extrême gauche dérivent vers l’antisémitisme et le normalisent.

L’antisionisme radical, dont l’objectif est l’élimination d’Israël en tant qu’État juif, constitue le noyau dur de cette nouvelle judéophobie. Etre antisioniste, ce n’est pas critiquer la politique de tel ou tel gouvernement israélien, les israéliens le font mieux que personne. Non, être antisioniste c’est refuser aux juifs la qualité de son peuple et son corolaire : le droit à l’auto détermination et à un État.

Remettre en cause l’existence de l’État d’Israël, compte tenu de sa spécificité juive ne peut s’analyser qu’au travers du prisme de l’antisémitisme.

L’antisionisme sert d’exutoire à la haine antijuive en lui donnant un visage plus acceptable. Exit, les anciens préjugés antisémites, jadis axés sur la religion (rejet du Christ par les Juifs – déicide) ou sur la prétendue « race juive ». Des arguments soi-disant politiques qui contribuent à la propagande antisémite. La délégitimation de l’état d’Israël passe par une série d’arguments nauséabonds où l’antisémitisme suinte de partout.

Ainsi on reproche à Israël ce que l’on reprochait autrefois aux juifs. Par exemple de tuer sciemment des enfants arabes (au Moyen Age on prétendait que le peuple déicide se servait du sang des petits chrétiens pour fabriquer le pain azyme). On accuse l’armée israélienne de se comporter en armée nazie. On utilise le terme infamant d’apartheid juridiquement impropre.

Tout ceci est faux, structurellement, juridiquement, factuellement. Prétendre que cet antisionisme ne serait motivé que par l’indignation suscitée par le sort réservé aux Palestiniens en Israël est une mystification. Si c’était le cas, les mêmes défileraient sans relâche pour les Palestiniens du Liban, d’Irak, de Jordanie ou de Syrie et appelleraient au boycott de ces pays-là. Or seul Israël est visé, seul Israël est boycotté !

Alors oui une frange grandissante du judaïsme français a tendance à sur-réagir à alerter l’opinion publique qu’il existe un problème en France. L’augmentation récente du nombre de candidats à l’Aliyah, ou au départ vers l’Amérique du Nord, montre que ce diagnostic pessimiste s’est largement répandu. Mais il est loin d’être partagé par la majorité des Juifs de France, qui continuent de se sentir des citoyens français et fiers de l’être, en dépit des menaces qu’ils perçoivent.

La grande erreur est de penser que l’antisémitisme ne menace que les juifs. C’est avant tout une menace pour l’Europe et pour ses libertés acquises en plusieurs siècles. Une société qui prône l’antisémitisme n’a jamais garanti la liberté, les droits de l’homme ou la liberté de religion. Toute société mue par la haine commence par chercher à détruire ses ennemis mais finit par se détruire elle-même.

Si l’on veut stopper un exode massif des juifs de France, il faut que la République réapprenne à parler à une partie de ses enfants. Les Lumières s’éteignent et leur universalité semble impuissante à empêcher un rétrécissement identitaire. Mais il faudra que la République y parvienne très vite au risque de succomber sous les assauts conjugués de l’offensive antirépublicaine actuellement en œuvre de l’extrême droite à l’extrême gauche sinon elle est vouée à disparaitre.

Car il existe des enclaves en France où la République brille par son absence, il y a des lieux interdits aux représentants de la loi, il existe des zones ghettoïsées sans mixité sociale, il y a des zones où l’on éduque les enfants dans la haine de l’autre et de l’abomination des valeurs de la République, il  existe des endroits de relégation et de foyers insurrectionnels contre la République, des zones où la laïcité n’a pas sa place, des endroits où la sécurité est à géométrie variable selon la couleur de sa foi, des lieux qui sont de véritables plaies dans l’espace républicain, il y a des zones où l’Etat est absent, des zones laboratoires sans Etat de droit, des enclaves où la République brille par son absence.

C’est le problème que la France devra résoudre au plus vite pour enrayer un exode massif des juifs mais aussi des autres.

Boaz Gasto
Source memoirescritiques

www.tribunejuive.info

Philippe Karsenty probablement investi par les Républicains aux législatives

 

Confidentiel paru dans Actu J

Le maire-adjoint (LR) de Neuilly, Philippe Karsenty, sera candidat aux prochaines élections législatives.

 

karsenty

L’homme d’affaires, et aussi éditeur, qui s’est rendu célèbre grâce à sa campagne en faveur de la vérité dans l’affaire al Dura pourrait obtenir l’investiture Les Républicains dans l’une des trois circonscriptions suivantes : celle de Neuilly-Puteaux, dont il l’élu (en raison du non-cumul des mandats, l’actuel maire-député Jean-Christophe Fromantin ne devrait pas se présenter), la 8èmecirconscription des Français de l’étranger (Israël, Italie, Grèce) ou encore la 1ère circonscription des Français de l’étranger qui est celle des Etats-Unis et du Canada.

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Esprit de la conférence d’août sur les deux djihad : 

En Europe, dire la vérité sur l’islam vous expose à deux sortes de fatwa : celle des imams, qui veulent vous tuer, et celle des médias mainstream, qui veulent vous réduire au silence. Il n’y a pas de liberté d’expression sur ce sujet.

Il y a aussi deux sortes de djihad : le djihad violent et le djihad civilisationnel.

Face au djihad violent, les médias mainstream minimisent ou dissimulent la nature islamiste des tueurs et parle de déséquilibrés. Ce djihad violent et très important en Europe et pèse notamment sur l’économie : c’est une catastrophe pour l’hôtellerie et la restauration française.

