mardi, 24 janvier, 2017

Un an après son agression, Benjamin Amsellem a toujours « des grandes peurs, des angoisses »

L’enseignant juif agressé le 11 janvier 2016 à Marseille par un lycéen s’est depuis installé avec sa femme et ses enfants en région parisienne. Il a témoigné ce mardi matin en exclusivité sur France Bleu Provence. Son agresseur présumé, toujours incarcéré, doit être renvoyé devant un tribunal.

Un an après son agression dans le 10e arrondissement de Marseille par un lycéen turc d’origine kurde âgé de 15 ans, Benjamin Amsellem a témoigné ce mardi matin à 7h50 sur France Bleu Provence.

Depuis qu’il a échappé à la mort, cet enseignant juif a quitté Marseille pour s’installer avec sa femme et ses enfants en région parisienne.

« J’avais besoin de tout changer, c’était une partie de ma reconstruction. (…) C’est très difficile, mais c’est une chose qu’il fallait que je fasse pour vider tout ça. »

Benjamin Amsellem se souvient distinctement de son agression le 11 janvier 2016. Il avait alors raconté qu’il avait « compris que (l’adolescent) voulait (le) tuer« . Cet enseignant de l’Institut franco-hébraïque La Source avait essayé de se défendre avec un livre.

Alors qu’il tentait de s’enfuir, son agresseur l’avait poursuivi, le blessant dans le dos. Un passant qui circulait à vélo s’était alors interposé pour le secourir.

Benjamin Amsellem est toujours suivi médicalement et se reconstruit tout doucement. Il affirme qu’il ne sent pas toujours en sécurité et parfois se « retourne dans la rue parce qu »(il) a l’impression d’être suivi. »

« C’est un très grand traumatisme. J’espérais m’en remettre un peu plus rapidement, mais c’est vrai qu’au jour le jour, ce n’est pas évident. (…) J’ai des grandes peurs, des angoisses que je ne connaissais pas auparavant. On vit différemment, on essaie de vivre avec. »

À quelques jours de la « date anniversaire », beaucoup de mauvais souvenirs ressurgissent. Pour ses cinq enfants, c’est également difficile à vivre : « Ils ont eu beaucoup de mal, ils étaient très angoissés pour moi. Ils faisaient des cauchemars. Ce n’est pas évident. »

Polémique sur le port de la kippa

Peu après l’agression, Zvi Ammar, le président du consistoire israélite de Marseille avait créé la polémique en conseillant aux juifs de Marseille de ne plus porter la kippa « en public ».

De son côté Bernard Cazeneuve, alors ministre de l’Intérieur, s’était rendu sur place pour témoigner de « la solidarité de l’État envers la communauté juive de Marseille« .

L’agresseur présumé renvoyé en correctionnelle

L’agresseur, arrêté aussitôt après l’agression et qui avait affirmé avoir agi au nom de Daech, est toujours derrière les barreaux. « Une juge d’instruction vient de prononcer une ordonnance de renvoi devant un tribunal » selon Me Fabrice Labi, l’avocat de Benjamin Amsellem.

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