samedi, 16 décembre, 2017

Afoula: la Cour suprême donne le feu vert à un dangereux précédent

La Cour suprême a une fois de plus donné la priorité à son agenda post-sioniste au détriment des principes de base du sionisme.

L’affaire remonte à avril 2016, lorsque le tribunal de district de Nazareth avait annulé pour vice de forme un appel d’offre pour l’achat de maisons dans un nouveau quartier d’Afoula. Ce tribunal donnait alors raison à la municipalité qui refusait l’acquisition d’un lot entier de logements par un groupe organisé de familles arabes de la région, au motif qu’elle ne veut pas transformer Afoula à terme en ville mixte, avec tous les problèmes que cela peut engendrer. L’éventualité de l’installation de familles arabes avait également provoqué un mouvement de protestation au sein de la population de la ville suivi de manifestations.

Parmi les manifestants, Yaakov Dadon, le père de Shelly Dadon hy »d, assassinée en 2014 par un chauffeur de taxi arabe israélien: « Ma fille a été tuée avec dix-sept coups de couteau. Et voici qu’on nous poignarde une nouvelle fois en leur construisant un quartier entier dans notre ville! Et ensuite, ce seront d’autres familles, puis une mosquée, et une école. Jusqu’où irons nous??! Nous allons en arriver à ce qui se passe à Nazareth Illit: les Arabes s’installent et les Juifs quittent… »

Les familles arabes, aidées par des organisations d’extrême gauche ont alors saisi la Cour suprême qui leur a donné raison et a cassé la décision du tribunal de Nazareth au motif que l’appel fait par la municipalité d’Afoula faisait suite aux réactions « racistes et nationalistes » de certains habitants de la ville et que le refus se basait sur des raisons ethniques.

La réaction a été vive à la municipalité d’Afoula. Shlomo Milihaï, adjoint au maire, a publié un communiqué disant notamment: « Afoula est une ville juive et le restera. Point (…) Je ne laisserai pas ma ville devenir une ville à population mixte. Personne ne me donnera de leçons sur ce qu’est la coexistence. Les Arabes sont nos voisins et le resteront. Nous respectons tout le monde mais nous ne permettrons pas une intrusion dont l’unique objectif est de modifier le caractère juif de la ville. C’est ma vérité, celle des habitants d’Afoula comme ce fut celle de Ben Gourion et de Begin! Nous pouvons tout à fait vivre en bonne coexistence si chacune des communautés vit dans ses propres localités ». Il a également dénoncé l’hypocrisie de la gauche dans cette histoire: « Tous les kibboutzim des alentours votent à gauche, mais aucun d’eux n’acceptent que des Arabes viennent habiter chez eux! »

Un comité d’habitants a été créé pour s’opposer au changement de caractère de la ville d’Afoula. L’un se des membres, Itaï Cohen, explique: « Notre ville n’est pas prête à devenir mixte. Ce n’est pas du racisme mais une lecture réaliste de la situation. Afoula est une petite ville avec de nombreux problèmes et ce n’est pas la peine de rajouter en plus une risque de conflit judéo-arabe. Si un groupe de familles arabes s’installent dans ce nouveau quartier, des familles juives vont quitter et le mouvement n’ira qu’en s’accentuant ».

A l’opposé, l’avocat Saïd Abbassi, d’Oum El-Fahm, qui a remporté l’appel d’offre, estime « que la Cour suprême a privilégié la justice ». Il a accusé la décision du tribunal de Nazareth de « raciste et injuste ».

Avec cette décision, la Cour suprême a fait passer le principe « d’Etat de tous ses citoyens » avant le principe de l’Etat juif. Comme le désirait l’ancien président de la cour, Prof. Aharon Barak.

 

Photo Yonatan Sindel / Flash 90

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