Plus grave, le djihad civilisationnel, ou sociétal, l’islamisation rampante de l’Occident, avance avec la complicité des usual suspects et des idiots utiles : les médias mainstream, la plupart des politiciens, la plupart des autorités religieuses. Il vise à imposer son mode de vie, la charia, non seulement à la population musulmane, mais aussi aux non-musulmans : ramadan, hijab, burqa, burkini…

Le voile islamique n’a rien à voir avec la liberté de religion, il a tout à voir avec le genre de société que les islamistes veulent nous imposer, et avec le fait qu’ils essaient de détruire notre société.

Voulez-vous savoir ce qui arrivera après la burqa ? A Abu Dhabi, il y a 10 jours, à l’aéroport, j’ai vu une femme qui portait une muselière et une œillère.

La distinction entre les idiots utiles et les alliés [des djihadistes] n’est pas toujours facile à faire. Certains politiciens comptent sur le vote islamique pour gagner les élections. Les Etats du Golfe (Arabie saoudite, Qatar, etc.) mettent tant d’argent dans le monde politique et médiatique français qu’ils créent une dépendance. Le Pape qui dit « Si je parle de violence islamique, je dois parler de violence catholique », ou qui ramène de Lesbos des réfugiés musulmans et non chrétiens : s’il ne se sent pas responsable des chrétiens, il ne fait pas son travail. Et Angela Merkel, qui a ouvert les portes de l’Allemagne à tant de gens, est-elle une idiote utile ou une complice ?

Nous avons longtemps cru que l’occidentalisation était le futur désiré par toute l’humanité. Mais maintenant cette croyance est concurrencée par une autre : celle que l’islam doit dominer le monde.

L’islam est le troisième totalitarisme auquel nous sommes confrontés, mais il est très différent des deux premiers. Le nazisme et le communisme ont été produits par nos sociétés : nous avons pu les défaire parce que nous savions comment ils étaient fabriqués. Mais l’islam a été créé en dehors de notre monde, et nous n’avons pas encore trouvé le moyen de le défaire.

Résumé français : Cenator
En savoir plus sur http://jforum.fr/philippe-karsenty-investi-des-republicains-aux-legislatives.html#piQ1ohmUDrOrIL7P.99

2017. Et si toutes les bonnes résolutions des Olim H’adachim avaient pouvoir de changer le monde ? Par Bely.

Impossible d’envisager la nouvelle année toute belle toute pure se réveillant dans le lit malodorant de l’an 2016 qui vient de s’y laisser mourir !

Une bien vilaine année, celle-là, que peu de gens regretteront avec tous ces meurtres, comme aux temps joyeux des décapitations, crucifixions, immolations, avec le retour d’un antisémitisme-antisionisme que l’on voulait accroire, grave erreur, à jamais éradiqué… J’en passe et des pires à l’appui…!

 

2017 est née. Et avec elle, tous les espoirs sont à nouveau d’actualité. Les bons vœux de nouveau de mise. Et les nouvelles bonnes résolutions reparties elles aussi comme en 14 !

 

Mais que faire, à l’échelle de chacun pour que tous les souhaits de bonne année, bonne santé, finances prospères, projets humanistes, paix intérieure, mais aussi Paix à dimension planétaire, réalisation incroyable d’une paix réelle entre les hommes de toutes couleurs, de toutes confessions sur une terre fertile, que tous ces souhaits ne soient pas qu’une vue de l’esprit, que faire pour qu’ils ne restent pas vœux pieux ?

D’abord y croire !

Et paraphraser Marc Twain l’auteur de cette parfaite formule : « Ils ne savaient pas que c’était impossible alors ils l’ont fait !

Pour cela pouf, pouf, pouf, retrouver son âme d’enfant, on efface tout et on recommence !

D’abord, y croire et ensuite…, y croire encore !

D’où la nécessité d’établir un tableau des charges super-concis pour ne rien oublier :

Pour commencer être en bonne santé le plus longtemps possible. Rien de plus facile selon les messages publicitaires télévisés qui préconisent pour ce faire d’ingurgiter les vitamines de 4 ou 5 fruits et légumes chaque jour.

Voilà qui commencerait fort mal pour ces nouveaux israéliens s’ils n’étaient de retour dans le pays de leurs ancêtres où coulent le lait et le miel, un pays où les hommes font sortir des fruits et légumes du désert. Un pays qui n’hésite pas à leur offrir une aide substantielle même si l’on ne peut encore parler de finances réellement prospères,

De tous ces vœux, vivre en paix est surement le challenge le plus difficile à réaliser ! Et pourtant Jérusalem…

Seule ville au monde où les trois façons d’envisager la condition divine trouvent place et devraient pouvoir coexister si ce n’était qu’une telle opportunité ne peut surseoir à la médiocrité de la condition humaine

 

Reste à faire plus ou moins l’impasse sur la célébration de ce 1er janvier, sachant que ce « passage symbolico-civil entre deux années » n’est finalement qu’une affaire de gros sous : Célébrée depuis toujours le 1er avril, le roi Charles IX, ayant de forts besoins d’argent décida, en l’an de grâce 1564 gagner trois mois sur cette entrée d’impôts !

 

Vœux pieux ou pas…

A quand le commencement tangible de toutes ces bonnes résolutions ?…

Les pharmaciens sont exemptés d’examen d’équivalence !

