mardi, 21 novembre, 2017

Briser la volonté de combattre des Palestiniens par Daniel Pipes

En novembre 2015, Daniel Polisar du Shalem College de Jérusalem a suscité la polémique sur la question des relations israélo-palestiniennes en publiant son essai intitulé What Do Palestinians Want? (Que veulent les Palestiniens ?). Dans cet ouvrage, après avoir étudié 330 sondages destinés à « comprendre le point de vue des Palestiniens ordinaires » sur Israël, les Israéliens, les juifs et l’utilité de la violence contre ces derniers, il a constaté que les agresseurs palestiniens sont « vénérés » par leur société, avec tout ce que cela implique.

Daniel Polisar a à nouveau alimenté le débat en publiant Do Palestinians Want a Two-State Solution? (Les Palestiniens veulent-ils une solution à deux États ?). Cette fois, l’auteur s’est penché sur quelque 400 sondages d’opinion menés auprès des Palestiniens, afin de trouver une cohérence parmi des éléments apparemment contradictoires portant sur la manière de résoudre le conflit avec Israël. À partir de cette masse confuse, Polisar est parvenu de façon convaincante à établir que les Palestiniens entretiennent, à titre collectif, trois opinions connexes sur Israël : son absence de droit à l’existence sur le plan aussi bien historique que moral, son caractère intrinsèquement rapace et expansionniste et sa vocation à disparaître. Parallèlement, ces attitudes expliquent et justifient l’exigence largement partagée par les Palestiniens de voir la création d’un État allant « du fleuve à la mer », à savoir la Grande Palestine, ce pays qu’ils font apparaître sur des cartes où l’État d’Israël a été effacé.

Par son analyse, Polisar a disséqué avec finesse ce phénomène que j’appelle la politique palestinienne du rejet. Il s’agit de la politique instaurée en 1921 par l’ignoble mufti de Jérusalem, Amin al-Husseini, et qui s’est poursuivie de façon constante depuis lors, c’est-à-dire près d’un siècle. Aux termes de cette politique, les Palestiniens (et au-delà, les Arabes et les musulmans) se doivent de rejeter le sionisme dans tous ses aspects en déniant aux juifs tout lien avec la terre d’Israël, en luttant contre la propriété juive de cette terre, en refusant de reconnaître un quelconque pouvoir politique juif, en repoussant toute relation commerciale avec les sionistes, en assassinant des sionistes en tout lieu et en s’alliant à toute puissance étrangère, y compris l’Allemagne nazie et la Russie soviétique, pourvu que cela permette l’éradication du sionisme.

Amin al-Husseini passant en revue des troupes SS bosniaques.

Cette continuité est frappante. Tous les grands dirigeants palestiniens – Amin al-Husseini, Ahmad al-Shukeiri, Yasser Arafat, Mahmoud Abbas et Yahya Sinwar (le nouveau leader du Hamas à Gaza) – ont fait de l’élimination de la présence sioniste leur objectif unique. Il est vrai que par moments, ils ont, pour des raisons tactiques, fait quelques compromis (le plus notable étant celui des accords d’Oslo en 1993) mais pour les contrecarrer dès que possible.

Pour le dire autrement, le « processus de paix » israélo-palestinien entamé en 1989 n’a été qu’une énorme farce. Alors que les Israéliens ont dialogué sérieusement et fait de « douloureuses concessions », leurs homologues palestiniens ont fait des promesses qu’ils n’avaient pas l’intention de tenir, un comportement qu’Arafat a eu le culot de montrer publiquement à ses électeurs au moment même où il signait les accords d’Oslo et qu’il a reproduit par la suite à maintes reprises.

Aussi longtemps que la politique du rejet sévira, les débats sur une solution à un, deux ou trois États, sur la répartition du Mont du Temple entre deux zones souveraines ou encore sur les réseaux électriques et l’approvisionnement en eau, tous ces débats ne serviront à rien. Il n’y aura pas de solution possible tant que la plupart des Palestiniens rêveront de l’anéantissement de l’État juif, un état d’esprit qui rend effectivement toute négociation contreproductive et qui fait qu’avec la signature des accords d’Oslo et de tant d’autres bouts de papier, la situation s’est fortement dégradée. La farce que représentent les négociations doit donc cesser de toute urgence.

