mardi, 25 avril, 2017

Le bel âge! Ces seniors hyperactifs

Ils sont retraités, on les appellera avec beaucoup de respect et d’admiration, nos seniors. Ce qui les caractérise: leur dynamisme à faire pâlir les plus jeunes d’entre nous! LPH dresse le portrait de quelques-uns de ces personnages qui sont toujours dans l’action et que rien ne peut arrêter! Accrochez vos ceintures parce que ça remue!

 

Solange Benichou

Le volontariat n’a pas d’âge

 

Solange Benichou vit en France. Quand on le lui demande gentiment, elle accepte de nous donner son âge: 80 ans et une forme à toute épreuve. La preuve: cette vaillante dame en est à sa 29e participation au volontariat auprès des soldats de Tsahal!

 »J’ai toujours été très heureuse de voir les soldats israéliens », raconte-t-elle,  »alors quand j’ai pris ma retraite et que j’ai entendu sur Radio J une pub pour le volontariat, je n’ai pas hésité »!

Depuis 2009, Solange vient trois fois par an en Israël, dans les bases militaires pour se rendre utile auprès de notre armée.  »Je fais tout ce que l’on me demande! Pour moi cela n’a aucune importance ce que je mange, où je dors, même si c’est par terre. Ce qui compte c’est d’aider Tsahal »!

Et à son âge, elle ne recule devant rien: nettoyer, porter des charges, réparer les casques, construire les antennes des tanks, remplir les paquetages, s’occuper du linge monter sur des camions, sur des étagères, même si  »tout le monde (lui) dit de se tenir un peu plus tranquille »!

Solange nous l’avoue:  »Je me sens merveilleusement bien avec les soldats. La seule chose qui m’énerve ce sont les gens qui se plaignent! »

Ne lui demandez pas si elle ne voudrait pas prendre un peu de repos!  »Si je me repose, je me sens mal. Je bouge, je suis active, cela me fait oublier mes soucis et JE KIFFE »!

 

Esther Azoulai

Promouvoir la culture française auprès de tous

Esther possède un parcours original: elle a grandi en Israël puis a vécu l’essentiel de sa vie en France avant de revenir s’installer dans notre pays avec son mari Charles, une fois à la retraite. Les deux étaient enseignants et déjà très actifs dans la vie communautaire de Grenoble. Ils se sont installés à Carmiel au nord et pour eux, pas question de se rouler les pouces! Charles se porte volontaire pour donner des cours de français dans un club de retraités de la ville.  »En parlant avec la directrice du club », nous raconte Esther,  »nous avons pensé qu’il manquait un moadon pour la culture française à Carmiel ».

Esther prend les choses en main et fonde donc ce moadon il y a trois ans. Le succès est au rendez-vous.  »Notre listing contient plus de 120 personnes et lors de nos activités bi-mensuelles, nous réunissons plus d’une trentaine de personnes ». Ces participants ne sont pas uniquement des francophones ou des olim, ce sont aussi des amoureux de la culture et de la langue françaises.

Pour Esther, sa vie de retraitée se déroule à un rythme encore plus effréné que quand elle travaillait: « Je manque de temps! ». Outre le moadon, elle est bénévole au sein du merkaz klita de Carmiel et de l’association pour les malades du cancer et fait du sport!  »Je ne peux pas concevoir ma retraite sans vie sociale, sans donner à ceux qui en ont besoin », nous explique-t-elle. Et cela inclut aussi sa famille: « Mes enfants et mes petits-enfants sont ma priorité ». De l’art de jongler!

 

Claude David Frankforter

On est plus actif lorsque l’on est chez soi!

 

Claude David Frankforter estime qu’il vit à Jérusalem depuis 5000 ans!  »Mes racines sont ici, quand j’ai fait mon alya en 2000, j’ai vraiment ressenti que j’effectuais un retour ».

A cette date Claude est déjà retraité de sa profession de conseiller en marketing. Il a toujours été impliqué, déjà en France, dans des associations ou dans des mouvements comme les EEIF:  »Le scoutisme m’a apporté des valeurs essentielles comme la fraternité et la nécessité d’une coopération entre les hommes ».

Depuis qu’il vit en Israël, Claude nous avoue qu’il s’est aperçu que son agenda est encore plus rempli qu’avant! Président du Bnai Brith pour la seconde fois aujourd’hui, ce rôle est pour lui fondamental:  »Cette association est très ouverte sur l’autre, l’aide aux personnes en difficulté, par un soutien spirituel, matériel mais aussi intellectuel ».

Selon Claude, le fait de ne plus être en activité professionnelle, laisse plus de temps pour rencontrer des gens et accentue le besoin de cohésion sociale.  »Je m’efforce aussi d’aider les olim hadashim, d’apporter mes conseils ».

Alors même si son épouse aimerait bien pouvoir voyager un peu plus avec lui, et se confronte à un agenda plein, Claude ressent un devoir dans cette  »hyperactivité », mais qu’il accomplit avec beaucoup de plaisir:  »Je ne pense pas que je me serais autant impliqué si j’étais resté en France. Ici, je suis chez moi et donc je me sens mieux pour agir! ».