Ça y’est, c’est voté : les pharmaciens ayant plus de 3 ans d’expérience dans leur pays d’origine sont exemptés d’examen d’équivalence !
La Knesset a voté cet après-midi en seconde et troisième lecture de le correctif de la loi des pharmaciens.
Ce correctif concerne les pharmaciens ayant une expérience de plus de 3 ans dans leur pays d’origine (durant les 4 années précédant la demande) et stipule qu’un suivi professionnel d’un an en Israël, et un examen partiel sur la législation pharmaceutique israélienne, remplaceront l’examen d’équivalence. (pour les pharmaciens n’ayant que 2 ans d’expérience le suivi professionnel sera de 2 ans).
Ce correctif de la loi passe est à présent entériné, et c’est le moment pour nous de remercier tous ceux qui y ont contribué.
En effet, cela fait plusieurs mois que Qualita oeuvre de concert avec le CNEF, le Forum Kohelet, et le président de la Commission de la Santé de la Knesset, le député Eli Elalouf, afin d’exempter les pharmaciens Olim Hadashim de l’examen d’équivalence.
Nous continuons à œuvrer sur les autres professions et nous vous tiendrons bien sur informés de nos avancées.
MAZAL TOV !!

 

Qualita.org.il

Saint-Mandé : deux ans après l’Hyper Cacher, des familles juives ont préféré partir

Partir ou rester ? Deux ans après l’attaque terroriste de l’Hyper Cacher, qui s’est déroulé à quelques centaines de mètres de chez eux, ils sont nombreux, parmi les membres de la communauté juive de Saint-Mandé (Val-de-Marne), à se poser la question. «Certains de nos compatriotes ont été très meurtris d’être attaqués dans leur ville et dans leur commerce, confirme le maire (LR), Patrick Beaudouin. Et quelques-uns ont en effet jugé utile de s’éloigner, ce que nous comprenons et respectons. Mais d’autres sont également arrivés, depuis ces événements terribles.»

Quitter Saint-Mandé, David l’envisage sérieusement. «Tout le monde y pense, martèle-t-il avec force. Et beaucoup ont déjà franchi le pas, et sont partis en Israël, aux États-Unis ou au Canada.» Pour ce retraité de 72 ans, ce sera l’alya* ou rien. «Ailleurs, ce serait reculer pour mieux sauter. J’étais à l’Hyper Cacher le 9 janvier 2015, raconte-t-il. J’en suis parti une demi-heure avant l’attaque. Ces gens sont morts en faisant leurs courses, comment peut-on comprendre de telles choses ? Et ce n’est pas fini, ce n’est que le début.»

La question du départ, Patrick**, lui, y a répondu par un non catégorique. «Bien sûr que nous sommes inquiets, car les actes violents s’accélèrent à travers le monde, mais la peur ne nous fera pas partir, assure-t-il. Nos parents, nos grands-parents l’ont fait. Pas nous.» Laurent, ingénieur commercial, voit pour sa part dans le fait de rester à Saint-Mandé un acte de résistance. «Je ne partirai pas, car il n’y a aucune raison pour que je fuie mon pays, ce serait laisser la victoire aux terroristes, s’indigne-t-il. Je comprends ceux qui font le choix de quitter Saint-Mandé, mais pour moi, les attentats ne sont pas directement liés à la confession juive, c’est un mouvement global.»

«Notre rôle est de ne pas oublier, et de réveiller les consciences, résume Hay Krief, grand rabbin de Vincennes et Saint-Mandé. Le devoir de mémoire est inscrit dans la réalité de la communauté juive, mais c’est en tant que Français que nous avons été touchés. Au même titre que les autres.»

* Terme hébreu signifiant « ascension » ou « élévation spirituelle », et désignant le fait d’émigrer en Israël.**Le prénom a été changé à la demande de l’intéressé.

Recueillement et émotion, au Jardin de la paix

LP/M.-C.D.L’an dernier, cinq oliviers, symbolisant les victimes de l’attaque de l’Hyper Cacher, y avaient été plantés. Ce dimanche matin, à 11 heures, une cérémonie du souvenir s’est tenue devant le Jardin de la paix de Saint-Mandé, à l’initiative de la mairie, et en présence de représentants de la communauté juive, de l’Etat d’Israël, et de nombreux citoyens. «Il s’agit pour nous de rendre hommage à ceux qui ont souffert, et qui continuent de souffrir, mais aussi de rappeler nos valeurs, plus importantes que la folie meurtrière de quelques-uns», explique Patrick Beaudouin, maire (LR) de la ville.

Sophie*, 10 ans, a assisté à la cérémonie avec ses parents. Lorsqu’on lui demande comment elle se sent, elle s’agace : «Ben mal, évidemment !». Avant de se reprendre : «Mais c’est important qu’on organise des moments, comme ça». Emma, 8 ans, se dit quant à elle émue. «Des méchants ont tué des gens, pour faire peur à tout le monde, analyse-t-elle. C’était triste, on aurait dit un enterrement, mais c’est bien de se rappeler de ce qui s’est passé.» Son père, Laurent, partage son ressenti. «Il faut perpétuer la mémoire des victimes de la barbarie, insiste-t-il. Je suis de confession juive, mais même si cela n’avait pas été le cas, je serais venu. Pour l’unité républicaine.»

*Le prénom a été modifié.

  leparisien.fr

Hyper Cacher: deux ans après, vigilance mais sans céder à la peur

Le 9 janvier 2015, un jihadiste menait une attaque meurtrière dans une supérette casher de Paris. Deux ans plus tard, commerçants juifs et clients affichent une « vigilance » au quotidien, comme leur détermination à « vivre avec » la menace terroriste sans céder la peur.

A l’initiative du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), une cérémonie « d’hommage et de recueillement » aura lieu lundi devant l’Hyper Cacher de la Porte de Vincennes, dans l’Est parisien. Là où Amédy Coulibaly a exécuté quatre hommes et retenu en otages 29 personnes en ce jour d’affluence avant le shabbat, le repos sacré de fin de semaine.

L’attaque antisémite la plus meurtrière en France depuis plus de 30 ans – avec celle de l’école confessionnelle Ozar Hatorah à Toulouse en 2012 – a marqué les esprits.