Mais alors, que peut-on faire sans négociations ? Polisar recommande, à juste titre, de s’attaquer au problème de façon frontale par « des mesures destinées à réduire de façon décisive le soutien populaire palestinien à un État maximaliste. » Ce changement correspond à ce que j’appelle une stratégie israélienne de victoire qui consiste à briser la volonté de combattre des Palestiniens en leur démontrant que les juifs entretiennent des liens historiques avec ce pays, qu’Israël dispose d’une population déterminée, d’une économie et d’une armée fortes ainsi que d’alliés puissants et que, dans le même temps, Israël respecte ses voisins et sera encore là pour longtemps. C’est pourquoi le rêve d’une Grande Palestine relève du fantasme le plus complet.

En d’autres termes, disons aux Palestiniens que la comédie a assez duré et qu’ils doivent accepter l’État juif, commercer avec lui et tirer profit de son dynamisme.

Fort heureusement, la situation actuelle n’est pas tout à fait négative. Mes recherches montrent, et celles de Polisar le confirment, qu’environ 20 % des Palestiniens sont prêts à vivre en paix avec l’État juif. Le défi est de faire en sorte que ce nombre atteigne 60 % ou plus pour que cette majorité puisse enfin arracher le mouvement national palestinien des mains des partisans du rejet.

Ce processus ne sera ni facile, ni agréable étant donné qu’on ne pourra pas éviter l’épreuve amère de la défaite. L’Autorité palestinienne et le Hamas réprimeront violemment toute tentative d’accommodement avec Israël, ce qui rendra la transition d’autant plus douloureuse. Toutefois, ils ne parviendront pas à contrer la démoralisation et l’insubordination qui touchent leur population ni à arrêter le mouvement favorable à la fin des hostilités. À mesure que la réalité de la défaite pénétrera les mentalités, s’élèveront et se renforceront inexorablement de nouvelles voix appelant à mettre un terme à un siècle de cette politique du rejet désastreuse.

Une fois que les Palestiniens auront surmonté cette épreuve, ils profiteront largement du fait de s’être débarrassés du fardeau de l’antisionisme et pourront enfin commencer à construire leur propre vie politique, socio-économique et culturelle et se mettre à l’école de leur remarquable voisin. Tout le monde sera gagnant une fois que ce peuple fier concentrera son attention sur la création des institutions de la société civile et sur l’éducation de leurs enfants axée sur l’apprentissage de savoirs et de techniques et non plus sur la haine.

L’apprentissage des techniques d’irrigation au goutte à goutte est l’une des nombreuses manières dont les Palestiniens peuvent tirer profit d’Israël.

Le soutien international, et particulièrement américain, favorisera d’autant plus la stratégie israélienne de victoire et la transition vers un avenir meilleur pour les Palestiniens. Puisse l’administration Trump mettre fin au cycle calamiteux des négociations et, en lieu et place, aider son « précieux allié » à gagner sa guerre.

par Daniel Pipes
Times of Israel Français

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Commentaire

  • LEANDRI Marie

    22 mai 2017

    enfin des commentaires positifs avec un état d’esprit d’acceptation réciproque des deux frères !
    Voici une histoire vraie. Ma fille prend régulièrement un car pour rentrer chez elle à Grenoble et voici qu’un petit monsieur chapeauté, tout vêtu de noir monte dans le bus : un rabbin probablement ! A l ‘ arrêt suivant monte un mr arabe, un peu éméché et qui se plante devant lui. Silence total dans le car, tout le monde retient son souffle ! « Alors c’est quand qu’on fait la paix dit l’homme ? »  » Bien, toi et moi, on a déjà commencé répond le rabbin, en se penchant gentiment vers lui ! Soulagement ds le car.

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