 

Jean-Claude Bensoussan

L’éducation est déterminante

 

Jean-Claude est bien connu à Ashdod puisqu’il y dirige le fameux cercle francophone. Formé au sein des mouvements de jeunesse en France et éduqué dans une famille qu’il décrit comme engagée, il est à l’origine de grands projets.  »J’ai construit des structures juives dans des villes qui n’en possédaient pas, j’ai créé une loge Bnai Brith à Lyon ou encore j’ai participé à la mise en place d’un programme de développement des écoles juives en France ». Ce parcours de militant communautaire se double de celui d’un homme impliqué dans la vie publique, puisqu’il sera adjoint au maire de Lyon.

C’est son expérience auprès des immigrés en France qu’il a décidé de mettre à profit ici:  »Je suis arrivé en Israël, retraité, mais pour moi, il fallait que je fasse bénéficier de ces années d’engagement, ma ville Ashdod. Je me suis dit que les problèmes d’intégration que j’avais solutionnés en France devaient pouvoir trouver les mêmes bases ici. Donc j’ai créé l’espace francophone: découverte de l’histoire et de la géographie du pays, débats sur des sujets de société, clubs de la presse. L’idée est de s’approprier la culture du pays et de s’intégrer ».

Jean-Claude n’en délaisse pas pour autant sa famille:  »tout est une question d’organisation ». Il estime que sa génération a pu bénéficier de maîtres hors du commun (Manitou, André Neher, Levinas) qui leur ont transmis une conscience et un projet juifs.  »C’est surement pour cela aussi que nous nous investissons tellement! En tout cas, je prends beaucoup de plaisir à cela. Vivre en Israël m’a donné un nouvel élan, je me sens très investi vis-à-vis de ma ville Ashdod, j’ai la modeste prétention d’en être un ambassadeur ».

 

Claude Salama

La culture: le lieu de l’épanouissement

 

Claude Salama est arrivé en Israël encore dans la vie active. Il a exercé comme médecin de famille mais aussi cancérologue. A la retraite depuis quelques années, Claude s’est enfin adonné à son activité de cœur: l’écriture.  »Toute ma vie j’avais le théâtre en tête, mais je n’avais pas le temps. Aujourd’hui j’écris des pièces. Cette écriture me prend plus de temps que mes études de médecine! ».

Mais Claude ne s’arrête pas là. Apres avoir tenté de créer un CRIF en Israël, il a finalement décidé de revenir, une fois de plus, à ses premières amours, en lançant, ces derniers jours, le  »Mouvement culturel francophone de Jérusalem ».

 »Il ne s’agit pas de politique, de ce qui divise. Il s’agit de Culture, dans tous les domaines de la pensée, de l’art et de la création. Cette culture est bien sûr universelle. Mais pour nous, elle est aussi francophone et aussi israélienne. Parce qu’Israël est un formidable lieu de rencontres de cultures venues du monde entier. Parce qu’il nous est prédit que nous reviendrions sur la Terre d’Israël « Avec les sagesses des nations » (Prophètes). La sagesse, c’est la Culture ». Claude se pose en porte-drapeau de la culture française, qu’il estime négligée ici, et présente son projet comme un enrichissement de la culture locale et non pas en opposition à celle-ci. Il a réuni des dirigeants d’associations, de medias, des responsables de divers niveaux afin de promouvoir les talents des nouveaux immigrants.

 »Je ne crois pas que j’aurais créé ce mouvement en France », songe-t-il,  »c’est parce que je suis à Jérusalem, le lieu d’où sort la parole divine ».

 

Alain Hass

Avoir un but

 

Alain Hass dirige le CASIFAN à Netanya et autant dire que son emploi du temps est bien chargé.  »Quand je suis arrivé en Israël, il y a 26 ans, j’ai travaillé pour l’intégration des Russes et des Ethiopiens dans le nord, puis j’ai dirigé des maisons de retraite ».

Aujourd’hui, Alain tient à maintenir des journées ordonnées:  »Je suis beaucoup plus en activité maintenant que quand je travaillais. Je n’ai plus des horaires de bureau! J’ai besoin d’avoir une activité, de donner. Il faut maintenir un emploi du temps, c’est indispensable, on doit avoir un but quand on se lève le matin ».

Pour Alain, ses activités lui permettent de maintenir encore un meilleur équilibre familial:  »Un mari, un père et un grand-père dynamique, c’est important. D’ailleurs avec mon épouse, nous nous sommes toujours efforcés de donner envie à nos petits-enfants de passer du temps avec nous. Nous organisons une journée tiyoul avec eux pour Hol Hamoed, nous réfléchissons à la façon de dynamiser la table du Seder chaque année ».

Un peu réfractaire aux nouvelles technologies – les petits-enfants ont la consigne de déposer le téléphone en entrant chez Papy et Mamy – Alain vit tout de même avec son temps et ne perd pas une occasion d’aider des olim ou de faire un tiyoul avec des amis:  »Il faut bouger. Quand on s’arrête, alors on devient vieux! ».

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