Mais deux ans plus tard, le Crif, vitrine politique de la communauté juive (un demi-million de membres), souhaite « la plus grande sobriété » pour ce « triste anniversaire ».

Capture d'écran d'une video d'AFP TV en date du 9 jannvier 2015 de l'assaut donné donné par les forces de l'ordre lors de la prise d'otages à l'Hyper Cacher à Paris  © GABRIELLE CHATELAIN AFP/Archives

Capture d’écran d’une video d’AFP TV en date du 9 jannvier 2015 de l’assaut donné donné par les forces de l’ordre lors de la prise d’otages à l’Hyper Cacher à Paris © GABRIELLE CHATELAIN AFP/Archives

Sur place, en ce calme début d’année, rien ne témoigne de l’horreur vécue en janvier 2015, pas même une présence policière ou militaire.

Barbe grise et tête recouverte d’une casquette, Meyer, un médecin qui habite en Seine-Saint-Denis et consulte dans l’Essonne, a l’habitude de passer par ce quartier limitrophe du périphérique. Ce matin, il trouve rideau baissé à l’Hyper Cacher, fermé pour inventaire. Mais à proximité, traiteur et boucher sont ouverts.

« Avant on voyait la police, maintenant il n’y a plus rien », constate-t-il, relevant qu' »une présence plus visible serait peut-être un peu plus sécurisante ». Lui ne croit surtout pas au risque zéro: « On n’empêche pas le mal de se manifester… »

Les pouvoirs publics ont mis en avant leurs efforts pour protéger les lieux confessionnels depuis les attentats de janvier 2015, dont la totalité des quelque 800 écoles juives, synagogues et centres communautaires en France. A l’exception des entrées et sorties de classes, les gardes statiques ont depuis fait place à des patrouilles dynamiques, sans doute moins visibles mais qui « permettent de couvrir des zones plus importantes et d’avoir une meilleure réactivité », fait valoir le ministère de la Défense sur son site internet.

– « Plus peur aux Galeries Lafayette » –

Si les commerces communautaires ne font pas l’objet de mesures spécifiques, leur sécurisation peut éventuellement s’appuyer sur ces rondes. « A l’approche des fêtes juives, la sécurisation est renforcée. Et si un commerce fait l’objet d’une menace particulière, directe ou écrite, un dispositif est mis en place », assure à l’AFP une source policière.

Capture d'écran d'une video d'AFP TV en date du 9 jannvier 2015 des otages libérés par les forces de l'ordre à l'Hyper Cacher de la porte de Vincennes à Paris  © THOMAS SAMSON AFP/Archives

Capture d’écran d’une video d’AFP TV en date du 9 jannvier 2015 des otages libérés par les forces de l’ordre à l’Hyper Cacher de la porte de Vincennes à Paris © THOMAS SAMSON AFP/Archives

Les commerçants peuvent aussi compter sur le Service de protection de la communauté juive (SPCJ). « La communauté juive est puissamment impliquée dans la sécurité et la prévention depuis des décennies », explique Ariel Goldmann, ancien porte-parole de ce service créé en 1980, au lendemain de l’attentat de la rue Copernic à Paris (quatre morts).

Caroline, qui tient un petit restaurant de sushis casher dans la partie cossue du XVIIe arrondissement, se souvient des appels du SPCJ demandant, après les attentats de janvier 2015, « de signaler tout ce qui pouvait paraître étrange ».

« On s’est efforcé de ne rien changer à nos habitudes, mais on avait parfois la boule au ventre. Le rideau de fer, on évitait d’être seul pour le fermer », confie-t-elle.

Porte de Vincennes, le responsable d’un traiteur casher a fait réaliser un rideau verrouillable de l’intérieur, pour plus de sûreté.

Sortant d’une boucherie à côté, Sally, une cliente, dit rester « sur le qui-vive. Mais on mange casher, on est bien obligé de s’approvisionner ». Son amie Déborah acquiesce: « On vit avec. D’ailleurs, tout le monde est touché par le terrorisme. Personnellement, j’ai plus peur aux Galeries Lafayette qu’à l’Hyper Cacher ».

Pour Ariel Goldmann, président du Fonds social juif unifié (FSJU), « la menace terroriste contre la communauté juive, de l’avis de tous les experts, reste très élevée ». Et diffuse, ce qui ne simplifie pas la protection des nombreux commerces communautaires: « Attaquer la routine est très attractif pour maximiser l’impact de la terreur sur le grand public ».

 

Lepoint.fr

Un an après son agression, Benjamin Amsellem a toujours « des grandes peurs, des angoisses »

L’enseignant juif agressé le 11 janvier 2016 à Marseille par un lycéen s’est depuis installé avec sa femme et ses enfants en région parisienne. Il a témoigné ce mardi matin en exclusivité sur France Bleu Provence. Son agresseur présumé, toujours incarcéré, doit être renvoyé devant un tribunal.

Un an après son agression dans le 10e arrondissement de Marseille par un lycéen turc d’origine kurde âgé de 15 ans, Benjamin Amsellem a témoigné ce mardi matin à 7h50 sur France Bleu Provence.

Depuis qu’il a échappé à la mort, cet enseignant juif a quitté Marseille pour s’installer avec sa femme et ses enfants en région parisienne.

« J’avais besoin de tout changer, c’était une partie de ma reconstruction. (…) C’est très difficile, mais c’est une chose qu’il fallait que je fasse pour vider tout ça. »

Benjamin Amsellem se souvient distinctement de son agression le 11 janvier 2016. Il avait alors raconté qu’il avait « compris que (l’adolescent) voulait (le) tuer« . Cet enseignant de l’Institut franco-hébraïque La Source avait essayé de se défendre avec un livre.

Alors qu’il tentait de s’enfuir, son agresseur l’avait poursuivi, le blessant dans le dos. Un passant qui circulait à vélo s’était alors interposé pour le secourir.

Benjamin Amsellem est toujours suivi médicalement et se reconstruit tout doucement. Il affirme qu’il ne sent pas toujours en sécurité et parfois se « retourne dans la rue parce qu »(il) a l’impression d’être suivi. »

« C’est un très grand traumatisme. J’espérais m’en remettre un peu plus rapidement, mais c’est vrai qu’au jour le jour, ce n’est pas évident. (…) J’ai des grandes peurs, des angoisses que je ne connaissais pas auparavant. On vit différemment, on essaie de vivre avec. »

À quelques jours de la « date anniversaire », beaucoup de mauvais souvenirs ressurgissent. Pour ses cinq enfants, c’est également difficile à vivre : « Ils ont eu beaucoup de mal, ils étaient très angoissés pour moi. Ils faisaient des cauchemars. Ce n’est pas évident. »

Polémique sur le port de la kippa

Peu après l’agression, Zvi Ammar, le président du consistoire israélite de Marseille avait créé la polémique en conseillant aux juifs de Marseille de ne plus porter la kippa « en public ».

De son côté Bernard Cazeneuve, alors ministre de l’Intérieur, s’était rendu sur place pour témoigner de « la solidarité de l’État envers la communauté juive de Marseille« .

L’agresseur présumé renvoyé en correctionnelle

L’agresseur, arrêté aussitôt après l’agression et qui avait affirmé avoir agi au nom de Daech, est toujours derrière les barreaux. « Une juge d’instruction vient de prononcer une ordonnance de renvoi devant un tribunal » selon Me Fabrice Labi, l’avocat de Benjamin Amsellem.

Ariel Kandel : ‘Chacun doit chercher son frère pour l’aider à s’intégrer’

La police n’a pas encore publié ses conclusions sur le drame de Bakaa mais il semble que la mère de famille, qui suivait un traitement psychiatrique, aurait tué ses quatre filles avant de se donner la mort. La communauté francophone est totalement bouleversée par ce drame que personne ne pouvait imaginer.

Ariel Kandel, directeur général de Qualita, association israélienne créée par Marc Eisenberg qui œuvre en faveur de la Alya de France, a été interviewé sur Galei Tsahal sur cette tragédie. Il n’a pas voulu commenter ce drame mais il a souligné en revanche l’importance de la solidarité en Israël, et plus particulièrement envers les nouveaux immigrants de France ou d’ailleurs ‘qui ont parfois de graves difficultés d’intégration pouvant pousser à la dépression et qu’il faut entourer’. Il a insisté : « La situation n’est pas facile même quand on monte par sionisme. Chacun doit chercher son frère, pour l’aider à s’intégrer. Chaque citoyen d’Israël, à mon avis, doit adopter un Olé Hadash pour l’accompagner dans son intégration ».

B. De La Villardière s’explique sur i24news sur le reportage d’Enquête exclusive

Parmi les clichés dénoncés sur les réseaux sociaux figurait une présentation ambiguë de l’histoire

Dimanche 18 décembre, la chaîne française M6 diffusait un nouveau reportage sur Jérusalem qui est venu alimenter la défiance chez les Juifs de France autant qu’il a provoqué de nombreuses réactions d’indignation.

Une manifestation devant les locaux de M6, qui a réuni 600 personnes, a d’ailleurs été organisée à Paris le 22 décembre à l’appel d’un Collectif d’urgence, réunissant une vingtaine d’organisations juives et chrétiennes, dont l’organisation Europe Israël.

Parmi les clichés dénoncés sur les réseaux sociaux figurait une présentation ambiguë de l’histoire au cours de laquelle les différentes forces arabes de la région auraient uniquement subi la succession de conflits, sans jamais avoir pris l’initiative des combats.

Face aux critiques, le présentateur Bernard De La Villardière, s’est défendu de parti-pris sur sa page Facebook, et a affirmé avoir voulu « s’en prendre aux extrémistes des deux camps ».

Il a répondu aux questions de Jean-Charles Banoun sur i24news, face à Michael Bar Zvi, professeur de philosophie politique de l’université de Tel-Aviv, suite à la diffusion du reportage « Jérusalem, quand la ville sainte se déchire ».

« On essaie toujours d’être le plus impartial possible même si on sait que sur le conflit israélo-palestinien, c’est extrêmement difficile parce qu’il y a une hypersensibilité de part et d’autre sur les mots que vous employez et sur les choix que vous faites sur le plan éditorial », a expliqué Bernard De La Villardière, défendant sa connaissance du sujet et du conflit dans une région où il s’est déjà rendu à plusieurs reprises.

Le professeur Michael Bar Zvi a toutefois fait remarquer que du point de vue du « travail », il s’agissait d’un documentaire « entièrement à charge ».

« Ce documentaire est truffé d’inexactitudes, à la fois sur le plan factuel, sur le plan historique, sur le plan géopolitique de même que la sémantique adoptée est uniquement la sémantique pro-palestinienne. Au-delà de cela, il y a également des choix éditoriaux qui sont tout à fait discutables », a-t-il argumenté.

« Le travail de recherche n’a pas été fait de façon sérieuse, parce qu’il y a des erreurs factuelles gravissimes, et sur un sujet aussi complexe il faut être extrêmement précis. Quand on se trompe sur des chiffres, quand on se trompe sur des dates et quand on se trompe sur des faits historiques qui sont avérés, après on a des difficultés à défendre son travail », a insisté l’universitaire.

Le présentateur de M6 s’est défendu en expliquant qu’il comprenait « qu’en ce moment les opinions publiques sont extrêmement crispées sur cette question », estimant qu’il avait « fait son travail » et accusant le professeur Michael Bar Zvi d’avoir « un parti-pris ».

« On sait bien que ce conflit a produit des guerres. C’est pour montrer la dimension de ce conflit qui est structurant de pas mal de choses qui se passent aujourd’hui sur la planète (que nous avons fait ce travail) », a déclaré Bernard De La Villardière au sujet de son reportage.

Quelques jours après la diffusion de l’émission, les réactions politiques n’avaient pas tardé, notamment avec une tribune publiée par le député des français de l’étranger, Meyer Habib, qui déclarait que « les juifs sont systématiquement présentés dans le reportage comme des « colons », sur leur terre, alors que la présence juive à Jérusalem est plurimillénaire et que depuis le premier recensement de 1844, ils ont toujours été majoritaires dans la ville trois fois sainte ».

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« Enquête exclusive » sur Jérusalem: Meyer Habib répond au PDG d’M6

Monsieur le Président-Directeur général de M6,

Je tenais à vous faire part de ma déception, voire ma consternation, suite à la diffusion le 18 décembre dernier du numéro d’Enquête exclusive titré « Jérusalem : quand la ville sainte se déchire ». En ma qualité de Député des Français d’Israël, j’ai été saisi par de très nombreux administrés et téléspectateurs de M6, qui m’ont exprimé leur profonde émotion, au point qu’un rassemblement de protestation est prévu jeudi 22 décembre devant le siège de votre groupe à Neuilly-sur-Seine.

Si la structure du reportage peut créer l’illusion de l’équilibre, le ton des commentaires, le choix des contenus et les erreurs factuelles en font un document biaisé et totalement à charge contre Israël. Le parti pris est hélas manifestement volontaire, en témoignent plusieurs longues interviews intégralement supprimées au montage. Ce manque d’objectivité n’est pas seulement une injure aux 150 000 Français d’Israël mais est aussi un affront au peuple juif dans son ensemble, aux amis d’Israël, aux Chrétiens et à tous ceux qui sont attachés à la vérité historique.

Je ne peux pas dans une lettre entrer dans tous les détails mais le reportage est truffé d’inexactitudes et d’omissions historiques. Ainsi, dès l’ouverture, Bernard de la Villardière évoque « l’esplanade de mosquées appelé Mont du Temple par les Juifs », insinuant que les Juifs tentent de s’approprier un lieu saint musulman alors qu’il est historiquement incontestable que le premier Temple de Jérusalem fût édifié en -1000 et le second, en -516, avant d’être détruit en 70 par les armées de Titus (et non pas « disparu » pour reprendre les termes du reporter), soit plus de 1200 ans avant la Mosquée Al-Aqsa !! Cette inversion chronologique est loin d’être neutre et a pour effet, volontaire ou pas, de contester la légitimité d’Israël sur Jérusalem. Nous avons été sincèrement blessés quand on sait la centralité de Jérusalem dans l’histoire et la spiritualité juives et plus généralement dans la culture judéo-chrétienne. C’est un fait : pendant deux mille ans d’exil, même dans les périodes les plus sombres de leur histoire, sous l’Inquisition, face aux Pogroms ou lors du Soulèvement du Ghetto de Varsovie, le nom de Jérusalem a toujours vibré pour les Juifs du monde entier comme une promesse et une espérance. A l’instar d’Elie Wiesel, disparu en juillet, tout Juif peut affirmer : « Je ne vis pas à Jérusalem, Jérusalem vit en moi. »

Les juifs sont systématiquement présentés dans le reportage comme des « colons », sur leur terre, alors que la présence juive à Jérusalem est plurimillénaire et que depuis le premier recensement de 1844, ils ont toujours été majoritaires dans la ville trois fois sainte. Le problème de fond est que ce parti pris n’est pas isolé mais s’inscrit hélas dans un contexte où sévit depuis des années à l’UNESCO un véritable djihad intellectuel et diplomatique, qui se traduit par une entreprise de falsification historique et de négation systématique de toute présence historique du peuple juif à Jérusalem et en Israël.

Par ailleurs, le reportage, dans un prétendu souci d’équilibre, renvoie dos à dos les « extrémistes des deux camps ». Quelle que soit la sensibilité de la rédaction sur le conflit israélo-palestinien, il est immoral, et même dangereux, de renvoyer dos à dos terroristes et victimes, agresseurs et agressés. D’un côté une glorification des terroristes, des milliers d’attentats depuis des décennies, de l’autre quelques exactions certes intolérables mais largement condamnées par le public et surtout punies par la loi. Qui mieux que nous, Français, alors que notre pays est la cible d’attentats meurtriers d’une rare violence, peut comprendre le caractère barbare et injustifiable d’un attentat terroriste visant aveuglément des civils qu’il soit commis à Paris, à Nice, à Berlin ou à Jérusalem ?

Ainsi, le document évacue en une phrase les organisations djihadistes palestiniennes – Hamas, Djihad islamique et Fatah – qui pratiquent depuis des décennies un terrorisme aveugle, endoctrinent les jeunes à la haine et les incitent à mourir en « martyr ». Pas un mot sur le fait que ces organisations écrivent noir sur blanc dans leurs chartes, leur refus catégorique de reconnaître un Etat juif dans quelques frontières que ce soit et combattent pour un Etat palestinien islamiste, régi par la charia, pas à côté mais à la place d’Israël. Le reportage laisse penser que la violence serait due au fait que les Palestiniens sont progressivement dépossédés de leurs terres et que l’avenir de la Mosquée Al-Aqsa serait compromis… Or, l’expérience des dernières années le montre : le conflit israélo-palestinien n’est pas qu’un conflit de territoire mais n’est que la forme première de ce djihad global auquel le monde libre fait face et qui a tué hier encore douze innocents sur un Marché de Noël à Berlin.

Et que dire, enfin, de certains passages aux relents antisémites ? Entre ce député israélien qui, à l’issue de sa conférence, « ne perd pas le nord », fais de « bonnes affaires » en vendant son livre et ramasse ostensiblement des liasses de billets … De même pour cette présentation d’un Israël qui persécute aujourd’hui ses Chrétiens à Bayt Jala ! Accusation d’autant plus choquante qu’Israël est aujourd’hui le seul Etat de la région à garantir une pleine liberté de culte à toutes les religions. A contrario, pas un mot sur les brimades et menaces subies par les Chrétiens de Palestine, en proie aux djihadistes et à des autorités corrompues, dont la part dans la population totale est passée de 10% en 1922 à moins de 1% en 2010. Silence sur Bethléem, ville de naissance du Christ, dont près de 80% de la population était chrétienne en 1993, avant les Accords d’Oslo, pour moins de 18% aujourd’hui, depuis que ce territoire est sous administration palestinienne. Comme les Chrétiens d’Iraq, comme les Chrétiens de Syrie, comme les Coptes égyptiens, les communautés chrétiennes de Judée-Samarie et de Gaza, parfois contraintes à se convertir à l’islam, sont en train de disparaître dans un silence assourdissant, incapables de résister à l’islam politique.

Ouvrons les yeux : la victimisation systématique des Palestiniens a pour effet d’exaspérer les passions, alimenter la haine d’Israël et risque in fine de légitimer la violence contre les Français juifs. Je rappelle douloureusement, à cet égard, qu’en 2012, Merah a justifié l’effroyable tuerie de l’école Ozar Hatorah à Toulouse par le sort des enfants palestiniens. En janvier 2015, Coulibaly a brandi le même motif pour l’attentat de l’Hypercasher, où quatre de nos compatriotes ont été abattus parce que juifs. J’aurais espéré, après l’émotion suscitée par ces attentats, que les médias, et particulièrement les médias grand public suivis par des millions de téléspectateurs comme le magazine Enquête exclusive sur M6, prendraient conscience de leur responsabilité et opteraient pour une couverture plus équilibrée du conflit israélo-palestinien pour apaiser les consciences et pacifier le débat démocratique.

La liberté de la presse est une liberté fondamentale. Toutefois, elle n’autorise pas, surtout quand il s’agit d’un sujet si complexe et si sensible, une présentation orientée, risquant de heurter les sensibilités et d’enflammer les esprits. Quand le sensationnalisme falsifie l’Histoire et attise la haine, il trahit le journalisme.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président-Directeur général, l’expression de mes salutations distinguées.

Ouman : grave incident antisémite

Des voyous au crâne rasé ont fait irruption dans la nuit, vers 2 heures du matin, dans le mausolée de Rabbi Nahman de Braslav, dans la ville d’Ouman en Ukraine. Après avoir lancé sur place une tête de porc sur laquelle avait été gravée une croix gammée, ils ont dispersé d’autres parties du corps de la bête et ont ensuite projeté de la peinture rouge, couleur sang, sur le sol et les tables.

Puis ils se sont approchés des fidèles qui priaient sur place et ont dispersé sur eux des gaz lacrymogènes tout en proférant des insultes antisémites. La police ukrainienne, qui avait été prévenue, est arrivée rapidement sur les lieux. Les assaillants ont pris la fuite et pour l’instant, les autorités locales n’ont procédé à aucune arrestation.

Des témoins ont raconté que les antisémites avaient profité de l’heure tardive pour commettre leur forfait, sachant qu’il n’y avait alors que quelques personnes âgées. Les Juifs qui vivent à Ouman ont indiqué qu’ils avaient déjà subi des actes antisémites par le passé mais que cette fois, l’incident était particulièrement grave.

Beaucoup de Juifs sont attendus à Ouman à l’occasion de Hanouka et pour prévenir tout incident, les autorités ont décidé d’assurer une surveillance permanente du site.

Taglit : nouveau record cet hiver

Le projet Taglit, qui propose un voyage gratuit de dix jours en Israël, vient de remporter un nouveau record avec l’arrivée cette semaine à l’aéroport Ben Gourion, en une seule journée, de 2 100 jeunes venus découvrir le pays. Pendant tout l’hiver, on attend pas moins de 16 000 Juifs âgés de 18 à 26 ans, de 22 pays différents.

Ils viennent de France, des Etats-Unis, du Canada, de Russie, d’Ukraine, d’Allemagne, du Brésil, d’Argentine, d’Australie, du Mexique, d’Espagne, du Panama, de Grande Bretagne, de Hongrie, etc.
Au total, depuis le lancement du programme, plus de 500 000 jeunes Juifs ont ainsi visité Israël.

Fondée il y a plus de 15 ans avec le soutien du gouvernement israélien, de donateurs privés, de l’Agence Juive et de communautés juives de diaspora, cette organisation appelée en anglais ‘Birthright Israel’ a pour but de renforcer les liens de la jeunesse juive de diaspora avec le judaïsme et Israël et éventuellement d’inciter à la Alya.

Il y a quelques jours, le directeur général de Taglit Guidi Mark était interviewé sur Galei Tsahal. Il a expliqué que ‘Taglid avait été fondé en raison de l’éloignement des jeunes de diaspora de l’Etat d’Israël et de l’augmentation considérable du nombre des mariages mixtes’.

Il a ajouté : « Notre programme est considéré comme le plus efficace pour renforcer l’identité juive ». Et de préciser encore qu’il avait en outre permis de favoriser la Alya et le tourisme de la jeunesse en Israël. ‘Au départ, nous faisions venir 2000 jeunes par an. A l’heure actuelle, ils sont 45 000 ».

La délation sous l’occupation

Il y a trois ans exactement, le 1er décembre 2013, André Halimi, producteur, ancien journaliste et fondateur du Festival du cinéma américain de Deauville, s’est éteint à Jérusalem à l’âge de 83 ans. Sa fille, Beatrice Nakache, qui a travaillé à ses côtés pendant plus de vingt ans, lui rend hommage lors d’une soirée organisée avec la cinémathèque de Jérusalem et l’association AEEIF Israël.

Lors de cette soirée, qui se tiendra le 18 décembre, le film  »La délation sous l’occupation » d’André Halimi sera projeté et suivi d’un débat animé par Daniel Haïk et l’historien Alain Michel.

Le P’tit Hebdo: Pourquoi avoir choisi de diffuser ce film de votre père pour cette soirée hommage?

Beatrice Nakache: Lorsque ce film est sorti, il avait tout particulièrement intéressé la communauté juive en France. Il est le fruit d’un long et minutieux travail de recherche et comptait beaucoup pour mon père. Ce film n’a jamais été vu en Israël.

Le documentaire recueille des témoignages des nombreuses victimes de la délation ou de leurs proches ainsi que des interviews et des analyses d’historiens et de psychanalystes.

Lph: Peut-on déterminer un profil de ces délateurs?

B.N.: Les délateurs dénonçaient parfois par vengeance, par haine ou par idéologie politique et souvent pour toucher de l’argent. Ainsi, une échelle de valeur avait été établie: dénoncer un communiste rapportait plus d’argent; on estimait qu’un Juif serait de toute façon tôt ou tard confondu.

Ces comportements sont effrayants parce que, bien entendu, les personnes dénoncées étaient envoyées à la mort. Ce film nous amène à nous interroger sur un phénomène qui n’est pas propre à la seconde guerre mondiale. Aujourd’hui encore certains contextes sont favorables à ce genre de comportements. C’est pourquoi nous devons en parler pour en tirer les leçons.

 

Lph: Votre père est arrivé en France depuis la Tunisie en 1954. Il a réalisé plusieurs films sur la Shoah dont celui-ci et  »Chantons sous l’occupation ». Comment expliquez-vous qu’il se soit si bien approprié un sujet qu’il n’a pourtant pas vécu directement?

B.N.: Mon père était un précurseur, dès que les langues ont commencé à se délier sur les atrocités de la Shoah, il a tenu à remuer ce que l’on voulait taire. Il s’est senti concerné, pour lui c’était une mission. A cela s’ajoute le fait que ma mère vienne de Salonique et que par son intermédiaire mon père se sentait pleinement touché par le drame de la Shoah.

 

Lph: Que représente pour vous, la fille du réalisateur, de projeter ce film en Israël, à Jérusalem?

B.N.: Je suis très émue. Je dis toujours que les deux moments les plus chargés en émotion de mon alya sont le jour où je suis arrivée et celui où j’ai vu toutes les archives de mon père étiquetées à la cinémathèque de Jérusalem, elles ont aussi fait leur alya. Mon père est décédé deux mois à peine après s’être installé en Israël. Quand je vois la facilité avec laquelle ses archives sont accueillies, ses films sont projetés, c’est pour moi un symbole extraordinaire! La prochaine étape sera d’ailleurs de les rendre accessibles à un public hébraïsant.

 

La délation sous l’occupation. Dim 18 déc, 19h30, cinémathèque de Jérusalem

Réservations: 02-6731375 ou 052-4368653

 

Propos recueillis par Guitel Ben-Ishay

Victoire pour les français de l’étranger !

JANVIER 2018 !

Depuis 2013, le Député Meyer Habib interpelle le Gouvernement pour dénoncer les difficultés liées aux certificats de vie, véritable source d’angoisse et de précarité pour des centaines de milliers de retraités français dans le monde et en particulier en Israël.

 

« Combien d’entre vous ou de vos proches se sont retrouvés dans cette situation insupportable où la caisse de sécurité sociale gèle le versement de la pension au motif que le certificat de vie n’est pas parvenu à temps pour des raisons inexplicables.

Il n’est pas acceptable que des retraités qui ont cotisé toute leur vie vivent avec une épée de Damoclès au-dessus de leur tête ! » a déclaré récemment le député et a ajouté:

« C’est pourquoi c’est une immense victoire pour les Français de l’étranger que j’ai réussi à faire adopter un amendement au Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2017 (PLFSS 2017) visant à simplifier et faciliter la transmission des certificats de vie par la dématérialisation de la procédure tout en limitant au maximum les risques de fraude.

La Ministre a entendu nos arguments et émis un avis favorable.

Un tel dispositif a déjà été mis en place ou est en voie de l’être dans la plupart des pays de l’Union européenne. Il sera étendu au monde entier et entrera en vigueur le 1er janvier 2018.

Concrètement il en sera bientôt fini des déplacements au consulat ou chez les médecins agréés et de ces courriers postaux dont on ne sait jamais s’ils sont arrivés à temps. Tout se fera par Internet. Les modalités concrètes seront précisées dans les mois à venir. Je vous tiendrai informés.

C’est une très belle victoire pour les quelques 2.5 millions de Français de l’étranger.

Je continuerai à porter votre voix et défendre vos intérêts.

C’est parfois difficile, comme nous le voyons sur la CSG-CRDS sur les revenus du patrimoine que le Gouvernement

s’obstine à maintenir, mais, on l’a vu, avec le temps le travail paie. »

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